La commémoration de l’esclavage et la traite

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Le 10 mai, jour de commémoration de la traite des esclaves.
Le peuple français, premier au monde, a mis fin à cette abomination dès les débuts de la Révolution, en 1794.


Les élites, nobles et bourgeoises, l’ont rétabli, prolongé. Le peuple français va l’abolir dans une seconde révolution.

La repentance et la culpabilité est celle des élites coloniales, royalistes, grands bourgeois, catholiques persuadés que la traite faisait oeuvre de conversion, Châteaubriant en était de ces chrétiens là, bonapartistes, la première femme de Bonaparte et les financiers de son putsch étaient colons esclavagistes, commerçants et constructeurs de bateaux, ce sont des élites et des classes dominantes, qui ont déporté, ensemble, les républicains, les socialistes, les syndicalistes et les esclaves sur des rochers ingrats.

Les colonies et les champs de canne étaient alors la punition promise aux révolutionnaires et le champ d’exploitation économique des esclaves.

Décret de Napoléon rétablissant l’esclavage et l’ordre de l’ancien régime dans les colonies, mettant fin à la guerre des États Unis contre la France, mais déclenchant une purge de l’armée de tous les officiers noirs, le supplice de Toussaint La verdure, la répression contre les députés noirs, et la déportation de dizaines de milliers de républicains pour mourir dans les rochers perdus coloniaux.



Le peuple français n’en voulait pas, n’en profitait pas, et deux fois émancipe en prenant les armes, en versant en France son sang, pour sa liberté et pour la liberté universelle.

C’est ça la grande différence avec la révolution américaine, qui plaît tant aux bourgeois français et aux libéraux.
La révolution américaine est esclavagiste, raciste, coloniale. Elle ne vise pas à l’universel. La République des États Unis fera la guerre à la République française abolitionniste justement parce que le 10 mai 1794 Elle abolit l’esclavage et proclame l’universalité de la déclaration des droits de l’homme.



Attal ne fait pas cette distinction, et ne rappelle pas comment les français ont aboli contre leurs banquiers, leurs entrepreneurs, leurs hauts fonctionnaires et leurs prélats.

Il épouse la lecture américaine qui a depuis infecté une partie de la gauche française.
Il y a intérêt : en inventant une culpabilité nationale, il mouille aussi les classes populaires et paysannes dans une histoire d’oppression où il furent aussi les oppressés. Ce faisant, il supprime la mémoire spécifique de notre révolution.


Lorsqu’en 2020 Macron prononça un discours pour les 150 ans de la troisième république, il oublie de mentionner, volontairement, les première et seconde république, issues de révolutions populaires, où le droit au travail et la liberté universelle contredisent les intérêts marchands.
Il assimile, volontairement, Vichy à la République, pour effacer le conseil national de la résistance, son programme de reconstruction nationale, et le préambule de la constitution de 1946, qui proclame de droit au travail avec un salaire digne, fonde les bases constitutionnelles de la sécurité sociale et de la retraite solidaire, et rêve de concertation sociale avec participation des salariés à la gestion des entreprises.
Là aussi, Macron voulait mouiller dans le crime de l’occupation la Nation, lorsque le crime collaborationniste ne l’engage pas, car la libération de 1944 est la conjonction d’un effort militaire allié dans le Nord, des forces françaises et coloniales dans le Sud, et de la résistance partout ailleurs. Oradour sur Glane témoigne de ce sacrifice populaire à la liberté.


Les intersectionnalistes rejettent l’analyse en classes et veulent d’abord une lecture en race et communauté, car au fond, ils partagent avec l’extrême droite ryandiste et les ultra libéraux la méfiance de l’Etat. Le culte libertaire épouse bien les psychoses de l’histoire américaine.


Mais l’histoire française, c’est que la République sociale permets justement d’arracher l’Etat – même pour un temps restreint – aux classes dominantes, et que ce combat là vaut le coup, car une fois l’Etat conquis comme arme d’émancipation, celle-ci peut être universelle.
Mais alors la séparation de l’humanité en sous luttes et intersection de minorités tombe, l’idée que la majorité a pu être opprimée, que l’oppresseur est par définition minoritaire, leur est insupportable.

Les faits sont là : le 10 mai 1794, en présence des deux premiers députés noirs de l’histoire du monde, dont un ancien esclave affranchi, alors que des corps d’armée républicains sont commandés par un général noir, avec de nombreux officiers métis, le peuple français choisit contre ses classes coloniales, qui lui ferons la guerre civile et qui se vengerons avec leur marionette Napoléon, l’émancipation universelle.

En 1848, alors que les deux monarchies précédentes défendent la traite – Chateaubriand s’en charge au congrès de Vérone, on lui offre un petit esclave noir qu’il conservera dix ans, et se réjouira qu’au moins « on baptise ceux qu’on prends pour la traite, c’est autant d’âmes sauvées » – et lancent la conquête du second empire colonial en Algérie et en Afrique, la nouvelle République abolit pour de bon cette fois l’esclavage.



La culpabilité est celle des bourgeois, des nobles, des financiers, des entrepreneurs.

L’honneur, c’est celui du peuple français et de la Nation républicaine. Les classes coupables  lui fera payer.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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