67% des français considéraient certes l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 odieuse, mais refusaient, dans un sondage réalisé trois jours après, de prendre parti.
C’était le signe que le conflit israélo-palestinien n’intéresse pas, fondamentalement, l’opinion.
Un sondage sorti il y a quelques jours l’a de nouveau démontré. Gaza est l’une des préoccupations majeures pour seulement un français sur 6.
C’est, des questions posées, la dernière.

Alors, ne nous méprenons pas : l’opinion française perçoit bien, au delà des écrans de fumée de la propagande, le caractère criminel des opérations militaires à Gaza, et le soutien à la politique d’Israël ne cesse de s’effondrer lorsque l’on pose spécifiquement cette question, comme d’ailleurs dans tous les pays occidentaux.
Les gouvernements sont partout bien en deçà de ce que leurs opinions estiment être la dignité de l’humanité.
J’avais déjà expliqué, bien longtemps avant le 7 octobre, pourquoi le gouvernement actuel d’Israel était le pire de l’histoire de ce pays, et portait en lui-même, du fait de son idéologie raciste, ultrareligieuse et son pouvoir autoritaire antidémocratique, le risque le plus grand pour la survie même d’Israël.
Les crimes commis à Gaza, la guerre de diversion d’abord au Liban puis avec l’Iran, montrent à quel point ce pouvoir ne connaît que la politique du pire.
Et l’un des aspects les plus dramatiques, c’est que la plupart des mesures prises le sont dans un mélange de bricolages politiciens et d’improvisations liés à la politique intérieure. Le premier ministre ne veut pas aller en prison pour le système de corruption qu’il a mis en place au cœur du pays, et n’a comme sauvetage que l’extrême droite intégriste religieuse.
Pendant ce temps, la grande mort, celle qui ne s’arrête plus, celle de la faim, commence à Gaza.
Et les extrémistes religieux israéliens s’en prennent également aux non juifs israeliens, aux cisjordaniens, aux laïcs séculiers. Ils ne s’arrêteront pas là, leur but étant de créer un état messianique pour plaire à Dieu, et non pour plaire à l’humanité. Sur la question des femmes, les deux ministres genocidaires israéliens sont sur la même ligne que les mollahs iraniens.
La déconnexion des opinions occidentales et de leur gouvernement explique également que malgré les tonnes de propagande, l’opération de communication autour de Greta Thunberg a atteint un objectif, celui de refaire parler des gazaouis.
En France, on se focalise sur la députée insoumise du voyage, et c’est vrai qu’il y a une forme d’obscénité dans la manière le mouvement instrumentalise la mort des gazaouis pour sédimenter sa base militante autour du chef et sa base électorale, dans un campisme sectaire accusant tous les autres, contre les faits, de soutenir en réalité les massacreurs.
Mais en clivant la situation en politique intérieure, en marquant la question de leur logo politicien, les insoumis empêchent un consensus humaniste au delà de leur camp, et leur refus de le comprendre est une nouvelle preuve de leur incapacité structurelle à construire des majorités futures. Cela restera un mouvement minoritaire, qui ne gouvernera jamais.
Mais la question du Proche Orient, au moment où Tel Aviv et Téhéran s’embrasent, occupe une place disproportionnée dans les médias français, les débats parisiens, les actions militantes des gauches, les hysterisations de l’extrême droite éditorialiste.
5 francais sur 6 ne considèrent pas que cette question est préoccupante.
Les Français, depuis des mois et des années, vivent dans l’angoisse.
Des sujets douloureux les empêchent de dormir, les empêchent de vivre.
Étude de l’Insee après étude de l’Insee, sondages après sondages, enquête du conseil économique environnemental et social (le CESE, la quatrième assemblée constitutionnelle de notre République), après enquête, les mêmes préoccupations apparaissent.
Les Français martèlent ces sujets, on les retrouve dans les textes – publiés 5 ans trop tard ! – du grand débat national après les Gilets Jaunes.
Il y a quatre insécurités à la base des préoccupations prioritaires des Français.
La première, c’est la sécurité économique. Qu’on interroge en niveau de revenu, en pouvoir d’achat, en crainte de l’inflation, en niveau de salaires, toutes les études depuis la sortie du Covid, et toutes celles d’avant la crise pandémique, mettent la question de la rémunération de ceux qui vivent du travail ou des droits ouverts en ayant travaillé au cœur des préoccupations des françaises et des Français.
