L’audace de se découvrir

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La France doit secouer les médiocres de son dos.

Flash back

Mai 2024: la précampagne électorale aux États-Unis est mauvaise pour les démocrates.
A Gaza, les populations sont soumises à un massacre écoeurant et obscène.
La situation économique mondiale s’améliore certes, mais la Chine cesse de consommer les produits du commerce international, et l’Allemagne ne sort pas d’une récession qui dure depuis 12 mois déjà.
En Ukraine, la guerre dure déjà depuis plus de deux ans. La bataille de tranchées et de drones a remplacé les masses en mouvement. L’offensive ukrainienne en Russie ne crée pas le soulagement souhaité sur le front du Don.

Depuis l’automne 2023, les services fiscaux remontent en France un effondrement des recettes fiscales.
Le ministre de l’économie de l’époque fait remonter l’information à l’Elysée et Matignon. Le président, ayant carbonisé la première ministre Borne avec une réforme des retraites impopulaire et sans majorité parlementaire, l’a remplacé par un jeunot qu’il pense contrôler.
Attal cependant prend en compte le réel et essaie, début 2024, de traiter la crise des recettes en … coupant les crédits.
Il accentue la déprime de la demande, réduisant encore plus les recettes fiscales. L’incompétence est sans limite.

Le président, effrayé par les perspectives d’un plan de coupe massive alors que l’opinion est encore mobilisée par l’opposition à la réforme des retraites, décide d’enjamber la crise budgétaire en… repoussant toute mesure à après les élections européennes.

Celles-ci sont un désastre pour le camp présidentiel.
L’opposition de gauche y paraît divisée comme jamais, s’insultant sur Gaza et des sujets obscurs d’appareil intéressant peu les français.
Elle cumule un résultat à 29%.
L’extrême droite est victorieuse, totalisant 37%.
Le camp présidentiel s’effondre à moins de 15%, et le camp conservateur culmine à moins de 8%.

Le président de la République décide alors, suite à un conseil en petit comité, sans alerter son parti ou son premier ministre, de dissoudre l’assemblée.
Son calcul, les enquêtes journalistiques et les déclarations de l’époque le révèlent, est politicien.
Il compte sur une victoire du RN qui s’empare de Matignon pour leur faire peser le poids du rétablissement des comptes publics, se mettre en scène comme le rempart de la démocratie, et se redonner des marges de manœuvres politiques. Accessoirement, il espère la liquidation de l’opposition de gauche pour que son camp achève enfin sa recomposition lancée en 2017 : réduire le bipartisme à l’opposition de l’extrême droite et de l’ultra centrisme, éliminant toute force défendant l’Etat, les services publics, la solidarité sociale et la cohésion nationale.

Son calcul, foireux, irresponsable, déconnecté des réalités sociales du pays, échoue.

Après une campagne où l’ultra centrisme, persuadé d’être la force pivot, tape sur la gauche plus fortement que sur l’extrême droite, et où la gauche, dans un réflexe unitaire antifasciste, présente un front uni soutenu par de nombreux acteurs de la société civile, le premier tour dément largement les projections des médias et des sondeurs.


Le nouveau front populaire fait quasiment jeu égal avec le RN.


La participation massive, contrairement aux calculs de l’Elysée, crée la possibilité de triangulaires dans un tiers des circonscriptions.
Le calcul du président ne peut plus se réaliser que si ces triangulaires ont lieu. Pendant quelques jours, alors que son premier ministre se rallie à une logique de front républicain contre le RN, Emmanuel Macron tente de convaincre les candidats de son camp de se maintenir.
La gauche quant à elle fait preuve d’une naïveté confondante : elle proclame l’obligation morale du retrait de ses candidats sans évaluer si dans certains cas le troisième arrivé n’aurait pas de bonnes chances de gagner, ou poser de conditions pour certaines circonstances. Pire : elle fait le front républicain au profit du parti conservateur Les Républicains qui le rejette.

Le second tour voit le RN apprendre à reboucher les bouteilles de champagne. Leur frustration se ressent encore aujourd’hui.

Mais le parlement n’a pas de majorité.

