Epstein avait un rôle systémique dans le capitalisme d’initiés

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Réflexions sur le rôle systémique du nœud d’influence du réseau Epstein

L’affaire Epstein se rapproche de France par deux bouts :
1. Le RN aurait obtenu une partie du financement de la campagne européenne de 2019 de Steve Bannon qui aurait obtenu un taux à 0% d’Epstein.
2. La famille de Jack Lang est profondément impliquée en relation d’affaires y compris après la première condamnation.
Epstein semble avoir eu aussi des rencontres répétées avec Bruno Le Maire sous Sarko, et accès aux ministres du gouvernement Valls, notamment par Moscovici.

https://www.mediapart.fr/journal/international/020226/les-intenses-liens-financiers-de-jeffrey-epstein-avec-la-famille-lang

Dans les années 1990, suite à l’effondrement des régimes totalitaires fondés sur la doctrine russe du parti d’avant garde (le communisme léniniste), la social-démocratie, qui s’était pourtant distanciée dès la révolution de 1918 de ce courant de pensée, sans cependant sérieusement analysée ses propres responsabilités et échecs avant 1914, a cru devoir jeter l’analyse matérielle critique du capitalisme.

Par l’intermédiaire de la fondation pour le progressisme fondée par les époux Clinton et d’autres groupes et clubs de pensée et d’influences, des hommes – car la plupart de ces mouvements sont lancés par des élites politiques très masculines – ont inventé pour les partis de l’internationale socialiste la notion de « troisième voie ».

J’ai déjà raconté l’idéologie et les erreurs profondes de ces ailes politiques.

Hier, l’un des fondateurs de la variante britannique, Peter Mendelson, le « baron noir » au service de la conquête du Labour par Tony Blair, a été forcé à annoncer sa démission du parti.
Il n’était pas qu’un homme d’influence au sein de la politique britannique, ministre de Blair et Gordon.
Mis de côté sous Corbyn, il avait retrouvé le rôle le plus prestigieux de la diplomatie britannique, ambassadeur à Washington, dans les premiers mois du gouvernement Starmer, après avoir été un de ses conseillers dès 2020.

Sa carrière est plein de scandales où il a obtenu des services financiers, où il a été membre de cercles d’influence.
En 2008 il était ainsi pris sur le fait participant à des soirées sur des yachts avec des milliardaires russes cherchant à augmenter leur influence en Grande Bretagne. Le financement de sa maison reste douteux. Son mari a touché de l’argent d’Epstein.

En septembre 2025, son nom apparaît dans le dossier Epstein. Il est forcé à démissionner de l’ambassade.
Il y a trois jours, des images de lui en slip avec une très jeune femme en peignoir dans l’appartement New Yorkais de Jeffrey Epstein ont été publiés par le ministère de la justice américain.
Les images datent probablement d’après la première condamnation pour crime pédophile du trafiquant d’influence.

C’est ce qui conduit à sa démission du parti.
Il reste « Lord », ayant été annobli en 2008…

Si l’on regarde les réseaux à l’origine de « la troisième voie progressiste », qui crée une internationale progressiste pour quitter l’internationale socialiste, et dont les dirigeants sont très proches idéologiquement de Renew, le mouvement européen de Macron, on y retrouve beaucoup d’hommes délinquants sexuels, et compromis par des opérations, souvent avec de l’argent russe.
On peut citer Clinton, dont l’affaire avec une stagiaire ne l’a pas invité à plus de prudence : il est aussi dans les fichiers Epstein.
On se souvient que l’homme d’avenir du progressisme français, c’était l’ancien directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn, tombé pour viol, et dont la chute a permis de révéler qu’il s’agissait en prédateur sexuel depuis des années en toute impunité.
Sans « compromission sexuelle », Gerhard Schröder a choisi dès son accès au pouvoir l’amitié virile avec Poutine.

Ce courant d’idée, je l’avais écrit dans des forums internes au PS lorsque j’en étais encore membre au moment de l’affaire Cahuzac, a toujours été aussi criminel, amoral, masculinite, et compromis par les Russes.

Les dossiers Epstein ont aussi un énorme volet français.

Quant à Epstein, il trafiquait des petites filles et des adolescentes pour construire un gigantesque réseau de tragic d’influence. Son extraordinaire entregent – la monarchie norvégienne est actuellement également ébranlée – était au service de pouvoirs politiques étrangers : Russie, et Israël.

Sans scrupules ni convictions, il a aidé Steve Bannon à financer la campagne des Européennes du RN, rencontrant Louis Aliot en 2019 quelques mois avant sa seconde arrestation. Il s’agissait de remplacer le financement russe du RN.

Il est ainsi au cœur des jeux d’influence de l’extrême droite comme du progressisme.
Notons que Epstein a également été un ami d’une ancienne tête pensante du gauchisme radical, Chomski, qui s’est par là même définitivement et totalement décrédibilisé.

Epstein une parabole de la violence et des alliances de classe du capitalisme contemporain.
C’est aussi l’affaire la plus profonde et la plus sordide de l’histoire récente.

Des dizaines de victimes ont porté plainte pendant des décennies – les documents publiés révèlent les plaintes de 1995, 1996.
C’est l’époque où Trump semble le plus déchaîné au sein de ce réseau. Les victimes le mettant en cause pour viol, et pire, le font dès la fin des années 90.
Il est de plus en plus évident que les milliardaires impliqués sont nombreux. Bill Gates et Elon Musk étaient demandeurs tous deux.

