Appel à la réconciliation

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Toutes les élections de 2024 dans des démocraties libérales ont vue la défaite des gouvernements sortants, quel que soit leur couleur, y compris en France. 

Il y a un phénomène qui réunit tout ces résultats : l’inflation, et ses conséquences pour le pouvoir d’achat.

L‘Insee l‘a rappelé : malgré des hausses nominales de salaire, ceux-ci restent en France en dessous de 2020. 

Aux États Unis, le taux de confiance dans l’administration Biden Harris a chuté de trois points à chaque fois que les mesures du „bouclier tarifaire“ issu du Covid, et décidées par Trump, arrivaient à échéance sans prolongation ni compensation.

L’inflation qui nous a frappé n’était pas une inflation de la demande, une surchauffe de consommation et d’investissement. Pourtant, les démocraties libérales ont décidé de mener des politiques d’affaiblissement de la demande : montée rapide des taux d’intérêts, baisse des salaires réels, fin des soutiens à la consommation. 

En Europe, la règle d’or s’est refermée comme un piège implacable sur les démocraties libérales, forçant la baisse de l’investissement et de la dépense publique, oubliant que la dépense publique, c‘est de la recette privée, suscitant de l’investissement privé.

D’autres facteurs jouent : le marché européen de l’électricité par exemple asphyxie l’industrie française et accroît la cherete de la vie pour les Français. 

Mais l’Allemagne se voit également présentée la facture d’une frugalité imbecile sous les années Merkel, avec 6 points de PIB d’excédents commerciaux annuels jamais transmis à l’économie intérieure, à l’investissement, aux salaires. 

Une économie qui exporte pour 6 points de PIB est en surproduction, elle produit plus que ce qu’elle consomme . Mais maintenir sa demande intérieure basse pour garder 6 points de PIB d’excédent, c’est à la fin appauvrir sa population. Cet énoncé n’est pas politique : il est mathématique.

Le résultat est le renforcement du rejet de la démocratie libérale par les classes populaires, rejet qui commence dans les années de prospérité post crise financière. 

Il s’accélère cependant avec la crise Covid, où les classes populaires des métiers de premier et second range ont tenu la baraque au risque de leur santé sans reconnaissance de la société. 

Ce rejet de la démocratie libérale est profondément renforcé par cette crise de l’inflation mal gérée.

Aujourd’hui, le RN domine la coalition LR-EPR au point que lorsqu’un composant manque, c’est l’opposition de gauche qui passe ses textes. 

Aujourd’hui, Trump se prépare à gouverner en ayant emporté tous les États „swings“ alors même que ceux-ci ont pu en même temps voter l’augmentation du salaire minimum ou le rétablissement du droit à l‘IVG.

Aujourd’hui, le gouvernement de Scholz est confronté à une crise politique inédite, et les élections anticipées – le 23 février  – semblent vouloir projeter au parlement l’extrême droite à un niveau record, supérieur au SPD, et la gauche conservatrice de Sahra Wagenknecht remplaçant les Linke.

Pourtant, le débat tant en France qu’en Allemagne reste dominé par des batailles comptables, alors que les enjeux contemporains nécessitent non des retours à l’équilibre, mais des investissements publics considérables. 

Le rapport Draghi a fait un constat dans appel des erreurs des 16 dernières années en politique économique européenne. Ses solutions cependant proposent de … reproduire les politiques qui ont échouées. 

C’est la définition même de la stupidité : reproduire la même action en attendant à chaque fois un résultat différent. 

Ainsi, on voit des chevaux de retour en France, Coppé ou Sarkozy, proposer de recommencer de supprimer un jour férié, de supprimer des postes d’enseignants. La suppression de jour férié n’a jamais rapporté ce que les tableurs Excel prévoient, et la France a besoin d’investir dans l’éducation nationale si elle souhaite un jour jouer un role en Europe.

Rappelons que la Bavière est plus compétitive que la France avec 6 jours fériés de plus, et l’interdiction de l’ouverture des commerces le dimanche.

Il faut remettre les questions matérielles au cœur de nos questions politiques. 

Pour quoi faire de l’excédent, être compétitif, si la population, la demande intérieure n’en profite pas ?

