Le fond du sujet est matériel

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En arrêtant les migrations sans changer les logiques d’accumulation du capital, on va rendre encore moins libres et plus pauvres ceux censés « en bénéficier ». C’est le trompe l’oeil des extrêmes droites, qui servent in fine les mêmes que l’élite libérale actuelle.

Le patronat allemand a peur.
Si la courbe démographique cesse d’être compensée par une migration constante et massive – le syndicat patronal réclamait en 2020 « 400 000 » adultes en état de travailler par an – alors que les investissements en cours obligent à transmettre une partie des excédents commerciaux et de l’épargne accumulée aux revenus du travail, alors les classes bourgeoises les plus heureuses vont connaître un frein brutal à leur accumulation.

Rappelons ce fait : entre 2005 et 2019, l’essentiel de la chute du chômage a eu lieu alors que le volume total d’heures travaillées a diminué.
C’est à dire que le temps de travail réel a été réduit.

C’est même l’une des explications du déclassement des classes populaires : entre 2012 et 2018 leur temps de travail rémunéré moyen est passé de 36 à 33 heures par semaine pour les classes populaires. Soit une perte de 10%.
Les cadres et ouvriers spécialisés des industries d’exportations ont eux vu leur temps de travail légèrement augmenté à 40h.

Mais en réalité, le temps de travail moyen en Allemagne par actif est inférieur à la France.

L’outil utilisé pour cette réduction du temps de travail et des salaires, c’est le temps partiel contraint, et la mobilisation de classes autrefois organisées différemment : grands parents en âge de s’occuper des enfants, femmes en âge d’être mères, jeunes.

La crise démographique est en même temps un état de fait intégré et entretenu.

l’Allemagne économise en coût social pour reproduire biologiquement sa force de travail, y gagnant un avantage compétitif équivalent à 2000 milliards vis à vis de la France entre 1975 et 2025.

Les crises migratoires de 2015 et 2022 ont apporté au marché du travail des millions de jeunes adultes nécessaires à l’économie sans passer par la réévaluation des salaires des actifs en Allemagne.

C’est ainsi que le pouvoir d’achat de la majorité des allemands est en 2025 inférieur en termes réels à 2008.
C’est même pire : le coût du logement ayant explosé, le revenu disponible s’est encore plus réduit.

Le patronat demande aujourd’hui à la CDU de mener campagne contre les arrêts maladie, et contre les temps partiels qu’il a tant exploité.

L’aile « économique » du parti (comprenez patronale) réclame une loi faisant la chasse à celles et ceux à temps partiel par choix.

Il faut obliger, par la loi et les punitions, tout le monde à exercer un temps complet pour éviter de devoir inciter tout le monde à un temps complet en investissant dans de meilleurs salaires, de meilleures infrastructures de transport, des logements près des bassins d’emploi, et les institutions de prise en charge des enfants et des plus âgés, écoles et hospices.

Surtout, d’abord plus de contraintes, augmenter les heures, et au mieux, à salaire constant !

C’est aussi qu’alors que le MEDEF pleure comme un sale gosse qui a perdu aux billes sur le coût du travail et des impôts, les syndicats patronaux allemands se plaignent d’un SMIC allemand supérieur au français et , tenez vous bien, d’impôts supérieur à la France !
Voilà quelque chose que personne à BFMTV  ou à Les Echos vous expliquera, mais que peut-être j’expliquerai dans Marianne ou Revue « L’Audace » à l’occasion.

La politique française d’exonération de cotisation des bas salaires est bien perçue par les allemands comme des aides aux entreprises conséquentes et désirables.

On a beau leur expliquer que ce mécanisme stupide accélère la désindustrialisation et le déficit public sans effet bénéfique, ils voient surtout le transfer de rémunération vers les actionnaires que cela permet in fine.

Du coup, dans leurs comparaisons, c’est la France qui travaille le plus, qui impose le moins, et qui a des salaires inférieurs.

Ce qui devrait relativiser l’ampleur des pleurnicheries du patron du MEDEF. Celui-ci d’ailleurs ne sert que les grands patrons du service et du luxe, qui bénéficient des aides actuelles.

C’est l’Industrie, en France, qui est surtaxée, chargée de financer les cadeaux à Mulliez et Leclerc, à Bolloré etc.
Et ceux qui devraient être au coeur de notre pacte d’investissement pour l’Europe.

Les français, les allemands, sont trahis par leurs élites.

La colère étant très mauvaise conseillère, ils croient pouvoir se venger en votant pour des partis largement favorables aux grandes fortunes, et sociaux de s’enrichir par la corruption à leur tour.

On voit aux États-Unis l’échec de ce calcul.

Par contre, le climat anti migration a une conséquence directe sur le niveau de coercition à exercer sur les salariés.
En arrêtant les migrations sans changer les logiques d’accumulation du capital, on va rendre encore moins libres et plus pauvres ceux censés « en bénéficier ».

Car le fond du sujet n’est ni culturel, ni social, ni racial.

Il est matériel.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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