La chute dans la tyrannie ploutocratique

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L’extrême droite américaine a construit une série de cercles intellectuels autour de l’idée d’une conspiration du parti de centre gauche, les démocrates, contre les valeurs de la Nation américaine.

Au cœur des cercles se trouvent des théories conspirationnistes, et l’instrumentalisation de la constitution pour se proclamer autonome des règles et lois votées sous les démocrates.

L’enjeu de la constitution est la base de la justification juridique des actes, souvent illégaux, des militants de l’extrême droite américaine.

L’enjeu du contrôle de la justice, du remplacement des juges intègres par des zélotes, est le suivant.
A l’heure actuelle, les juges qui freinent le pouvoir républicain sont eux-mêmes des républicains, après une série de purges de juges nommés sous des présidences démocrates.

L’extrême droite a conçu ces cercles ainsi :
Une terrible conspiration secrète des démocrates et de forces anti américaines veulent détruire la Nation pour imposer une forme de tyrannie.
L’Etat est l’instrument de cette conspiration.
La conspiration, criminelle, est pédophile. Des puissants et des riches aident les démocrates parce qu’ils leur donnent accès à des enfants à des fins d’exploitation sexuelle.
La conspiration veut mettre fin aux droits constitutionnels du premier amendement – la liberté d’expression. Les lois contre la diffamation et la calomnie sont considérés des limitations Insupportables à ce droit, devenu absolu – tant qu’il s’agit des thèses conformes à l’extrême droite.
Toute contestation des thèses d’extrême droite est du « terrorisme domestique » complice de la conspiration.

C’est pourquoi les américains doivent se battre pour conserver leur second amendement – le droit de posséder et porter des armes, y compris dissimulées.

L’Etat étant gangrené, les citoyens doivent s’organiser et être prêts à utiliser la violence pour protéger leurs droits constitutionnels.

La conspiration démocrate inclue une fraude électorale massive. La Nation américaine est majoritairement chrétienne et raciste, les démocrates ne peuvent se maintenir qu’en trichant.

Ce résumé simplifie bien sûr. Il y a des contradictions internes dans cette extrême droite. Certains pensent qu’il s’agit d’une infiltration extraterrestre, d’autres d’une conspiration satanique, d’autres d’une conspiration du grand Capital juif.



Lorsqu’on regarde cependant ce qu’il se passe aux États-Unis, il est évident qu’on a affaire à un phénomène psychologique très bien connu : accuser de ses propres turpitudes l’adversaire.

Le gouvernement de Trump fait tout ce qu’il peut pour empêcher l’élucidation du réseau d’influence financier, politique et sexuel du pédophile Epstein. On y trouve des démocrates, et des républicains, dont Trump lui-même.

En accusant les démocrates de triche électorale, l’extrême droite considère légitime d’avoir tenter un putsch en 2021. Entre temps, il n’y a toujours aucune preuve d’une triche aux élections. Par contre, les républicains tentent tout ce qu’ils peuvent pour accéder à l’infrastructure électorale pour en tenir éloigné l’électorat favorable aux démocrates.
L’une des nouvelles théories, c’est que des millions d’étrangers illégaux ont été importés par Biden pour voter illégalement contre Trump.
Aucune des enquêtes en cours n’ont pu trouver plus que des erreurs administratives dans une marge d’erreur inférieur à un bulletin sur 10 000.
On a les mêmes erreurs techniques en Europe.
Dois-je rappeler les morts votant pour Tiberi aux municipales de Paris?

Les autorités fédérales utilisent la justification de leurs opérations pour annuler les droits constitutionnels de manifestations et de port légitime d’armes.
Alors que l’extrême droite a fait porter aux nues le manifestant Kyle Ritterhouse, venu manifester avec un fusil automatique AR15 en bandoulière, à 17 ans, la même condamne Alex Pretti, un infirmier de 37 ans servant à l’hôpital des blessés de guerre de l’armée, pour avoir porté légalement une arme, sans avoir à aucun moment tenté de s’en servir.
L’un a tué un civil et été acquitté, l’autre a été désarmé , puis abattu de trois balles dans le dos et 7 dans la poitrine par 7 agents fédéraux.

Dans leurs cercles intellectuels de construction de la conspiration, l’élection étant « truquée » en 2020, il était légitime d’attaquer les policiers protégeant le capitole le 6 janvier 2021.
Mais la même extrême droite considère bien sûr intolérable des manifestations pacifiques contre ses politiques. Être opposant, c’est être terroriste.

Si la pratique – stupide – de la « Cancel culture » d’une partie minoritaire du mouvement progressiste a fait beaucoup de bruit médiatique, la censure massive et systématique de l’extrême droite est laissée dans le silence.
Ce sont des dizaines de milliers de livres et d’auteurs qui sont censurés aujourd’hui. La concentration capitalistique des médias est aussi un problème : le politiquement correct hégémonique est celui de l’extrême droite et des technomilliardaires.

L’enjeu de la corruption est également révélateur de cette évolution : Trump pardonne des escrocs financiers, des fraudeurs fiscaux, et les membres de son parti.
Il s’est approprié sur un compte privé le tribut en milliards de dollars que paye le gouvernement vénézuélien pour rester au pouvoir. Maduro sert d’otage, comme sous la Rome impériale.
L’ampleur de la corruption est inouïe, dépassant les records des années 1890. Ceux-ci avaient failli entraîner la chute du capitalisme américain alors, et entraîné la création d’un mouvement ouvrier et marxiste.

Marx disait en étudiant l’échec de la révolution française et européenne de 1848 que le capitalisme irait chercher les classes les plus misèreuses qu’il produit, le prolétariat en guenille, pour en faire sa police et son armée, charger de contrôler les classes moyennes et intellectuelles.
Tout pour empêcher le partage.

Le scénario du passage d’un ordre démocratique – la république américaine étant plutôt vue les moyens considérables investis dans la compétition électorale plutôt une oligarchie élective – à la tyrannie est connu, analysé, théorisé depuis l’Antiquité.

Bien sûr, l’actuel scénario rappelle par bien des points la mise au pas de la république de Weimar après janvier 1933.
Mais même les nazis suivaient des inspirations antérieures. Ils n’ont rien inventé. Il n’y a rien de singulier dans leur propre prise du pouvoir.

Polybe, un historien grec contemporain des guerres puniques entre Rome et Carthage, s’interroge sur les meilleurs systèmes politiques. Il étudie les mécanismes de passage d’un système à un autre.
Le pire système, à son avis , conduisant soir à l’effondrement par la défaite militaire, soit a des révolutions et des guerres civiles, les la tyrannie ploutocratique.

C’est ce qui menace aujourd’hui la Nation américaine.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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