Chaque visite du parlement français, Assemblée ou Sénat, me vrille le coeur et l’estomac.
J’en ressors toujours avec des sentiments mêlés de colère, honte et dégoût.
Le parlement français est profondément méprisé par ceux là mêmes qui y travaillent dès lors qu’ils obtiennent des fonctions exécutives.
Ils gèrent le parlement à l’économie des moyens professionnels – sans cependant couper sur les avantages particuliers marqueurs de classe sociale.
C’est pitoyable.
Les apparences sont gardées sur des bâtiments de prestige et des restaurants dispendieux, chargés d’impressionner l’électeur en visite.
Mais le fond est d’une pauvreté technologique, administrative, immobilière catastrophique. Les moyens tant de l’assemblée que des collaborateurs parlementaires sont indigents.
Les règles mesquines de la petite bureaucratie médiocre propre à la France depuis au moins l’ancien régime s’y déploient avec une exaltante méticulosité.
Je me souviens lorsque je visitais l’ancien siège du parti socialiste rue de Solférino être deja effaré des conditions de travail. C’était du luxe comparé au parlement.
La misère est le reflet du rôle du parlement dans cette fausse république que la pratique a transformé en bonapartisme épuisé.
Comparé au rôle du Bundestag, ou même a celui du parlement européen, l’assemblée nationale n’est qu’un théâtre.
D’ailleurs, ses coulisses sont hantées de fantômes nostalgiques des feux de la rampe. Le spectre de Joachim Son Forget me croisa ce matin, se souvenant de moi, et oubliant de se présenter en Ève. Son badge d’ancien élu lui permettait de chercher dans l’assemblée un refuge.
On ne vote pas à l’assemblée. Les textes sont passés sans vote, ni amendements. Le parlementaire n’a plus que la parole.
C’est exactement la conception que Louis Napoléon donnait à l’assemblée dans son régime impérial, nommé corps législatif, réduit à une assemblée consultative. Il n’en changera pas la nature à « l’empire libéral ».
C’est aussi les limites que Louis Philippe donnait au parlement censitaire – les pauvres et les ouvriers n’avaient pas le droit de vote – dans la « monarchie libérale » dont tous les liberaux ont la nostalgie.
La fascination pour l’efficacité de l’exécutif entraîne tous les régimes libéraux vers des formes d’autoritarisme anti parlementaire.
Emmanuel Macron est sans doute l’un des pires du genre.
Cela me mets en colère, car je suis profondément démocrate.
Cela me couvre de honte lorsque je compare aux parlements de pleins exercices d’autres pays, de Bruxelles.
Cela me dégoûte de voir ainsi ces visages satisfaits des coalitions majoritaires, du centre gauche à la droite réactionnaire, critiquant le « manque de démocratie » de leurs adversaires tout en salissant de leurs actes la République.
Le parlement mérite mieux.
Et ces gens ne méritent pas la République.
Un article du Figaro illustrant un autre aspect du problème :











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