Traité contrre les lumières sombres

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Les lumières sombres …

Je vous ai parlé des idéologies radicales du technocapitalisme il y a presque dix ans.

Il y a maintenant des ouvrages scientifiques sur le sujet.

https://legrandcontinent.eu/…/21/lumieres-sombres-miranda

Je vous propose ci-joint un contre traité (publié une premiére fois en 2024)

« Le premier danger, c’est celui de l’absolutisme de l’exécutif au nom du scrutin plébiscitaire le sacrant. J’en ai rendu compte ici : Démocratie ou Bonapartisme plébiscitaire? – Chronique Libre de l’Humanité

https://librechronique.net/…/democratie-ou-bonapartisme…

Le second, c’est l’alliance des nationalismes et des fondamentalismes religieux quels que soient les structures ou traditions des religions et histoire des nationalismes, qui concourent d’ailleurs à l’exécutif absolu, contre l’humanisme européen du XVIIeme, les lumières, et les sciences.

C’est le sens de l’article là dépassant largement la question de Modi : L’Inde votera t-elle pour l’intégrisme hindou? – Chronique Libre de l’Humanité

https://librechronique.net/…/linde-votera-t-elle-pour…

Les deux forces ont ceci en commun : leur compatibilité avec le néolibéralisme et les mécanismes de marché total et bureaucratiques au cœur des politiques économiques du FMI et de l’Union Européenne, de la BCE et de la FED, et leur haine, très néolibérale, de l ‘État au profit des intérêts privés (et de la corruption).

Un gauchisme infantile rejette aussi l’humanisme (c’est colonial) les lumières (c’est totalitaire) la science (c’est contraignant) et l’Etat (libertaire!) se faisant les alliés parfois volontaires des forces profondes sapant les démocraties parlementaires partout dans le monde.

Je ne me résout pas à cette plongée dans le féodalisme religieux à l’échelle numérique et industrielle.

Car c’est cela la promesse des batailles communautaristes, des exécutifs absolus sanctionnés par un scrutin plébiscitaire, des fondamentalismes religieux remplaçant l’état par les structures souvent elles mêmes confuses et contradictoires de leurs clergés, et des économies de marché néolibérales fondées sur la concurrence et la compétition : la guerre, la loi du plus fort, les structures économiques et sociales du féodalisme, la servitude et l’esclavage pour le plus grand nombre, quel que soit par ailleurs la race, la religion ou le mérite.

L’Etat démocratique est la fondation de sociétés en paix avec elles mêmes.

Nous avons dépassé depuis certaines phases du néolithiques, et définitivement depuis l’âge du bronze, les modes d’organisation où la sensation d’égalité aux sein de la même communauté est suffisant pour permettre une organisation directe, sans l’intermédiaire d’un état ou d’un clergé.

C’est l’abondance que crée les technologies de domination de la nature et de l’écosystème qui suppose une organisation complexe.

Or, notre biologie n’est pas celle des fourmis : le message de notre mission individuelle au sein de la mission collective n’est pas transmis par notre programmation génétique.

Nous sommes des mammifères, c’est à dire des organismes à l’évolution plus complexe, et aux caractéristiques remarquables de communication et de socialisation.

Nous ne sommes pas les seuls à utiliser des outils : si la construction d’artefact est la marque de culture, il existe beaucoup d’espèces animales cultivées, qui transmettent d’ailleurs leur culture à leurs rejetons: des singes ont appris à faire bouillir des patates dans des sources d’eau chaude. Les orcas développent des techniques de chasse spécifiques à chacun de leur groupe, et qu’elles font évoluer.

Notre utilisation d’outils nous a permis de créer des espaces d’abondance pour certains groupes humains.

Ceux-ci, confrontés à cette abondance, ont choisi des stratégies différentes selon les continents, conduisant à des mythologies différentes, des traditions et des structures différentes, avec cependant des similarités : l’Egypte, la Mésopotamie et le Caucase, la vallée de l’Indus, la Chine, les Mayas ou les Aztèques, les Olmeques, les Incas, inventent de manière autonome le regroupement des habitations, les lois de l’architecture monumentale, des critères d’esthétisme et d’art sculptural, des systèmes de représentation du language et de la comptabilité, des systèmes de musique, des techniques d’irrigation et de croisement des espèces animales et végétales.

