Voici les nouveaux résultats pour les élections en Thüringe et en Saxe, deux régions d’Allemagne de l’Est qui votaient aujourd’hui.
La participation fut convenable.


C’est en Thüringe un triomphe pour le parti d’extrême droite AfD, premier avec 33,4%. L‘AfD menée ici par Björn Höcke n’est pas comparable au RN ou à Meloni : c’est beaucoup plus radical, assumant d’être catalogué „neofasciste“ par la,justice allemande, et „catégorie S“ par les services de sécurité intérieur. Björn Höcke assume avoir milité jeune dans un groupe neonazi, et avoir des candidats neonazis.
Aucun autre parti ne souhaite s’associer avec eux. Mais ils obtiendrons plasmide 33% des sièges et aurons ainsi un rôle de blocage, ainsi que la présidence du parlement.
En Saxe, les chrétiens démocrates sont de justesse devant. Mais là aussi l‘AfD va jouer un rôle important.
Dans les deux régions, les Linke, le parti issu des anciens communistes, s’effondre. En Thuringe, la popularité du président de la région, issu des Linke, n’a rien pu empêcher. En Saxe, les Linke manquent le score minimum de 5% mais vont gagner directement deux circonscriptions à Leipzig, illustrant à merveille l’impasse de la stratégie que suit également LFI en France. Ils sauverons une présence minimum au parlement. Les écologistes ont le même problème : vote urbain bourgeois, ils sont ratiboisés en Saxe mais emportent les deux autres circonscriptions de Leipzig.
C’est le nouveau parti de Sahra Wagenknecht, BSW, gauche conservatrice sur les questions societales, qui emporte l’électorat abandonné par les Linke, empêchant leur dérive vers l‘AfD. Sans le BSW, l‘AfD serait au dessus de 40%.
La coalition au gouvernement à Berlin est sanctionnée lourdement. En Thüringe, où le FDP local (le parti allié à Reniassance) avait un temps fait alliance avec l’AfD de Höcke, ils sont balayés, seulement 12%. Les libéraux ne serons plus représentés. Le SPD est le parti qui résiste sur un socle très bas. En Saxe, le gouvernement rassemble 15%, les libéraux n’aurons pas de sièges, les écologistes en sauvent deux à Leipzig, le SPD revient de très loin…
Rappelons qu’à Berlin gouverne, plutôt mal que bien, la coalition rêvée de Macron : un social démocrate libéral, un ministre des finances centriste, des verts libéraux. C’est un désastre.
La CDU a annoncé dès ce soir vouloir établir un front républicain avec un cordon de protection contre l‘AfD. Il a donc proposé une coalition à l’alliance de Sahra Wagenknecht. Celle-ci l’a accepté, écartant catégoriquement toute collaboration avec l’AfD « neofasciste ». En Thüringe, les Linke soutiendrons, en Saxe, le SPD serait d’accord.
Mais cette alliance va devoir traiter au fond les échecs de la RFA depuis 2003 et l’agenda 2010 de Schröder, suivi des années erratiques et sans investissement d’avenir d’Angela Merkel, dont le gouvernement actuel paye les factures cachées, guerre Russie Ukraine incluse.
Regarder les réalités en face, c’est reconnaître l’absurdité de la règle d’or, la profonde injustice de la répartition de la prospérité des années 2009-2019, et les profonds traumatismes des années 2015-2023, avec deux vagues de réfugiés de un million de personnes chacune, suscitant plus de solidarité que les 17% de pauvres, dont 10% de salariés pauvres, mais aussi la crise du Covid et l’impact de l’inflation sur les ménages populaires.
Pendant ce temps, les grandes entreprises augmentent leurs dividendes selon un modèle que nous avons observé en France : il conduit à la perte de l’industrie, des inégalités, et l’asphyxie des services publics.
Il est minuit moins le quart.
Fin septembre, la région du Brandebourg, qui encercle Berlin, est la prochaine à voter.


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