Le débat mérite de s’élever

Published on

in

„Nous sommes en faillite“ est le discours préféré de la droite française depuis François Fillon il y a … 15 ans.

J’ai déjà beaucoup écrit sur le sujet, rassemblé énormément de faits contredisant cette vision décliniste, et franchement, traitre aux intérêts des français.

J’avais aussi, avant la crise pandémique, rappelé que la principale cause de l’accélération du ratio des dépenses publiques au PIB, ce sont les crises mondiales. C’est exactement ce qu’il se passe de nouveau.

C’est pourquoi élargir la perspective, prendre de la hauteur, et dire quelque chose sur l’état du monde et la place de la France, ce n’est pas de l’idéalisme, c’est nécessaire.

La nécessité historique de septembre 2025, c’est reconnaître la fin des alliances géopolitiques de 1945 et de 1990, la fin des structure économiques du commerce des années 2000-2020, et la crise profonde de la démocratie parlementaire.
Ces réalisations se font alors que la crise climatique s’accélère plus rapidement que les modèles, dont les principes de prédiction du climat développés dans les années 70 se sont révélés efficaces pour prédire les années 2020.

L‘Europe comme continent, et comme espace historique de développement, fait face à un profond bouleversement mettant à risque son indépendance, la liberté de ses peuples, la prospérité future des enfants qui naissent, la sécurité matérielle et physique de toutes et tous.

Dans ce cadre, il existe beaucoup de possibilités de débat possible.
On pourrait débattre de l’utilité de redéfinir une Union Européenne devenue inefficace à nous protéger en l’état, infiltrée de gouvernements traîtres et vassaux à des pouvoirs hostiles, gouvernée par des structures sans responsabilité devant les peuples, et incapable de nous donner une autonomie stratégique.
On pourrait débattre de l’effort à faire pour nous affranchir de la dépendance aux États Unis, un pays s’enfonçant avec Trump 2 dans la tyrannie, l’armée étant utilisée pour envahir les villes de ses opposants, la justice pour s’attaquer à ses adversaires politiques, et la corruption pour détruire l‘Etat démocratique. On voit comment les structures institutionnelles s’effondrent, et l’emploi de l’armée s’accélère, créant le risque d’une guerre civile.
Et pourtant, les dirigeants européens vont en délégation donner l’hommage des vassaux à ce président, avant d’accepter de payer des tributs sous forme de promesses d’investissement exorbitantes.

Nous sommes réduits par nos élites à ces peuples barbares en périphérie de l’empire romain suppliant celui-ci de laisser l’illusion de la liberté contre l’abandon de la souveraineté et le paiement de beaucoup d’or et d’esclaves.

Le débat pourrait justement être d’assumer cette mise en vassalité, un discours de „réalisme“ des capitulards, expliquant que notre continent n’ayant pas de forces propres, une démographie catastrophique, la perte de la maîtrise des productions, une interoperabilite militaire nous rendant incapables de nous défendre, il n’y a pas d’autre choix que de courber l’échine.

Certains en Europe disent que justement, quitte à courber l’échine, faisons le à l‘Est. La Russie est peut être une dictature impérialiste, mais moins gourmande, moins dégénérée, que celle que promet Trump, disent ils. Il y a beaucoup de contradictions internes chez les russophiles, qui rassemblent autant des partis de l’extrême droite, des nationalistes libertaires, que des nostalgiques du léninisme, en version trotskiste en France, en version ostalgique en Allemagne. Une partie de la droite française, celle qui n’a pas été corrompue par le Qatar mais par la Russie, en est aussi, dont justement le decliniste François Fillon et ses amis.

On pourrait théoriser que l‘ennemi de l’Europe, ce n’est ni la Russie de Poutine, ni les États Unis de Trump, ni la Chine de Xi Jin Ping, mais l’islamisme, pieuvre inquiétante dont la tentacule shiite est en guerre avec la tentacule sunnite, mais il resterait des tentacules pour nous attaquer.
Ce discours magnifie Israël d’ailleurs comme front avancé du combat et justifie donc la disparition des gazaouis „ce sont tous des membres du Hamas, femmes, enfants, bébés, vieillards, tout ce qui vit était le 7 octobre 2023 meurtrier et doit mourir, et aussi leurs cousins de Cisjordanie, et après leurs parents éloignés, musulmans comme chrétiens, de nationalité israélienne“!
Il y a des socioliberaux issus du PS et de la Macronie, mais aussi des neofascistes dans cette galaxie.
Mais je ne comprends pas, si nous sommes en guerre, leur obsession pour la consolidation budgétaire.
Car les mêmes vont voter la confiance à Bayrou.

Enfin, il y a des voix pour rappeler l’originalité de notre Nation, en Europe et dans le monde. Nous avons inventé l’universalisme et la première République sociale de l’histoire. Notre pays a été le premier à abolir l’esclavage, et à compter dans son assemblée des députés noirs, d’anciens esclaves. Nous avons proclamé la fin de l’obscurantisme religieux confondu avec le féodalisme. Nous avons mis fin à un système vieux de mille ans d’exploitation des peuples.
C’est notre singularité. De ce combat sont nés tous les autres, y compris le decolonialisme.
Cela nous donne le droit d’imaginer d’autres destins pour notre Nation comme pour notre continent.

Nous sommes autonomes parce que nous sommes une puissance nucléaire. Nous avons la démographie la plus dynamique d’Europe.
Malgré notre désindustrialisation nous disposons d’un vivier de jeunes gens très bien formés.
Nous avons accumulés des montants d’épargne considérables que nous n’avons pas encore mobilisés.
Nous somme une Nation bastion du rationalisme scientifique.
Enfin, nous savons inventer des solutions lorsque les ressources manquent et les dangers sont les plus grands.

Mais le débat de 2025 n’est certainement pas celui de comptables effrayés par un niveau de dette ou de déficit public.
Historiquement, nous sommes à des niveaux bas de dette et déficit, nous pouvons faire face aux dangers existentiels que nous devons affronter.

Mais les affronter ne se fera pas en laissant la classe bourgeoise jouir quand les autres font le travail et les efforts.

Les declinistes, les vassaux de Trump ou Poutine, les déviationnistes, les complotistes, travaillent à laisser la grande bourgeoisie parisienne jouir. Elle s’accommode sans peine de la dictature, et n’enverra pas ses enfants faire la guerre.

C’est cette grande bourgeoisie qui agite le drapeau de notre „malediction“, „la dette, la dette, la dette“!

Laisser un commentaire


Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

Abonnez vous

Recevez nos newsletter


En savoir plus sur Chronique Libre de l’Humanité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture