
Le ratio de la dette publique rapportée à ce que produit l’économie chaque année est l’un des indicateurs censé nous informer sur la santé d’une économie, d’une société, d’un État.
Alors que la France voit son endettement public atteindre 120%, il est intéressant de regarder dans l’histoire les précédents de réduction de ce niveau d’endettement.
Après tout, si on a déjà réussi à le faire, peut-être qu’on peut imiter la démarche ?
Le graphique en ouverture de cet article nous montre que dans l’histoire contemporaine nous avons réussi en effet à baisser le taux d’endettement.
L’histoire nous enseigne aussi que tendanciellement, le taux de dette publique a recommencé à augmenter avec les deux chocs pétroliers des années 1970, sur fond de guerre au Proche Orient.
Observons en détail.
Les trois nations occidentales, capitalistes, qui ont le plus investis dans la victoire contre les fascismes – Royaume Uni, Canada et États Unis – sont au sortir de la guerre à des niveaux d’endettement public entre proche de 100% et 200% du produit intérieur brut.
Pourtant, en 25 ans, ces ratios s’effondrent pour converger vers 50%.
Les pays ruinés par les destructions, par les crimes de leur Nation ou comme victimes de ces Nations, partent de niveau d’endettement plus bas, et convergent vers 35%.
La France, tout en mettant en place un modèle originel d’Etat providence et de solidarité nationale, réussit ainsi pendant la période, malgré un dynamisme démographique considérable et les coûts de la décolonisation, la réduction constante de son taux d’endettement public.
Quelle politique a été menée entre 1945 et 1975?
L’essentiel des économies capitalistes ont combinées plusieurs éléments :
- Un fort investissement public financé par des niveaux d’imposition confiscatoire sur les très hauts salaires et patrimoines. La dette a aussi jouée un rôle, mais les retours sur investissement ont été tels que le taux d’endettement a baissé.
- Une croissance démographique organique. Les États connaissent un « baby boom » générateur de forte croissance de la demande intérieure et prometteuse d’une main d’oeuvre de mieux en mieux qualifiée abondante, et donc peu susceptible de provoquer une inflation salariale. La croissance démographique par l’immigration n’apporte pas tant de croissance à une économie nationale. Elle permet de réduire le coût social de production d’un adulte actif. C’est utile aux Nations tournées vers l’exportation que de stopper les naissances, comme le démontrent l’Allemagne et le Japon. Le premier pays a compensé le manque de main d’oeuvre par l’immigration tout en empêchant les femmes de travailler, les second a choisi d’allonger considérablement l’âge en travail. Les deux acceptent des taux de pauvreté en retraites élevé.
- La nationalisation d’une partie des activités économiques, tant dans la production que dans le système financier.
Des lors que le libéralisme des années 70 a « libéré les énergies » et « privatisé », la dette publique a explosé, et la démographie s’est effondrée.
Aujourd’hui, en 2025, l’économie européenne est en déficit de plusieurs milliers de milliards d’investissement. Sa demande intérieure exsangue ne compense pas la fermeture des marchés extérieurs.
Et le consensus des gouvernements, de la commission européenne, c’est l’idée la plus stupide qui soit : baisser encore la dépense, ne pas mobiliser l’épargne abondante par l’emprunt ou l’impôt, laisser cette épargne européenne financer les projets de Donald Trump.
La stupidité triomphe ainsi, comme je l’annonçais au début des articles menant à la création de ce blog, l’été 2017.


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