La première force arrivée en tête en sièges, la gauche du nouveau front populaire, propose un profil technique pour Matignon, concède la non participation de LFI au gouvernement, et un accord de méthode pour trouver des compromis au parlement.

Le président rejette comme illégitime dès le 14 juillet l’idée de négociations à gauche. Il maintient un gouvernement démissionnaire. Il cherche une majorité introuvable arithmétiquement à droite.
Face à l’aggravation de la crise budgétaire et son rejet d’une participation de la gauche au gouvernement – il semble effrayé par ce qu’ils pourraient trouver dans les archives, et par les décrets qu’ils pourraient prendre en quelques jours, plus que si le RN arrivait à Matignon – Macron choisit de …procrastiner.

Il part en vacances, profite des jeux olympiques, refuse de convoquer l’assemblée.

Lorsqu’il commence des négociations, c’est un jeu de dupes et de trompe l’oeil. Il cherche à fracturer le nouveau front populaire, toujours obsédé par ses jeux politiciens, ignorant la gravité de la situation internationale, la dégradation des comptes publics, la crise économique de la globalisation.


La France ne se prépare pas au retour prévisible de Trump à Washington.


Elle est invitée à s’interroger si une décision obscure d’un organe inconnu d’un petit parti de gauche détermine plus que la composition de l’assemblée la nomination du premier ministre…
Pendant ces diversions, le président négocie avec la plus petite force parlementaire issue de l’élection qu’il souhaitait.

La droite conservatrice, 7% des voix, est invitée à former un gouvernement minoritaire pour surmonter la crise budgétaire la plus sérieuse de l’histoire de la cinquième République, conséquence des choix économiques et fiscaux du camp du président, et de leur déplorable incompétence à gouverner.

Bien évidemment, l’arithmétique est implacable : c’est un échec.

Revenu au niveau procrastination, le président se fait surprendre par un ambitieux encore plus incompétent que tous ceux précédant, mais obsédé par l’idée d’obtenir son bâton de maréchal, son dernier mandat avant l’hospice, Matignon.
La nomination de François Bayrou au moment où Trump gagne les élections américaines est un désastre.

La France est alors déconsidérée en Europe : son président est un canard paralysé – un chef d’État sans majorité, en fin de dernier mandat.


La crise budgétaire fait exploser les critères de convergence que l’Union Européenne, stupidement, s’est donnée.

Ces critères de convergence ont comme principales conséquences la mise en place d’outils empêchant de mobiliser l’épargne et les excédents commerciaux européens pour investir en Europe.
l’Europe finance ainsi avec ses excédents commerciaux l’industrialisation de la Chine.

La France n’a plus aucune audience internationale.
Pas de politique arabe, pas de présence dans des organisations internationales en déclin depuis 20 ans, et que Trump souhaite liquider, pas de vision énergétique, géopolitique, militaire, industrielle ou même culturelle : le bilan de la présidence est un désastre qui fait honte à tous les français attachés à leur pays.

Bayrou échoue, évidemment. L’arithmétique est implacable.

Confronté la troisième fois au même problème, Macron choisit … de renouveler pour la troisième fois la même erreur.

Entre-temps, il est vrai, la gauche, fidèle sans doute à une lecture digne d’Asterix mais pas du moment historique de son destin national, s’est de nouveau fracturée.

Les uns veulent imposer leur hégémonie fantasmée et une lecture communautaire, néolibérale et individualiste de la société. Les autres veulent faire exister leur voix particulière, un attachement formel et dogmatique à un universalisme professé sans aucune conséquence politique ou économique tangible.

Ils ignorent les uns comme les autres les préoccupations des français sur le pouvoir d’achat, le coût de la vie, du logement, les inquiétudes sur le système de santé, la peur devant l’insécurité matérielle, physique, des biens, et du pays.

L’extrême droite croit pouvoir se réjouir de la situation.
L’enjeu est simple : ne rien dire.
A chaque fois que Jordan Bardella s’exprime, le parti perd des points.
Tant que c’est une surface de projection des colères et des souffrances du peuple français, le RN progresse, soutenu par une concentration inouïe des médias dans un nouveau mainstream, une nouvelle « politique correcte », déterminée par trois milliardaires.
Les contenus et plumes jugés de gauche, ou du centre humaniste critique de ce qu’il se passe à Gaza, sont systématiquement éliminés, diffamés, attaqués sans relâche. Le débat doit être rendu impossible par une hystérisation systématique.

Macron nomme donc un troisième chef de gouvernement minoritaire, qui perds immédiatement le soutien de ce petit parti conservateur qui donnait l’illusion d’une coalition minoritaire en état de gouverner.

Encore plus minoritaire, le gouvernement est obligé de négocier sur des queues de cerise et des couleurs de timbre.

Le débat politique français s’abîme dans une médiocrité abyssale.

Les perturbations du monde, l’énorme défi posé à l’Europe par la fin du mercantilisme européen, tout cela passe complètement au-dessus des élites germanopratines, les éditorialistes de télévision, les parlementaires.

l’Allemagne voit son gouvernement s’effondrer fin 2024, une dissolution, une élection début 2025 et un changement de paradigme inouï, la droite liquidant la règle d’or budgétaire, dans l’absolue ignorance des médias français.

C’est qu’on continue, à HEC, dans les Échos, à promouvoir un modèle allemand, alors que le pays connaît 12 trimestres de récession consécutifs depuis fin 2022 et un effondrement du pouvoir d’achat de ses classes populaires, passant, refrain connu, au vote d’extrême droite.

Au moment où Trump menace d’agresser un allié de l’Otan – que la Russie continue de dresser devant elle comme un tigre de papier, justifiant sa géopolitique alors que de l’aveu même de ses membres, l’Otan est depuis 2019 en mort cérébrale – la France est invitée à s’interroger sur le prix du repas étudiant comme condition d’une majorité parlementaire sur un budget complètement inadapté à l’heure historique.

Bien évidemment, les oppositions sont dans leur rôle en censurant ce gouvernement, que ce soit sur le dossier Mercosur, le budget, la méthode générale, la médiocrité écoeurante et obscène des deux occupants de l’Elysée et Matignon.

Bien évidemment, l’arithmétique est implacable. Lecornu est condamné depuis son premier jour.

Le parlement actuel ne permettait qu’une seule coalition minoritaire, celle de la gauche  de 2024 – sous tolérance et donc influence du camp macroniste.

En la refusant, le président Macron a décidé de transférer sa propre paralysie politique à l’ensemble de la Nation.

« Il faut un budget » disent tous les professionnels, les administrations, les chefs de PME et PMI.

La situation mondiale ne permettrait pas d’élections. On a peur que l’extrême droite accède au pouvoir, mais on ne fait rien pour l’empêcher.

Pendant ce temps, la France mobilise ses forces hors de la politique.

J’ai pris la décision d’agir hors de la politique.
J’ai été convaincu, en avril dernier, par la vision de Natacha Polony  pour lancer un premier mouvement : créer une revue trimestrielle.
Notre but, c’est la clé de notre titre : l’audace de Danton, c’est la force d’un mot, d’un discours, au moment où tout semble perdu, pour sauver la France.

Son discours de 1792 est aussi fondateur – fédérant une Nation républicaine – que l’appel du 18 juin du général de Gaulle en 1940.
J’ai donc investi pour permettre le lancement de la Revue L’Audace .

Et le succès est au rendez-vous. Nos chiffres de vente ont largement dépassé nos espérances. Une communauté est en train de prendre forme.

Pourtant, notre choix à été d’être pluriel. Il y a des plumes en profond désaccord entre elles : c’est nécessaire !

Mon texte ici est sans concession. Il n’est pas sans appel : c’est un objet à débattre.

Et c’est pourquoi, après un réquisitoire sans appel, je souhaite développer les idées et traditions intellectuelles qui animent mon engagement, ma foi dans la possibilité de changer de chemin.

Nous croyons profondément à l’idée de production, et à l’ambition pour notre Nation.

Nous pensons profondément aussi que l’Europe, une idée formidable, est plus que la médiocre pantomime appelée Union Européenne.

