La fin du troisième Reich

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Hier, c’étaient les 80 ans de la fin du troisième Reich, et par conséquent de la République de Weimar.

Arrestation du dernier gouvernement de Weimar et du troisième Reich


Hitler n’a jamais mis fin à la constitution de la première république allemande. Il en a modifié que très peu d’articles. Les modifications législatives et réglementaires ont suffit à transformer une constitution démocratique en un régime totalitaire.
C’est ce qui permet de balayer les arguments juridiques quant à la définition des régimes : non, la lettre des textes ne détermine pas la nature du régime, c’est son interprétation dans l’action réelle.

Hitler a d’ailleurs joué de la continuité avec une grande perversité.
Sa prise de pouvoir est d’abord le résultat d’une alliance de dirigeants issus du centrisme, de technocrates libéraux liés au patronat, de cercles conservateurs nationalistes.
Ceux-ci forment un cabinet minoritaire en 1932.

J’ai souvent raconté cette histoire.

J’ai notamment longuement donné ma perspective sur l’Allemagne contemporaine au regard de son histoire et de sa réalité ici :

Parlons de l’Allemagne d’aujourd’hui au regard de celle d’hier

Elle est l’objet de très nombreux livres.


Daniel Guérin, un militant de gauche qui oarcoure l’Allemagne à vélo en 1932 et en 1933, en fait le constat dans une série d’articles publiés par le Populaire, le journal de Léon Blum, entre 1934 et 1936.
Son livre « la peste brune » documenté en temps réel le ralliement des élites économiques, politiques, religieuses au régime.



C’est l’une des vérités que rappelle Chapoutot dans l’un de ses derniers ouvrages, s’appuyant (beaucoup) sur les livres récents d’historiens allemands et anglophones.
(Il s’était déjà beaucoup appuyé sur des ouvrages antérieurs sur la persistence des concepts de management nazis dans les théories managériales contemporaines dans un de ses livres précédents.)

Le 23 mai 1945, les britanniques constatent que le gouvernement von Krosigk sous la présidence de Dönitz échoue à conserver un semblant d’autorité dans l’Allemagne vaincue.

En prison


Ils décident de mettre fin à la souveraineté formelle allemande en arrêtant devant les caméras le gouvernement réfugié à Flensburg, à la frontière danoise.

L’acte juridique de la transmission de la souveraineté nationale aux alliés sera signé le 2 juin 1945.

Jusqu’en 1949, il n’y a plus de souveraineté nationale allemande.

Le dernier chancelier de la république de Weimar, formellement, est aussi l’homme tenant le record de longévité au poste de ministre des Finances en Allemagne.
Johann Ludwig, comte Schwerin von Krosigk, a en effet été nommé dès juin 1932 par le chancelier de centre droit von Papen.


Il va rester ministre des Finances dans le cabinet de coalition droite et centre droit de von Schleicher.
Il est alors considéré comme « sans attache partisane ». C’est d’abord un technocrate réputé pour ses compétences financières et budgetaires.
En janvier 1933, il reste ministre des finances dans le premier cabinet Hitler, qui est alors une coalition avec des dirigeants issus du centre droit, de la droite conservatrice et du nazisme.

En poste


Il le restera jusqu’au 23 mai 1945.
C’est lui qui organise le pillage des juifs allemands et des opposants politiques contribuant à financer la remilitarisation.
C’est lui qui assure le financement de l’ensemble de l’Etat totalitaire et génocidaire.
Condamné à seulement dix ans de prison en 1949, il sera amnistié dès 1951.
Il continue à être un éditorialiste et un écrivain lu et publié, s’exprimant sur les questions politiques et financières, publiant même un plaidoyer de son action financière pendant le troisième Reich en 1975.
Il écrit aussi un livre « alibi » sur sa demi grande tante, Jenny von Westphalie, épouse de … Karl Marx.

Sa petite fille est la numéro deux du groupe parlementaire de l’extrême droite allemande AfD, Beatrix von Storch.



Étrangement, les appels au « plus jamais ça » oublient de critiquer les instruments juridiques et financiers des politiques menées.
On oublie les compromissions à la « mise au pas » nazi, des élites technocratiques, capitalistes, et des élus des droites du centre catholique au nationalistes.
Beaucoup se laisseront absorber par le parti nazi.
Même après sa disgrâce, von Papen organise une « Union des catholiques pour le nazisme ».

Notons le une dernière fois : si nous pensons le régime gouvernant l’Allemagne entre janvier 1933 et mai 1945, avec des dirigeants déjà ministres avant, comme une expérience unique et singulière déterminée par le crime, unique et singulier, de la Shoah, en toute logique, l’exigence du « plus jamais ça » tombe.
Car si c’est singulier et unique, par définition, cela ne peut pas se reproduire.

Or, le plus jamais ça des survivants en mai 1945 s’en prends à l’ensemble de la période, de la décadence démocratique de la République de Weimar suite à la crise financière et l’échec des coalitions « gauche-droite » des années 1930-32, à la culmination génocidaire des allemands et leurs alliés contre les juifs, les Slaves, les Tsiganes, les handicapés, les homosexuels , les opposants.



Non, la Shoah n’est pas « unique et singulière », et ce n’est pas la trivialiser que de le dire, c’est nous donner les instruments pour empêcher sa répétition.

Non, commémorer n’est pas un exercice vain.
C’est une exigence concrète, réelle, devant mener à l’action.

Marcel Paul, déporté, ministre de l’industrie du général de Gaulle en 1945, qui organise la nationalisation de la banque de France et de EDF-GDF.


Il y a 80 ans, l’Allemagne perdait sa souveraineté.
Elle ne l’a retrouvée entièrement qu’en 1991.

Qu’en a t’elle faite ?

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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