Les victimes sont les grandes oubliées. Le département de la justice américain, malgré les dizaines de soupçon de crimes attestés par des plaintes et des témoignages spécifiques sur une période de 25 ans, à exclu toute procédure judiciaire nouvelle.

Les victimes et les deux élus, un démocrate et un républicain, à l’origine de la loi forçant l’administration à publier les documents, ont une liste de pièces judiciaires précises qui manquent toujours à l’appel.
Ces pièces permettront de prendre compte de l’ampleur du nombre réel de victimes, mais également, de savoir qui a étouffe les différentes enquêtes du FBI, pourquoi les procédures ont été abandonnées.

L’administration Trump a fait campagne pendant des décennies dans la sphère complotiste, exploitant l’idée un réseau de « l’état profond » pédophile, rassemblant démocrates et milliardaires, pour préparer « le grand Reset » des élites.
Le réseau Epstein a cependant toujours servi d’abord le pouvoir et le capitalisme, et non l’Etat, et Trump, l’extrême droite, bien plus que les autres.
Le complotisme a été orienté sur une fausse piste, manipulé.

MAGA a projeté les vices de ses manipulateurs en chef sur ses adversaires.

Mais au fond, le capitalisme s’accommode autant des progressistes globalisant que des suprémacistes – tant que les riches ne payent pas d’impôts et accumulent.

En se concentrant sur les emails de Mendelson, il apparaît que celui-ci faisait pendant toute la crise financière du lobbying au profit des banques a l’origine de la crise en utilisant Epstein comme intermédiaire avec plusieurs banques américaines et … Faire pression sur le ministre britannique en charge de la régulation.

Or, on sait qu’un autre ami de Epstein c’est Larry Summers qui fut pendant plusieurs décennies le conseiller économique majeur des Clinton puis Obama, et qui a fait tout ce qu’il pouvait pour empêcher qu’Obama passe une législation trop contraignante sur les banques d’affaires américaines.

Epstein en échange recevait des dizaines d’informations confidentielles permettant l’enrichissement personnel par délit d’initié, faisant profiter ses réseaux de ses informations, expliquant à quel point tant de gens le considéraient comme « un génie de la finance ».

C’est pourquoi je parle d’une signification systémique de l’affaire, et qui pose la question des autres réseaux d’influence existants fonctionnant de manière comparable, avec implication de services secrets, de magnats de pays autoritaires, et de politiques monnayant leur influence.

Le procès Sarkozy a permis de se rendre compte qu’il était l’acteur non central mais périphérique d’un réseau de ce type, de plus faible amplitude, mais aux objectifs systémiques comparables.

C’est une lumière mise sur la nature profondément corrompue du capitalisme contemporain dont la plupart des acteurs les plus riches s’élèvent au-dessus de toutes les lois, règles et normes, morales et juridiques, tant que de l’argent et du pouvoir est en jeu.

Les cercles sont sans doute nombreux. Celui-ci est centré sur un type de capitalisme, immobilier et technologique pour l’essentiel, mélange des milieux « progressistes » (la troisième voie), neofascistes (Maga, Bannon, Thiel), et des services secrets surtout d’Israël et de Russie.

Le réseau de Epstein est en effet également à l’œuvre pour détruire des réputation et des mouvements jugés opposés au gouvernement israélien, à la colonisation. C’est il semble le point de convergence des progressistes et d’une partie des suprémacistes.

S’ajoute l’industrie du trafic sexuel d’enfants et le masculinisme permanent de ce réseau là.
C’est par la pédophilie criminelle que les dossiers compromettant sont établis, les liens de loyaute renforcés.

Et c’est par la violence, le meurtre, que le réseau s’est également protégé, comme tout système maffieux.

C’est sans doute d’ailleurs le type de comparaison la plus juste :
Le capitalisme d’initiés est une maffia, où le trafic sexuel d’enfantes, de petites filles, remplace celui de cocaïne. Mais commettre des crimes ensemble a toujours été un manière efficace de souder un collectif pour aller encore plus loin dans l’odieux.

Trump est dans les années 90 au coeur de ce réseau, il en bénéficie dans les années 2000 encore, les liens de Epstein et des figures théoriciennes du Maga trumpiste ont facilité sa prise de pouvoir.

Mais son obsession à faire endosser ses propres crimes à Biden est en train de déclencher un retour de flammes de dimension gigantesque.

Il est peu probable que son administration y survive – et je pense ici non pas figurativement, politiquement, mais biologiquement.
L’étendue des révélations va entraîner des représailles de gens violents, qui d’après certains documents, ont déjà tué.

Car c’est sans doute le scénario le plus simple pour le maintien au pouvoir : la purge interne, violente, subite, et « purificatrice ».

D’autres réseaux prendront le relais.

Tant que nous ne changeons pas le système, celui-ci reste fondamentalement corrompu, et par conséquent, penchant au fascisme.

Or, le grand ciment de ces réseaux, ce n’ est pas la religion, ni l’idéologie, ni la culture, c’est d’abord et avant tout l’accumulation de capital.

La question fondamentale est toujours matérielle.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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