Nous savons que l’histoire de notre espèce est un peu plus complexe que ce que l’on pensait il y a 30 ans. La lecture de notre code génétique permets de remonter notre histoire, comme la fiction Dune inventant une transmission de la mémoire des prêtresses Ben Gesserit par l’ADN.

Nous savons que l’homo sapiens est plus ancien que prévu, que l’absence de dépouilles ancestrales ne signifie pas notre inexistence à cet endroit ou cette époque, du moins pas certainement.

Nous savons que nous sommes issus d’un système de création du monde qui n’a aucun rapport avec les mythologies inventées par l’homme.

Celles-ci sont des paraboles, des interprétations poétiques, des consolations puissantes, mais en aucun cas des vérités révélées à prendre au pied de la lettre, que le récit soit celui d’une religion oubliée comme le serpent meso-américain, ou le mythe du déluge et de l’arche du grand sage du polythéisme sumérien, celui d’une élévation au ciel d’un prophète connu par ailleurs pour ses créations poétiques dans les compétitions d’écrivains de Medine, celui d’une résurrection, que ce soit un dieu egyptien, un Morphée ou une Inanna sortant des enfers au prix d’un sacrifice d’amour, ou d’un fils d’un dieu sémitique sortant du tombeau au prix de son amour pour l’humanité, que ce soit la guerre renouvelée de Shiva et des démons, ou le grand calme de l’incarnation boudhiste.

Aucun de ces récits n’est vrai, tous sont estimables, car tous nous enseignent finalement des vérités universelles, sur notre propre nature et sur la nécessité de lois et de règles nous dépassant pour nous aider à trouver notre mission individuelle au sein de la mission collective.

Au théâtre d’improvisation chacun sait que les contraintes et les règles imposées, même les sujets lancés au hasard par le public ou le maître de cérémonie, même les plus absurdes, ne sont pas des obstacles, mais au contraire les cadres nécessaires à la créativité.

L’assentiment à ces règles communes, l’écoute des acteurs entre eux et avec le public, crée l’espace d’une liberté totale.

Cette liberté ne fait pas de sens dans l’égoïsme et l’égocentrisme d’un acteur cessant d’écouter les autres pour faire comme bon lui semble : la liberté absolue de l’individu n’existe pas. Elle est destructrice, et non féconde.

Alors, lorsque il y a 3700 ans les sociétés déjà urbaines de la Mésopotamie irriguée, couverte de champs de céréales génétiquement modifiées par croisement, maîtrisant la céramique, la métallurgie, l’extraction minière, la fermentation, écrivant déjà des traités d’astronomie, de géométrie, de musique, descendants des mêmes peuplades qui, après la découverte sur les plateaux caucasiens des céréales sauvages, la construction en pierre des premiers temples, et la domestication de l’agriculture, allèrent envahir l’essentiel de l’Europe, massacrant d’ailleurs nombre des peuples chasseurs cueilleurs précédents, lorsque donc les akkadiens s’interrogèrent sur leur mode d’organisation, ils théorisèrent le rôle de l’Etat et de son exécutif comme intercesseurs entre les intérêts privés.

Le droit tel que nous le comprenons aujourd’hui naissait, gravé dans la roche des montagnes non par un dieu invisible pour un prophète, mais par des rois dont nous avons encore les noms, dans des opérations très profanes de rétablissement de la paix sociale entre quelques riches insatiables et leurs débiteurs mis en esclavage.

L’Etat, dans cette première définition, est là pour protéger le pauvre, le faible, la veuve et l’orphelin du riche et du puissant.

Car sinon, si le grand nombre se rebelle, l’irrigation cesse, la récolte s’effondre, la famine affaiblit la ville état, les voisins le voient et envahissent, et à l’époque, on ne faisait pas de quartier.

Cette histoire se reproduis dans des contextes différents régulièrement, en Chine et en Corée, dans les vallées du Latium, en Grèce, même en Amérique, même dans les civilisations perdues – par rareté des témoignage archéologique – en Afrique ou en Indonésie.

