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Harris comme Biden ont insulté pendant la campagne la base populaire de Trump et des républicains.
Les républicains modérés et les élites républicaines opposées à Trump rejoignant Harris étaient surtout représentants d’une certaine bourgeoisie, et non de la base républicaine.
Les clivages raciaux continuent bien sûr d’être pertinents. La gauche progressiste française peut se rassurer : „les hommes blancs ont voté Trump, c’est un vote raciste“.
Mais Harris perds parce qu’elle ne fait pas le plein que fit Biden chez les „non blancs“, alors même que toute sa stratégie électorale était un clientélisme de milieu communautaire.

Il y a deux grandes questions : comment partager la richesse, et ensuite, quel modèle de société, solidaire ou concurrentiel?
La question de l‘Etat, c’est celle des intermédiaires et leur rôle dans la réalisation des choix de ces deux questions.

Les trumpistes ont des réponses très affirmées, clivantes, sur ces deux questions, et une claire représentation du rôle de l‘Etat, faible.
La richesse doit aller à la communauté nationale qui en est digne, et la société est concurrentielle, avec la communauté nationale en lutte pour dominer les nations du monde, mais les classes et les individus aussi sont en concurrence entre elles, et c’est juste. Il est donc juste que certains accumulent la richesse lorsqu’ils en sont dignes et ont gagné les luttes concurrentielles pour y parvenir.
Le rôle de l‘Etat est de protéger la communauté nationale des concurrences en dehors de celle-ci, et pas plus que cela.

Prenons l’exemple du droit à l’avortement : Trump n’en a pas fait un thème de campagne.
Il a accepté le jugement de la cour suprême qui a dit „ce n’est pas à l‘Etat fédéral de choisir, mais à chacun des 52 États“. Cela va dans le sens de la réduction du poids de Washington et une „décentralisation“ de plus en plus affirmée.
Et bien les électeurs républicains d‘Etats conservateurs ont fait usage de ce nouveau droit, et ont décidé par référendum de rétablir le droit à l’avortement supprimé par leurs représentants.
En se sens, le jugement de la cour suprême est justifié d’un point de vue de droit constitutionnel.

Cela démontre aussi que le vote qui a plus „uni“ que les clientélisme électoral, c’est la conscience de classe, de territoire, et de Nation.
Tous les sondages et les études de science politique comme de sociologie montrent l’importance du sujet de l’inflation, de la perte de pouvoir d’achat, comme au cœur du rejet de l’administration Biden/Harris.
Les démocrates ont pu obtenir des succès inattendus en dessous du vote présidentiel : du coup, certains se font le film du complot d’une triche massive. Mais en réalité, c’est cohérent : Biden avait promis de rétablir l’économie au profit des classes populaires, mais il a perdu 3 points de popularité à chaque fois qu’un des programmes de soutien du pouvoir d’achat décidés pendant le Covid – souvent sous Trump – arrivait à échéance sans être renouvelé.
C’est qu’en même temps, la banque fédérale et les économistes démocrates épousaient le récit d’une inflation „due à la demande“ nécessitant de réduire la consommation, donc le pouvoir d’achat des classes populaires, pour la maîtriser.
En réalité, c’était une inflation de l’offre.

Partout, l’extrême droite prospère sur cette erreur massive d’appréciation et les politiques de restriction de la demande qui en découlent.

Harris n’avait pas de programme économique crédible au vue de l’échec de Biden quant à sa promesse de 2020.
C’est un peu comme Hamon (sans les trahisons des barons valssistes et hollandistes) passant avec le PS derrière les ruines du quinquennat catastrophique de François Hollande, obligé d’assumer un bilan qu’il n’approuvait pas.
Macron, pourtant responsable du bilan, s’était lui mis en scène en rupture, en „révolution“, et c’est ainsi que les quatre premiers de la présidentielle etaient tous les 4 critiques du bilan.

Le vote clientéliste par communauté ne mène nulle part, et c’est aussi l’échec pratique de la théorie intersectionaliste qui oublie l’universalisme de la condition humaine, et celle des classes, celle des territoires.

Qu’on soit issu d’une identité minoritaire ou d’une identité dominante, nous sommes tous mortels.

Le sens de nos vies est non pas déterminé par nos identités, mais par notre contribution à la société des vivants, au moment où nous vivons, par nos legs une fois disparus.
Certains réduisent ce legs à leur fortune. La richesse croient-ils protège de la mort. C’est une vanité éternelle.
D’autres pensent plutôt au legs de la transmission familiale, par leurs enfants, et l’éducation reçue et donnée.
D’autres vivent leur vie dans la mort future, subordonnant tout à ce qui se passera après la vie. Quel gâchis.

Je crois à la force positive de nos actes en société, partout, pour aider celle-ci à garantir la dignité de la vie.
Notre expérience est éternelle dans l’espace de nos biographies. Notre responsabilité, notre devoir, c’est que tous les vivants puissent vivre cette expérience dignement.

C’est au cœur de mon engagement, tant professionnel, politique que personnel.

Mais cela a des conséquence concrètes : la premiere question, c’est créer les conditions matérielles à une dignité universelle.

C’est pourquoi je ne suis pas favorable à des sociétés concurrentielles, mais solidaires. La concurrence entre individus peut avoir lieu à condition que la solidarité collective en corrige les effets indésirables.
Je suis favorable à un État et des corps secondaires intermédiaires permettant la traduction du partage des richesses, la protection contre l’indignité, reflètant les choix souverains de la communauté souveraine.

Je suis l’adversaire tant des coupeurs d’humanité en catégorie, racistes ou intersectionalistes, que des libertaires, de gauche comme de droite.
Je suis anticlérical : il faut vivre la vie, pas vivre dans la crainte de l’au-delà.
Je suis favorable à une réconciliation nationale par la refondation du pacte de la république sociale, solidaire, laïque, démocratique.
Je suis donc opposé aux clivages opposant bourg et ville, fâchés et fachos, territoire et communauté.

Trump a su unir une coalition pour des choix auxquels je suis opposé.
Il a enterré le progressisme clintonien, le réformisme d’accompagnement néolibéral.
Les choix auxquels je suis favorable supposent une autre unification.

La bataille est matérielle avant d’être culturelle, elle est aussi morale avant d’être identitaire.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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