Le revenu du travail baisse, le revenu du capital augmente. La concentration du patrimoine par une toute petite minorité qui paye mois d’impôts, malgré sa fortune, que la la majorité des Francis, s’est accélérée.
Ces très riches ne créent pas de valeur supplémentaire : leur enrichissement alimente une sortie de capitaux, et non de l’innovation, et de l’investissement dans de meilleurs emplois à plus hauts salaires.
En 15 ans, la pauvreté a augmentée en France, et le nombre de salariés dans le halo du SMIC est passé de 10 à 20%.
10% des salariés sont pauvres.
L’insécurité matérielle s’accompagne d’une insécurité sociale.
La santé a été la première préoccupation de notre Nation pendant des années, y compris hors pandémie. Mais le marqueur de la santé permet de signaler les déserts de service public organisés par le pouvoir politique central. On a peur de ne pas être soigné, de ne pas être pris en charge à temps en cas d’urgence, de ne pas être pris en charge correctement en cas de maladie chronique. On a peur pour la vieillesse.
Comment penser un avenir quand la peur domine la pensée sur son propre devenir ?
La mortalité infantile est repartie à la hausse en France. Quel terrible constat ! Le meilleur système de santé d’Europe encore au début de ce siècle est ruiné par 15 ans de réformes technocratiques.
La troisième sécurité est environnementale. Les Français savent que les conséquences du réchauffement climatique vont les frapper de plein fouet. Si les bourgeois de la globalisation heureuse se réjouissent de passer un après midi de juin au bord de leur piscine, de nombreux francaises et français, en contact direct avec la nature, constatent sa mort lente.
Les crises climatiques, inondations, températures extrêmes dans les deux sens, tempêtes, canicules, créent des dépenses inattendues. On ne fait plus confiance aux services publics pour être protégé.
Un tiers des Français vivent dans une telle insécurité matérielle qu’ils ne savent pas comment faire face a une dépense imprévue, de santé ou suite à une catastrophe naturelle.
Il s’ensuit une vulnérabilité encore plus forte à l’insécurité physique,celle des biens et des personnes. Les médias de l’extrême droite veulent avec le ministre de l’intérieur actuel pousser cette insécurité là devant celle des revenus. On hysterise tous les faits divers.
Mais la réalité, c’est que le nombre d’homicides est reparti à la hausse.
Dans les sociétés corrompues, les trafiquants de drogue et de sexe nagent comme dans des poissons dans l’eau. La société macroniste comme la sarkoziste sont profondément corrompues. Le narcotrafic s’empare de quartiers entiers. Et ce n’est pas monsieur Retailleau qui s’y attaquera, lui ne veut que mettre le menu fretin en prison. Le RN non plus, corrompu par des puissances étrangères hostiles, n’a aucune intention de s’y attaquer.
Mais cela permet de faire diversion des trois autres insécurités.
Au cœur de la République sociale, celle pour laquelle nous avons fait cinq révolutions, y compris le grand soulèvement de mai – septembre 1944, se trouve un instrument cité dans la constitution : la sécurité sociale.
Ce n’est pas seulement un instrument d’un « État providence ». C’est l’outil mettant en œuvre la volonté nationale d’une cohésion sociale, fraternelle, entre français, pour nous protéger des insécurités de la vie.
C’est le nom : « sécurité ».
La République sociale est l’instrument pour encadrer les revenus du capital selon les intérêts de notre Nation, pour protéger les revenus du travail, pour garantir l’accès à la santé, à l’éducation, pour protéger les biens et les personnes.
Cela fait 18 ans que les pouvoir successifs – y compris le quinquennat Hollande – s’y attaquent.
Pourtant, les Francis le crient dans toutes les enquêtes : leurs préoccupations sont celles auxquelles réponds la République sociale.
Il est rageant de voir les gauches intellectuelles et militantes faire autant diversion que les extrêmes droites de ces questions.
Certains ont de nouveau cité le nom de Victor Hugo cette semaine.
Hugo n’avait qu’un peuple à l’esprit, comme symbole de l’ensemble de l’humanité, et une perspective politique : la France, et la République sociale.
C’est contre le massacre des communards qu’il repart en exil en 1871, après dix huit ans d’exil contre l’autoritarisme libéral du bonapartisme putschiste.
Hugo aurait condamné ce qu’il se passe à Gaza. Mais ce n’était pas les combats pour les peuples internationaux qui motivait en priorité son action.
C’était la liberté, l’émancipation, et la prospérité en France.



Laisser un commentaire