Comment combattre l’inflation de l’offre, en protégeant le pouvoir d’achat, et le pacte social autour de la démocratie libérale? 

Comment doter l‘Europe des instruments nécessaires à 6 points de PIB … d’investissements publics, pour la rendre plus autonome industriellement et plus robuste socialement et démocratiquement face aux dangers géopolitiques venus de Russie, de Chine, du proche orient et de l’Atlantique?

Certainement pas en répètant le gospel europeiste des 20 dernières années dont les prémices idéologiques – baissons les impôts des entreprises et la dépense publique – ont échoués. 

Bien sûr, les gauches „de gouvernement“ comme les gauches „radicales“ portent une responsabilité dans cette évolution en cessant de s’occuper en premier lieu des conditions matérielles de production des grands courants culturels et moraux des sociétés. J’y reviendrai.

Je crois profondément que le message de la réconciliation nationale peut être un rempart aux destructions des acquis des mouvements de résistance au nazisme, et des gouvernements reconstruisant sur les décombres des fascismes. 

Car l’histoire nous montre les mêmes causes, les mêmes effets, les mêmes solutions. 

Les premières démocraties, grecques et romaines, avaient déjà dû s’interroger sur le pacte sociale, sur les réformes agraires, sur les conséquences des crises inflationnistes, sur le populisme d’élites autoritaires. 

Mon projet est de réunir. On a oublié ce que fut le conseil national de la Résistance. Il faut trouver d’autres analogies, d’autre images. 

La réconciliation nationale est le préalable à la reconquête républicaine, dans le pacte social conclu en 1946.

Notre préambule à la constitution consacre l’avènement du rêve des classes populaires de 1789 à 1940 : la république sociale, sanctuarisant le droit au travail, à la retraite, et la création de la sécurité sociale comme piliers de la République. 

Ceux qui s’y attaquent, au nom du rétablissement de la République bourgeoise d’avant 1914, ou de théories nées dans le monarchisme ou le bonapartisme, n’ont pas comme souci la Nation, mais une portion d’elle-même. Ce sont des séparatistes.

Ceux qui pensent que les questions identitaires et culturelles sont plus importantes que la question du pacte social entre les classes de la société sont naïf. Ils perdent les élections, les votes des classes populaires, pays après pays, scrutin après scrutin. Rejeter une partie des classes populaires parce qu’elles ne sont pas sur les mêmes positions culturelles, c’est rejeter ce qui unit, la classe, pour faire de la politique sur l’unité la plus petite de division, l’identité individuelle.

L’universalisme républicain, la conscience des classes sociales, et l’unification des énergies dans le pacte de la République sociale : c’est cela ma boussole, depuis plus de dix ans déjà. 

Je suis minoritaire au sein même des gauches organisées, et les autres camps politiques ont aussi intérêt à diviser, cliver, opposer, condamner d‘oukases.

Mais les affirmations précédentes sur l’état des économies et des opinions sont factuelles et rationnelles.

Nous devons nous réconcilier et fonder un pacte social avec une perspective à long terme. Notre intérêt commun dépasse nos intérêts particuliers. 

Toutes les références de mes affirmations existent et peuvent être sourcées à la demande en commentaire. J’ai déjà prouvé dans mes posts précédents qu’aucun de mes énoncés n’est „gratuit“.

Mathieu Pouydesseau, alias Mathias Weidenberg, chef d’entreprise en Allemagne, direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, tête de liste GRS aux élections consulaires d’Allemagne du Nord 2021, ancien conseiller au commerce extérieur, ancien membre du conseil national du Parti socialiste et de la direction de la fédération des Français de l’étranger.

Vous pouvez me retrouver sur https://librechronique.net/

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2 réponses à « Appel à la réconciliation »

  1. Avatar de jul
    jul

    d’accord sur le fond. pour la forme, les élections européennes ont abouti à la reconduction de la coalition sortante et de sa cheffe Ursula van der Leyen.

    1. Avatar de Mathias Weidenberg

      Pas tout à fait : le PP s’appuie plus l’extrême droite que sur le PSE et Renew.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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