L’Allemagne a connu 12 trimestres de récession consecutives entre l’automne 2022 et l’automne 2025.
L’année 2025 a conclu à une croissance médiocre, 0,2%.
Par comparaison, la croissance en France fut de 0,9%, soit quatre fois mieux.
Le chômage en Allemagne est reparti à la hausse depuis le point bas (5% de taux de chômage) de 2019.
On est remonté à 6,6%. C’est le plus haut niveau de taux de chômage depuis 2014.
Le taux de pauvreté est à un niveau record. Je vous ai souvent rendu compte de la plongée dans la crise économique que j’observais déjà fin 2018, début 2019. On est au moment du rebond technique au fond de la piscine.
Il faut souligner ceci: le taux de pauvreté atteint son niveau minimum en Allemagne au XXIeme siècle en 2006.
C’est à dire avant que l’Allemagne ne devienne une économie en excédents commerciaux massifs.
Depuis 2006 et la politique mercantile consistant à ne pas réinvestir les excédents en Allemagne ou en Europe, le taux de pauvreté a augmenté chaque année, en dépit de la baisse du chômage. Les économies à fort excédents commerciaux ne rétablissant jamais l’équilibre de leurs échanges appauvrissent leurs habitants, c’est mathématique. Le mercantilisme sacrifie les peuples à l’accumulation d’épargne par une minorité. La seule transmission à l’économie dés lors a lieu lors de la disparition biologique des épargnants – à l’héritage. Si les excédents étaient investis dans le pays, la demande, les salaires, les ressources fiscales, les investissements augmenteraient, et avec eux, les importations, rééquilibrant la balance progressivement, pendant que le peuple dans son ensemble, toutes les classes sociales, s’enrichissent. C’est pas le ruissellement, c’est l’inverse : c’est la montée des eaux depuis le bas de la pyramide. Mais l’Allemagne a refusé obstinément cette élévation du niveau de vie général pour protéger ses excédents considérables.
Là encore, je l’avais commenté et critiqué dès 2011, mettant en garde la direction du PS contre la fascination d’un « modèle allemand » qui était fondamentalement un miroir aux alouettes.
La France a sur la période 2015-2025 – la dernière décennie – connut une croissance plus forte que l’Allemagne, et si la pauvreté a augmentée, elle est restée inférieure à la moyenne de l’Allemagne jusqu’en 2024. Mais la France est restée loin des dynamiques économiques européennes, son PIB par habitant est devenu inférieur à la moyenne de l’Union. Sans réussir à réequilibrer sa balance commerciale, la France aussi s’appauvrit. Mais la France ne fait pas plus mal que l’Allemagne. Les deux pays sont deux extrêmes dans leur médiocrité par absence totale de coopération entre eux.
À force de vouloir imiter l’Allemagne, la France a importé la pauvreté des salariés.
La vertu et le bien des Nations c’est des balances commerciales à peu prés équilibrées. Seules les Etats Unis et leur privilège monétaire – que Donald Trump est en train d’abolir – peuvent espérer de la prospérité avec de fort taux de déficit commercial sur une très longue période de temps. Le crédit, c’est á dire la dette américaine, absorbe les excédents d’épargne des autres pays. Mais, et c’est l’explication de la chute du parti démocrate, le mercantilisme progressiste et globaliste a sacrifié les classes populaires. Le taux de pauvreté aussi augmente aux Etats Unis. La recherche de boucs émissaires s’est cristallisé sur l’étranger – le noir, le latino, l’asiatique, le pauvre, le LGBTQI, le syndicaliste, le social-démocrate, le non judéo-chrétien. Pendant ce temps, la concentration des richesses atteint des niveaux inouis, jamais vu même dans la décennie 1890 – restée pourtant dans la mémoire historique américaine comme la décennie des « barons brigands », conduisant à une crise financière violente, et aux lois anti monopoles. Ce n’est qu’aprés la crise mondiale de 1907 – et sa conséquence, la premiére guerre mondiale – que les Etats-Unis vont véritablement crée des instruments de contrôle des excés du caqpitalisme, que Trump détruit méthodiquement.
Pendant ce temps, l’épargne accumulée en Europe, en France, en Allemagne, ne sert pas l’Europe et les européens. Le pire, c’est qu’une bonne partie de cette épargne ne sert à rien… Mais les allemands passent toute la décennie 2010-2020 à investir dans des dictatures, et hésiter entre Chine et Etats-Unis. En 2025-26, la balance des investissements allemands quitte les USA pour … non pas revenir en Europe, mais partir en Chine. C’est bête à manger du foin.
Ces commentaires et observations factuelles, je les fait depuis très longtemps.
Sans qu’aucune revue de gauche ne s’intéresse ni au contenu, pourtant essentiel pour comprendre la crise de l’Union Européenne, le divorce des classes populaires européennes d’avec la démocratie, ni aux commentaires, ni d’où je parle.
Je ne suis pas un courtisan de réseaux parisiens, ni un introduit des cercles militants influents, ni un professionnel de la communication cachetant sur les plateaux de télévision, ni un renvoyeur d’ascenseur académique.
Je suis chef d’entreprise en Allemagne.
Toutes mes analyses sont en contradiction avec les convictions et les intérêts de classe immédiats des médias qui donnent la parole aux chefs d’entreprises – même si je suis persuadé que leur intérêt à court terme est leur tombeau à moyen terme.
La gauche publiante et militante crée ainsi des murs face aux analyses matérielles.
C’est aussi pour mettre fin à ce mur du silence que j’ai crée la revue l’Audace.



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