
Il est difficile de comprendre ceci : la logique des politiques menées en Europe depuis la crise financière – car celle-ci marque une rupture encore plus violente que le déni de démocratie du référendum de 2005 – a transformé l’Etat démocratique en ennemi des peuples, des citoyennes et des citoyens.
Peu importe que ce soit le niveau local, régional, national ou européen: partout, l’Etat est perçu comme intrusif, violent, sourd, et injuste.
Les services publics se sont dégradés au point que les citoyens n’y font plus confiance, pire, n’en attendent plus rien.
Ce discrédit contamine toute la sphère politique et médiatique. La crise de méfiance est considérable.
En France, nous nous sommes habitués à ce que les sondages de « popularité » soient en réalité des sondages de rejet, d’impopularité.
Les meilleurs scores voient quand même plus de mauvaises que de bonnes opinions.
En Allemagne, c’est la même évolution.
Un sondage sorti aujourd’hui révèle que pour 55% des allemands, AUCUN parti n’a de compétences politiques.
C’est pourquoi les agendas et programmes construits sur les services publics, sur la confiance d’un État protecteur, juste, éducatif, et bienveillant, ne peuvent pas séduire.
C’est pourquoi, même dans les classes nombreuses bénéficiaires des services publics, le discours des libertariens milliardaires est séduisant.
L’affaire terrible autour du viol et du meurtre d’un enfant dans le Gers révèle encore cette colère profonde, viscérale, contre l’abandon par l’Etat et ses gouvernants des missions essentielles.
Les néolibéraux, issus des droites ou de la social-démocratie, ont une responsabilité considérable dans cette destruction du pacte social, de la cohésion autour de la démocratie, de la confiance en l’institution commune.
Les choix politiques des années 2027 passent par une promesse révolutionnaire.
Que celle-ci s’appuie sur les valeurs de la Nation française, telle qu’elle se constitue en 1792 – et contre un État monarchiste qui fut son ennemi tout du long de l’absolutisme – ou que cette révolution soit réactionnaire, contre révolutionnaire, c’est cela la question qui sera posée.




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