Allemagne : Pire loi anti-sociale des 20 dernières années

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L’AfD domine les sondages, les Linke à égalité avec le SPD

La pire loi antisociale des 20 dernières années a été votée hier au Bundestag, avec 319 voix sur 328 députés de la coalition Droite-SPD.
Le chancelier Merz va rester dans l’histoire comme l’un des pires – un Brüning bis.

Il faut savoir que l’essentiel de ces réformes ne sont pas de son idée. Deux hommes dominent la coalition sans être exposés : Dobrindt et Spahn. Les deux sont des admirateurs de Musk. Les deux organisent la plateforme idéologique économique et sociale compatible avec l’extrême droite.

Spahn a survécu à une commission d’enquête parlementaire sur son rôle de ministre de la santé pendant le COVID : il avait accordé un marché de plusieurs milliards à des amis pour des masques, marché annulé mais quand-même payé !
Mais ne croyez pas que ce gaspillage soit remboursé ou lui-même rendu comptable de l’échec.
On préfère taper sur les chômeurs, les malades, les handicapés, les personnes âgées dépendantes.

Tous les secteurs sont touchés.
Un exemple : La prise en charge des troubles psychosociaux subit une coupe radicale – et rétroactive !
Des centaines de professionnels de l’aide sociale se retrouvent face à une baisse drastique des moyens.

Mais les réformes les plus profondes répètent en les aggravant les erreurs des réformes Schröder de 2003.

Je ne vais pas vous faire le catalogue : il y a suffisamment d’articles de presse. Par exemple, le résumé limpide de Romaric Godin


La colère est considérable et touche les catégories sociales et professionnelles qui hésitaient encore entre SPD et Verts.
Dans les bulles cognitives de ces cercles, on assiste à un basculement massif vers les Linke.

Mais les catégories populaires elles continuent d’exprimer leur colère avec l’intention de vote la plus opposée possible au consensus désastreux de la « grande coalition », qui a régné en Allemagne avec de courtes interruptions entre 2005 et 2026 : c’est l’extrême droite avec l’AfD qui profite le plus.

Cette évolution n’est ni unique en Europe, ni unique dans l’histoire.

La culture politique de la république fédérale allemande se méfiait de la répétition de « grandes coalitions ».
Le consensus existait entre 1955 et 1970 que les grandes coalitions de la fin des années 20 et début des années 30 avaient favorisé la montée de l’extrême droite.
Un autre consensus, à l’origine des programmes « d’économie sociale du marché », avec un État providence et un gouvernement architecte stratégique de l’économie, c’est que la crise sociale, et notamment l’appauvrissement des classes populaires et moyennes, était le second moteur de la montée de l’extrême droite.

Et bien tout cela a été balayé. Les morts sont morts, et la mémoire effacée.

Alors on répète les erreurs. Le mercantilisme n’a jamais été facteur de progrès social et de démocratie. Les logiques mercantiles accompagnement l’esclavage et la colonisation, l’autoritarisme libéral des années 1830, celui de Bismarck. Ce sont des logiques de toujours moins de sociale, moins de salaires, moins d’investissement.

Et à la fin, les contradictions ne se résolvent que par la guerre. Justement, c’est là où le gouvernement Merz met le paquet : l’industrie de défense, de préférence sans la France, et l’armée.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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