Un incendie en Andalousie a fait treize morts, 12 touristes dont une française, et un espagnol.
C’est un câble électrique tombé au sol qui avait déclenché un incendie fulgurant, avançant à 100 mètres par minute et encerclant rapidement les victimes.
A Fontainebleau, un pompier volontaire et un autre suspect ont tous deux reconnu avoir été responsables de départ de feu. Le premier, pyromane, avait mis le feu avec de l’essence. Le second, imprudent, avait jeté un mégot dans les herbes sèches.
Les deux ont moins de 20 ans.
Les pompiers engagés à Fontainebleau venus du sud de la France ont témoigné être employés « pour la première fois en trente ans de carrière » aussi haut dans le Nord.
Justement, les pompiers avaient été souvent en première ligne des gilets jaunes et d’autres mouvements sociaux.
Le gouvernement Macron a mené une guerrilla médiocre et mesquine contre les soldats du feu, réduisant les moyens des professionnels et cherchant à détruire le statut des bénévoles.
Car c’est un aspect essentiel du macronisme : la règle du marché devant s’imposer dans toutes les dimensions humaines, il fallait dégoûter du bénévolat, de l’engagement sincère et désintéressé, et de la culture associative française.
Le macronisme n’a jamais compris qu’on puisse faire quelque chose sans chercher un intérêt financier immédiat.
C’est le coeur de la corruption : la croyance, profonde, que la nature humaine se limite à cet « homo economicus » égoïste et jouisseur, qui ne se pense jamais en collectif humain, et toujours en calculateur mesquin des petis gains pour soi.
Cette nature humaine existe. La littérature française en est pleine.
Mais Victor Hugo montre bien que les Thénardier ne sont pas la règle de l’humanité !
Macron a construit ses anticipations économiques sur cette croyance misanthrope, qui parcoure toute la réflexion néolibérale.
On ne peut pas comprendre le refus du néolibéralisme d’agir contre le réchauffement climatique, prévu dans ses conséquences que nous vivons dès le milieu des années 70, alors que le Neoliberalisme prend le pouvoir idéologiquement puis politiquement, partout en Occident au milieu des années 70, puis dans le monde dans une version hégémonique y compris au centre gauche au milieu des années 90, sans comprendre la philosophie morale au coeur de ses choix.
Philippe Aghion, dans ses travaux d’économistes, Jean Tirole, et les milliers d’économistes anglo-saxons de cette famille de pensée n’ont aucun espoir dans l’humanité.
La notion de liberté est dégradée et réduite à celle de jouir au détriment des autres.
Il y a toujours des gagnants et des perdants, car la philosophie morale des Hayek et Friedmann est profondément pessimiste.
Les optimistes qui aiment l’humanité ne sont pas néolibéraux.
Ils ne sont pas non plus libertaires à la Milei ou à la Musk.
Leur philosophie morale est psychopathe.
Même le catholicisme, qui a commis bien des crimes en 2000 ans, critique le capitalisme égoïste des misanthropes libéraux.
Tony Anett est à cet égard très intéressant à lire.
Les thèses idéologiques des élites françaises détestent la fraternité et ce qui s’ensuit : une culture populaire partagée, la compassion, la solidarité, la joie de faire quelque chose pour le bien d’autrui.
Les incendies montrent ici le contraste entre une humanité fraternelle luttant contre le malheur, et des élites profondément méprisantes de cette solidarité.
Oh, ils maîtrisent les hommages creux et les remerciements vains.
Macron est le champion de la commémoration stérile.
Mais ces gens ne savent pas mobiliser ce qui est le plus beau au fond de l’humanité.
Et j’en reviens à ma position de 2016, où j’avais créé une page pour faire élire « Victor Hugo » président.
Justement, il a écrit ceci il y 170 ans :
« Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!
Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai ».




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