Je ne considère pas l’affaire d’un mort suite à une rixe de deux groupes militants comme d’ampleur nationale, alors qu’au même moment le gouvernement se désintéresse complètement de l’Aquitaine sous les inondations.
Toute la polémique actuelle est obscène, se nourrissant du cadavre encore chaud comme une ghoul insatiable.
Que s’est il passé ?
Personne n’attend une enquête judiciaire sous forte pression politique. Les récits s’entrechoquent dans une hysterie propagandesque sans souci de paix civile.
Des vidéos sont publiées, elles remettent en cause ces premiers récits.
Le récit des identitaires était mensonger. La bagarre commence loin de l’IEP Lyon et des militantes d’extrême droite venues contre manifester.
Le soi-disant « service d’ordre » ne les protège pas : il est plusieurs centaines de mètres plus loin.
Par contre, équipé de cagoules, casques, béquille, fumigènes, et gants conqués, il attends un groupe de militants antifascistes refoulés de l’IEP.
Les militants qui vont devenir des suspects ont en effet ignoré devoir s’inscrire à l’avance pour entrer à l’IEP et écouter la députée européenne de LFI.
Comme souvent dans un drame : il y a avant plein de moments où la chaîne peut se briser, où la mort n’est pas inéluctable.
C’est alors que le groupe refoulé part vers la gare que le groupe d’extrême droite décide de lancer les hostilités.
Les deux groupes s’affrontent pendant plusieurs minutes. La future victime fait le coup de poing. Il fait partie de ceux qui lancent les hostilités. Il est de ceux à l’initiative de la violence.
La police est absente.
A un moment, ceux qui ont déclenché la violence prennent la fuite. Trois d’entre eux trébuchent. La future victime reste au sol et est violemment tabassée.
Les auteurs de ces coups ont été identifiés : pas préparés pour un affrontement, il n’étaient pas cagoulés tout au long de l’affrontement. Ils ont été identifiés notamment par les agresseurs. Ils ont été interpellés depuis.
La victime sera secourue par des passants.
D’habitude un service d’ordre a un responsable, qui fait le compte des troupes, est chargé de contacter police et pompiers en cas de blessure de ses membres.
Personne, dans le groupe neofasciste, n’a pris la peine d’appeler les secours.
Aucun responsable n’a constaté l’absence d’un de ses membres, et n’a donné l’alerte aux policiers.
Le groupe, que certains qualifient de « courageux », a abandonné l’un des leurs au sol et n’a rien entrepris pour savoir ce qu’il lui était arrivé, pour le secourir. Rien.
La victime refuse les premiers soins des passants, refuse d’attendre les secours appelés par les passants.
Malgré les blessures – il saigne – il se remet debout et marche deux kilomètres – soit dix minutes, des minutes essentielles pour prendre en charge et sauver une victime de traumatisme crânien.
L’enquête déterminera à quel moment la victime ne pouvait plus être sauvée.
Prise en charge au sol dans les minutes nécessaires au Secours pour arriver, pouvait-elle être sauvée ?
Point essentiel pour déterminer le type de qualification pénale.
Pourquoi refuse t’il d’être secouru ? Quelle consigne avait été donnée ?
Point essentiel pour comprendre l’organisation de ce « service d’ordre » qui initie le désordre.
Les faits connus aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux colportés ce weekend.
Un fait reste immuable : la violence tue.
Le désordre dans les rues tue.
La police n’était pas présente aux abords de la gare, aux abords de l’IEP.
La réforme des services territoriaux de sécurité intérieure datant de Sarkozy a encore une longue ombre portée.
Autrefois, les renseignements généraux auraient su que des évènements susceptibles de dégénérer se préparaient et des moyens mobilisés.
Pendant près de 10 minutes, deux groupes de jeunes violents s’affrontent sans intervention policière.
Parlons juste une fois de politique :
La classe politique prétendant représenter la République et la Nation a décidé, il y a un an, de refuser de pleurer la mort d’un ouvrier innocent, égorgé par un militant d’extrême droite, se filmant sur un réseau social, dans une mosquée.
Elle a décidé de pleurer la mort d’un militant royaliste, catholique intégriste, et membre du groupe à l’initiative de l’affrontement.
Voilà sans doute ce qui me désole : la Nation c’est universel.
Mais ces prétendus républicains pratiquent depuis leur arrivée au pouvoir le deux poids, deux mesures.
Je n’ai pas de sympathie pour la violence politique. La France insoumise est responsable, par ses attaques répétées de toutes les gauches, de son isolement actuel face à une instrumentalisation obscène de cette mort.
Mais j’ai toujours considéré le macronisme comme un poison pour la République. L’attitude du ministre de l’intérieur est obscène.
Le choix de la présidente de l’assemblée de refuser un deuil à la victime d’il y a un an « pas des cas particuliers » et de le faire dans ce cas particulier est obscène.
Ce n’est pas républicain de choisir entre les victimes et les morts au nom d’intérêts électoralistes triviaux et obscènes, de rajouter la violence des mots, de refuser tout chemin d’apaisement.
Cette affaire sordide est l’objet d’une obscène manipulation politique.
Au lieu de s’interroger sur les causes profondes de la violence politique, sur les blessures profondes à la cohésion nationale, au lieu de réfléchir aux chemins de réconciliation nationale, la classe politique s’entre déchire sur un cadavre.
La Nation a raison de rejeter les politiques à 75% de rejeter l’institution présidentielle à 82%.
Du RN à LFI, cette classe là est minable.
Et c’est le bilan du macronisme que de laisser notre Nation profondément divisée alors que les dangers et les puissances hostiles se rapprochent, alors que nous avons besoin – au sens d’une urgente et vitale nécessité – de nous rassembler et d’assurer notre indépendance !
J’écrivais en février 2017 que Macron serait plus dangereux pour la République que Marine Le Pen.
Aujourd’hui, Macron est en fin de mandat. Son mouvement est en phase de décomposition, les luttes de succession vont le dissoudre.
Le Pen aura trop tricher avec l’argent public et ne pourra pas lui succéder – probablement.
Le RN est incapable d’assurer cette union nationale face à des puissances hostiles qu’il considère alliées, source d’inspiration.
Notre Nation saura trouver une solution nouvelle, j’en suis sûr.
Ce sera ni un ultracentrisme mercantile, ni une extrême droite corrompue et vendue à l’étranger, ni un communautarisme culturel d’un gauchisme rejetant l’analyse matérielle et l’histoire de notre Nation.
En attendant, il faut supporter que ces prochains jours le débat national se vautre dans la fange des obscènes polémiques.



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