Dès les débuts de l’abondance, on compte celle-ci, on la partage plus ou moins équitablement, la nécessaire accumulation de capital pour construire des sociétés urbaines à spécialisation des tâches entraîne des phénomènes d’accumulation.

Soit les sociétés réussissent à concentrer cette accumulation dans des structures médiatrices entre les groupes sociaux, État-ville, Etat-clergé, soit des structures féodales, avilissantes, proclament la domination d’un petit nombre sur les masses, soit les révoltes et les guerre entraînent la destruction des civilisations.

Que ces structures soient matriarcales ou patriarcales, qu’elles définissent l’être humain comme tous les hommes, ou seulement ceux parlant la même langue, ou ceux partageant le même dieu et les mêmes interdits alimentaires, ou ceux désignés par la naissance et la généalogie souvent fantasmée (aristocraties forcément incestueuses en fin de compte et abruties par la définition même de leurs restrictions), au cœur se trouve la question du partage de l’abondance, de sa conservation, de sa reproduction.

La question n’est pas genrée, ni raciale, ni métaphysique, ni culturelle.

Elle est matérielle.

Le choix de la réponse à la question matérielle pourra emprunter à tous les répertoires, et un prêtre voudra toujours mettre d’abord la question de la communauté tel qu’il la définit et tant qu’elle lui obéit au cœur du partage.

Vous êtes de bons chrétiens, juifs, musulmans, hindous de caste supérieur, vous avez bien mérité de ou des dieux.

Par ailleurs, les incroyants, les mécréants, les apostats, les sans dieux, les sans castes, sont là pour les asservir, et s’il n’y en a pas assez, on s’en prendra aux femmes.

Il existe aussi des sociétés matriarcales dans l’histoire des sociétés nées de l’abondance. Il existe des systèmes où la Prêtresse-État domine.

Il existe, y compris dans les systèmes que l’histoire féministe désigne comme patriarcale des femmes au pouvoir, épousant sans problème les structures proposées.

Car la question de l’accumulation de l’abondance n’est pas genrée en soi. Lorsque la grande prêtresse de Babylone refuse au roi des akkadiens la cérémonie annuelle de l’union avec la déesse Inanna, c’est la crise sociale et culturelle. Celle-ci se résout par de nouveaux dons, de nouveaux privilèges pour les prêtresses de la déesse.

Lorsque Nefertiti gouverne, elle le fait durement. Lorsque Cleopatre se hisse à l’égal des généraux de l’armée romaine, elle fait tuer ses frères.

Lorsque Alienor, lorsque de les deux Médicis, lorsque la grande Catherine ou la vieille Victoria gouvernent, qu’est-ce qui différencie dans leur genre leur pratique politique et économique ? Rien.

Il existe une chanson française de Renaud qui illustre bien à la fois le paternalisme de bonne conscience d’une gauche qui cesse de penser l’humanisme par amour de l’individualisme – Renaud a longtemps professé son libertarisme, le mettant dans la même catégorie intellectuelle que les trumpistes – et qui se trompe sur les enjeux de l’exercice du pouvoir : madame Thatcher n’est pas une exception de son genre, car le genre est soumis aux intérêts de classe et de milieu socioculturel d’abord.

De même, il n’y a pas en soi de “bonne” minorité. Les faits minoritaires sont nombreux. Il est même possible d’atomiser les intérêts collectifs en autant de sommes d’intérêts parcellaires, de groupes de plus en plus petits, pour aboutir à un individu seul face à une accumulation des richesses. C’est toute la logique au cœur des politiques néolibérales que de réduire la société à une somme “d’homo economicus”.

Pourtant, les sciences cognitives, comportementales, anthropologiques, archéologiques et historiques, génétiques et psychologiques, autant que les philosophies morales et religieuses, disent toutes que ce modèle d’”homo economicus” n’existe que dans la théorie néolibérale.

Les seuls “homo economicus” cohérents sont les voraces et les cupides, capables de tout manger sur un radeau en une bouchée, avant de manger leurs camarades, puis le radeau lui même, plutôt que de maîtriser leur faim.