L’idéologue russe Karaganov estime que l’Europe est la source de tous les maux du monde : capitalisme, colonialisme, guerres mondiales, génocides.
Il souhaite la bombarder au nucléaire.
La purification du feu atomique ne serait encore retenu que par la piété de Poutine…
En même temps, il réclame pour la Russie un  destin eurasien la réunissant à la horde mongole de Gengis Khan. Celui-ci fait massacrer tellement de peuples sur le passage de sa conquête que les pays conquis s’effondrent économiquement et démographiquement. Ces génocides de conquête coûteront finalement aux Mongols leur domination Eurasienne. Et l’esclavage restera une réalité russe bien au delà de l’abolition légale, jusqu’à la révolution communiste Russe, elle-même annonciatrice d’autres crimes.
Il considère également que le christianisme est l’acte fondateur de la civilisation.


La Grèce, la Rome républicaine, l’humanisme européen, l’universalisme des Lumières, l’idée de République sociale chère à Victor Hugo, tout cela doit être nié.
L’histoire russe, je l’ai toujours dit, n’est pas pertinente pour la France et l’Europe – et c’est pourquoi je ne fus jamais léniniste, ni trotskiste, ni maoïste.

Trump épouse étrangement une lecture analogue, bâtissant sur le mépris du vieux Continent des présidences Bush.
Il pense sincèrement être là réalisation d’une prophétie judéo-chrétienne messianique.

Mais cette haine de l’Europe a infusé jusque dans les cercles intellectuels et sociaux d’une gauche individualiste et bigote, parfois se considérant « seule vraie gauche ».
Au nom de l’intersection des luttes, on archipele les groupes et les individus pour les réduire non à leurs classes sociales mais à des identités que l’on désigne de l’extérieur.
Les Européens seraient les seuls esclavagistes. Ils seraient les seuls colonialistes. Ils seraient les inventeurs du patriarcat. Et l’universalisme serait le cache-nez du racisme, l’anticléricalisme l’arme de la xénophobie, de l’islamophobie.

Je pense en européen.
Les « racines » de mon héritage génétique sont aux pieds des Pyrénées depuis un temps où les Celtes et les indo-européens peuplaient des steppes asiatiques.
Ça n’a pas empêché qu’à l’école primaire, on m’appelait « le chinois » en me moquant. Mon père eut droit quant à lui au quolibet « le japonais » en cour primaire.
On m’a trimballé en thérapie sociale et on a voulu m’empêcher de passer un bac.
J’ai aussi été précaire en CDD, surendetté.
Aujourd’hui, les gauchistes me considèrent vieux blanc et CIS bourgeois.

Ce qui confirme par l’absurde que ce n’est pas une question d’identité mais de classe sociale.

Mes racines culturelles je les ai cherchées en Grèce et à Rome, à Sumer et Akkad, à Carthage et l’Égypte, et j’ai sciemment longuement ignoré le reader digest d’un peuple marginal du Proche-Orient compilant les traditions de grandes civilisations antérieures, créant un nouveau récit incohérent par bigoterie monothéiste.
Les trois religions du livre sont bâties sur du sable.

l’Europe, c’est les troubadours, Rabelais, Erasme, More, Montaigne, Spinoza, Descartes et Pascal, les lumières européennes.
C’est Hugo cet immense génie, et ses amis d’une vie, Dumas le fils d’un métisse, Louis Blanc qui le convertira au socialisme républicain.
C’est le socialisme démocratique européen s’opposant aux monarchies en 1848.

C’est la France abolissant deux fois l’esclavage, comptant les premiers députés noirs de l’histoire – dès 1791 – proclamant l’universalisme des droits humains.

La « révolution » américaine – et c’est un point de désaccord avec Hannah Arendt – n’a jamais voulu parler au monde. Elle accepte l’esclavage, la domination des classes propriétaires, et le bigotisme religieux.

C’est pourquoi notre révolution est fondatrice pour l’ensemble de l’humanité.

C’est cela qui me fait penser que nos forces vives sont bien plus puissantes que les « ombres sur le mur de la caverne » des éditorialistes de télévision et des élus politiques.

Et le public l’attend. La médiocrité partisane sera effacé par une aspiration en phase avec le destin révolutionnaire de notre Nation, avec sa générosité et son ambition.
J’en suis convaincu.

Ma contribution, c’est permettre des étincelles à un humble niveau. Et le foyer de l’audace est celui de ces étincelles.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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