Un comique a dit « Macron va nommer premier ministre… Emmanuel ».
Il y a du vrai dans la boutade.

Dans Marianne, une anecdote sur l’ambiance à l‘Elysee confirme tout ce que nous entendions, et également à déduire des budgets incontrôlés du palais.
Macron a mis en place une administration secondaire de conseillers permettant de doubler les fonctions de premier ministre.
Tout lui remonte.
C’est cela aussi son problème : il a poussé la constitution au maximum pour gouverner sans Matignon, et même, sans gouvernement.
Il apparaît que l’essentiel de la préparation du budget n’a pas lieu à Bercy, mais à l‘Elysee.
La menace du président de la commission des finances a l’assemblée nationale et du rapporteur général du budget de se rendre chez le ministre Cazenave pour obtenir enfin copie des documents préparatoires qu’ils auraient déjà dû recevoir risque d’exposer ainsi cette pratique autocratique, et anticonstitutionnelle, auquel Macron ne veut pas renoncer.
Car la constitution ne prévoit pas que le président, irresponsable devant l’assemblée, conduise la politique du gouvernement. C’est le rôle constitutionnel du premier ministre.
Face à une cohabitation forcée – le système Macron ne fonctionne qu’en cas de majorité suffisante à l’assemblée nationale de son camp tolérant la perte de rôle du premier ministre et celui de sens du parlement – le président renâcle, fait durer, ne se résous pas à devoir cesser d’être le maître de la conduite politique du pays.
Mais cette manière de faire est inconstitutionnelle, et antidémocratique.
C’est ce que dénoncé le politiste Samuel Hayat dans Mediapart :
Depuis presque 50 jours, Macron vit un rêve : il gouverne enfin comme un roi, avec ses conseillers personnels, sans parlement, ni gouvernement.
Alors il fait durer. Il trouve de nouveaux prétextes.
Dans l’émission télévisée « C’est dans l’air », d’ailleurs, d’après le constitutionnaliste Morel, rien n’empêche Macron de rester 2 ans sans nommer de premier ministre.
La question c’est est-ce que le Conseil Constitutionel censurerait un budget préparé par un gouvernement démissionnaire sans information adéquate du parlement?
Le CC doit dire à l’avance , sinon, l’urgence risque de lui imposer un jugement de Salomon entérinant la préparation et l’acceptation d’un budget sans gouvernement légitime.
On voit bien dans la réponse de Cazenave, ministre du budget, à Coquerel et de Courson que l’excuse d’être démissionnaire est utilisée pour surseoir à l’information du parlement et l’empêcher de préparer un débat serein.

La commission des finances va jouer un rôle historique dans ce budget.
https://x.com/Cdanslair/status/1829923052185915819?t=0zb1I30eTxcSprh2U1H40Q&s=19
La semaine prochaine cependant, les commissions parlementaires font leur rentrée. Le risque d’une autosaisie de l’assemblée nationale en session extraordinaire se rapproche. Le contrôle parlementaire même affaibli reprends.
Au delà du nom du premier ministre, et des paramètres de sa coalition, espérons surtout que les parlementaires rétablissent enfin, indépendamment de leurs couleurs politiques, leur rôle propre face aux théories de „l’exécutif absolu“ et à la pratique de „bonapartisme censitaire“ de Macron.
Car le bilan économique est catastrophique, politique c’est délétère, et la cohésion sociale et culturelle ne sont plus que des souvenirs.






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