Tous les modèles historiques nous enseignent où nous mènent les théories dominantes en économie orthodoxe, ainsi que les radicalismes hétérodoxes des Ryandistes libertaires : à la féodalité des guerres civiles permanentes, aux genocides, à l’esclavage.

La citation sans doute apocryphe de Churchill, la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres, est fondé sur une comprehension de l’histoire, mais aussi, par une expérience personnelle du militarisme et du colonialisme – en tant qu’oppresseur.

Mais il y a là du vrai.

Sans démocratie, l’Etat totalitaire comme l’Etat absolutiste sont des instruments d’oppression de classes peu nombreuses contre les autres.

Sans État, la règle du plus fort s’impose aux assemblées directes, et la féodalité est tout aussi inéluctable que l’asservissement. Sans droit et système juridique fondé sur l’égalité absolue et la liberté collective, les apparats de l’état démocratique dissimulent les autoritarismes et facilitent les césarismes.

Sans neutralité religieuse, et même, sans action déterminée pour contenir le médiateur social qu’est le clerc, celui ci veut toujours supplanter l’Etat, et à terme, imposé les valeurs métaphysiques sur l’humanisme universel.

Il n’y a pas par définition de religion humaniste sans contrôle de la religion. Car la religion n’a pas pour principal objet la vie, mais la consolation de la mort.

Elle ne travaille pas pour ici, mais pour le néant.

Que nous ayons besoin de consolation de notre condition est humain. Qui se réjouit de mourir lorsque sa vie vaut la peine d’être vécue?

Que nous construisions sur nos modes de consolation des systèmes d’oppression dans la vie est un crime inexpiable.

Le matérialisme, les valeurs de l’humanisme, l’Etat démocratique avec la division des pouvoirs et l’équilibre de ceux ci, le respect de la condition universelle de l’humanité, et la passion de la vie : c’est cela mon catéchisme.

Ceux qui proclament autre chose se battent pour le néant et ne méritent, si le débat n’en est plus un un, mais un combat sans merci, que de le rejoindre aussi vite qu’ils nous le promettent.

Cependant, nous devons comprendre également ceci : le néolibéralisme est profondément flexible.

Il peut tout à fait procéder dans un régime fondamentaliste, quel que soit la religion. Il ne sert que des intérêts matériels sous l’apparence de théories scientifiques qui toutes sont tombées devant les faits ces trente dernières années.

Reconnaître cependant qu’il n’existe pas un système théorique parfait, mais en réalité, que le seul système parfait est celui organisant les millions de compromis quotidiens nécessaires pour construire une société où la vie vaut d’être vécu, dépasse leur capacités, car ils sont, comme des religieux, dans la foi et non la science.

Les gauchistes puérils qui occupent le terrain de leur bruit et de leur fureur obscurcissent l’horizon du débat avec la même incapacité à débattre : leur foi est tout aussi violente que celles des autres.

Et du coup, ils vont, dans un grand confusionnisme, et un effort révisionniste de l’histoire abject, s’allier à ceux qui les tuerons des arrivés au pouvoir.

Ce faisant, ils créent la tenaille nécessaire à l’autre tenaille, identitaire, et sont les instruments de l’extrême droite.

Combien d’entre eux n’ont rien compris au rôle de l’Etat et défendent un libertarisme qui toujours aboutit au féodalisme?

Il s’agit donc, malgré les silencements et les marginalisations de mon parti, de mes amis politiques, de nos positions dans le débat public, continuer quand même à parler.

Dans le désert peut-être.

Mes ancêtres ont connu le désert des huguenots après la révocation de l’édit de Nantes, d’autres, la solitude des charpentiers du sud-ouest vivant en ghettos du XIIeme au XVIIeme, portant une marque rouge, privés de noms de famille, des ancêtres encore plus lointain étaient ceux des basques, repoussés dans les Pyrénées par l’arrivée des indo-européens, et des oncles et tantes par alliance ont disparus à Auschwitz.

Si ma généalogie devait m’aider à donner un sens, c’est celui là : la vie l’emporte, le néant n’importe pas. »

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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