Le divorce entre libéralisme et illibéralisme

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Louis Napoleon et Thiers veulent assassiner la Republique

J’ai trouvé une mise en garde contre des manipulateurs menteurs et les Fake news – on dirait qu’il s’agit de Trump et des réseaux sociaux – chez …
Adam Smith.
C’est dans sa conclusion à « la Théorie des sentiments moraux » (1759).

J’ai aussi trouvé un article formidable sur Buret, un libéral français qui influencera profondément Marx et qui, dans la lignée de Smith, critique fortement Ricardo et Say.

Il y a entre 1820 et 1848 un fossé de plus en plus profond entre les économistes libéraux soucieux de la société, de morale, de progrès humain, et respectueux d’un capital « naturel », et les économistes libéraux rejetant absolument toute considération morale, tout bien pour la société, prétendant réduire l’économie à une science descriptive et mathématique, dont les utilisations pratiques ne visent pas de bien supérieur, mais seulement l’optimisation des gains.

Oui, ces débats se retrouvent à échéance régulière.

Smith est un philosophe moral. Sa conception libérale est ancrée dans une philosophie morale.
Say, l’inventeur de la « loi de l’offre » comme opposition à une « loi de la demande », rejette l’enjeu moral.

Les descendants sont opposés sur leurs buts.

Bastiat défend un libertarisme anti État préfigurant Peter Thiel et Elon Musk, Ayn Rand et Javier Milei.
Ricardo d’ailleurs fait un travail considérable pour dissimuler la philosophie morale de Smith et propager le mythe du marché regi par « une main invisible ».
On retrouve Hayek et le néolibéralisme dans cette veine. Thatcher disait « la société n’existe pas », seuls comptent les individus producteurs-consommateurs.

Marx produit une critique du capitalisme qui est ancrée dans une philosophie morale née à la conjonction de la philosophie allemande (Kant et sa critique Hégélienne) et de la philosophie libérale française et britannique.

Buret produit une critique du capitalisme depuis le libéralisme, et s’associe à Pellegrino Rossi (j’ai déjà écrit sur ce suisse italien, parlementaire en France opposé à la réduction du temps de travail des enfants au nom de la liberté de contrat, rallié par son catholicisme fervent au Pape dont il sera chef de gouvernement, et égorgé sur les marches du Vatican par des partisans libéraux de l’unité italienne le considérant comme un traître) ou Villermé (j’ai aussi déjà écrit sur lui, colonel médecin des armées du premier empire, son tableau de la condition ouvrière en 1840 en France influence le vote de la loi protégeant les enfants du travail en usine. Son propos était de garantir la même qualité de conscrits pour l’armée dans les cantons ouvriers que dans les cantons paysans) pour proposer des solutions libérales à la question de la pauvreté croissante, suite à l’industrialisation, des classes populaires.

Ces considérations inspirent d’autres penseurs venus du libéralisme et construisant des systèmes économiques avec une idée de progrès social – Keynes étant l’antithèse la plus connue, mais des gens comme Krugmann ou Stieglitz également, tout en restant libéraux.

L’auteur de l’article note :
« La prégnance encore aujourd’hui très forte de cette structuration du champ idéologique (l’opposition entre « libéraux » et « socialistes ») rend difficile la compréhension des auteurs de la période (1800-1848). Jusqu’en 1848 le débat politique est centré sur la question institutionnelle (…) et les libéraux sont potentiellement des opposants à l’ordre établi, même si un certain nombre d’entre eux vont suivre Guizot (un historien français auteur d’un cours d’histoire dans les années 1820 thématisant la lutte des classes comme moteur des civilisations, plus tard ministre et chef de gouvernement libéral sous Louis Philippe) dans sa recherche d’un « libéralisme conservateur ».
L’idéologie socialiste telle qu’elle va se développer dans la seconde moitié du XIXeme est pour une large part le fruit de la pensée libérale, ainsi qu’en témoigne l’histoire intellectuelle de Karl Marx lui-même (qui vivra a Paris jusqu’en 1844 où il lira beaucoup les libéraux français).

La rupture décisive dans l’histoire du courant libéral français interviendra après le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte en 1852.
En faisant allégeance à ce nouveau régime, autoritaire en matière politique mais libéral et industrialiste en matière économique, les économistes libéraux accepterons la dissociation du libéralisme politique et du libéralisme économique. La tradition libérale le ne s’est probablement jamais remise de cette trahison. »

Barricade juin 1848

François Vatin, le Travail, la servitude et la vie, avant Marx et Polanyi.
La découverte 2001

Tout est là.
On ne peut pas comprendre l’autoritarisme antiliberal contemporain prétendant être « le pur libéralisme  » (économique) on ne peut pas comprendre le Macronisme ou le Trumpisme sans comprendre que le libéralisme autoritaire existe depuis les journées de juin 1848 à Paris, les révoltes allemandes et autrichiennes de l’été 1848.

Je prépare un article de fond sur la fausseté démontrée des thèses de la loi de l’offre, rappelant l’expérience désastreuse du Kansas en 2013, comme fil rouge, pour expliquer les désastres en France et en Europe, le risque considérable pris par Trump aux États-Unis.

Mais comprendre les débats des années 1800-1848 c’est comprendre à la fois les fractures entre théories économiques, entre ambitions morales et sociales, et c’est se rendre compte qu’en 2012, lorsque Macron conseille à Hollande de ressortir Say, il lui conseille de choisir une théorie économique sans morale ni éthique, à la source du rejet futur de tous les socialismes.
C’est sans doute la clé d’explication la plus forte de tout l’échec d’une social-démocratie européenne ralliée à la théorie la plus radicalement anti socialiste – et anti libérale au sens moral – de l’histoire intellectuelle.

Aujourd’hui, Philippe joue le bonapartisme libéral, comme Le Pen d’ailleurs. Ils s’entendront sur le cadavre politique chaud d’un Gabriel Attal imitant les adultes.
Glucksmann rêve d’être Guizot, Lisnard et Retailleau, Bastiat et Thiers.
Mélenchon est bien dans son rôle de Blanqui, l’Éternel colérique.

Où sont donc Victor Hugo et Louis Blanc, Louise Michel et Pauline Roland ?

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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