Les leaders du changement nécessaire ne sont pas les gestionnaires d’aujourd’hui

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Incendie du Porge

Sur un réseau « professionnel » j’ai lu un expert comptable se réjouir du record d’exportation de L’Allemagne.
Patron d’une entreprise d’expert comptable en Allemagne, il a étudié à Louis le Grand et HEC.
Il commente en affirmant que « la presse parisienne » qui s’est tant réjouie des difficultés du pays devrait, en substance, fermer son clapet.
Pour un produit de l’establishment parisien, c’est déjà drôle.

Mais il incarne à un niveau microéconomique ma thèse de l’incapacité des élites à changer de paradigmes lorsque le réel contredit la doctrine.

Très peu de personnes épousent une nouvelle situation immédiatement, acceptant la nouvelle réalité et cherchant à déterminer les nouvelles possibilités d’actions.

Cela demande non une attention à la correction des actions en regard de la doctrine établie, mais la possibilité de penser et agir en mode d’information imparfaite, d’improvisation, de suivre tant les retours des témoins et de toute la chaîne de commande que d’écouter son intuition.
Cela demande une prise de risque contrôlée, capable d’adapter les décisions en cours d’exécution.

Cela demande non pas la perfection des faits et données préalables et la conformité parfaite aux doctrines, mais au contraire, la conviction qu’en restant fidèle à des valeurs et à un objectif, on trouvera en cours de chemin les méthodes et les outils.

Cette flexibilité peut être dangereuse, disruptive pour des systèmes établis, stables, fermés.

Mais c’est sans doute par la définition des « externalités » que les économistes néolibéraux ayant pu être orthodoxes trouvent un chemin de convergence avec des théories hétérodoxes ou marxiennes.
C’est à dire : l’économie monde du 21eme siècle n’a jamais été un monde fermé, stable et établi. Les doctrines d’équilibres des marchés fonctionnent peut-être parfaitement dans des modèles théoriques et mathématiques, ils ne rendent pas compte des « externalités », des phénomènes au delà de la sphère des faits économiques.

Pire, ils ignorent une loi intangible qui sous tend toutes les activités humaines : nous sommes biologiquement mortels.
La liberté individuelle a ainsi une limite d’essence qui s’impose à toutes les volontés, toutes les conditions, tous les talents. L’espèce humaine, comme entité collective, survit à la mort de ses individus, qu’ils soient libres ou non, qu’ils anticipent ou non, qu’ils soient justes au regard d’une loi civile ou religieuse ou non.
La mort n’a pas d’existence théorique en économie.

C’est pourquoi on assiste à une telle dissociation cognitive et scientifique entre la communauté des dizaine de milliers de professeurs et chercheurs mettant en garde depuis 50 ans sur les conséquences du réchauffement climatique et celle des économistes qui ignorent avec suffisance la possibilité que ces prévisions puissent créer un effet d’externalité tellement puissant que tous leurs modèles en seront balayés.

C’est au point d’une génération d’économistes construit un discours climatosceptique, alors que leurs théories économiques ne permettent pas de prévoir l’évolution économique à 5 ans, mais les modèles climatiques ont parfaitement prévu l’évolution en cours du climat mondial.

Il en est de même dans tous les autres aspects de la sphère de l’activité humaine.

Plus que de doctrine administrative ou de prêt à penser, prêt à agir orthodoxe, on a besoin d’une capacité à penser en valeur et en système.

L’auteur du post qui m’a énervé ce matin n’y peut rien. Il pense et écrit en fonction de son parcours familial, universitaire, professionnel, de son habitus social, du consensus du milieu où il évolue. C’est un excellent expert comptable, et c’est un métier où de grandes qualités sont nécessaires.

Ce ne sont pas les qualités requises en période de crise aussi profonde.

Et c’est sans doute pourquoi les élites en tant que système n’arrivent pas à changer de paradigmes : elles recrutent en conformité.

C’était l’une des leçons de Marc Bloch, l’un des écueils que rencontra le colonel de Gaulle, face à une crise dépassant les limites des doctrines françaises.

Les philosophes antiques, cependant, tant dans l’espace de l’empire romain que celui des mésopotamiens, en Chine ou en Inde, et sans doute pour les autres civilisations dont nous n’avons pas conservé les réflexions, ont théorisé ces mouvements entre l’ordre et le chaos, et les valeurs et talents contradictoires nécessaires en période d’ordre ou de chaos.

Ils en avaient conscience.

Nous sommes des inconscients, faisant confiance au manuel de l’optimiste sur un lac par temps calme, alors que notre trois mats est absorbé par les forces de ses vents dans un cyclone couvrant la planète entière.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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