Rappelons ceci:
La lutte pour l’égalité des droits des femmes ne fut pas une marche tranquille.
Le 8 mars 1910, à Copenhague, les deux militantes du SPD Clara Zetkin, rédactrice en chef du magazine « l’égalité », et Rosa Luxemburg, l’une des intellectuelles et cadres de l’aile gauche du SPD, proposent à la conférence internationale pour le droit des femmes de consacrer ce jour à ce combat.
Ce fut notamment grâce à elles que les femmes allemandes obtiennent dés la chute de l’empire en novembre 1918 le droit de vote – 26 ans avant les françaises.
Rosa Luxembourg fut assassinée par un militaire des corps francs, ces troupes d’extrême-droite envoyées par le gouvernement du SPD écraser la révolte ouvriére de Berlin en janvier 1919.
Elle fut opposée à la guerre, fit de la forteresse pendant celle-ci, et participa à la scission du SPD avec Karl Liebknecht. Dans ses derniers écrits, elle ne se rallie pas au léninisme, au contraire, elle reproche à Lénine de refuser la démocratie parlementaire.
Au moment où Rosa se bats pour le 8 mars, elle est aussi engagée dans un débat idéologique notamment avec un député social-démocrate de Mannheim, Ludwig Frank.
Celui-ci votait les budgets régionaux en coalition avec le centre droit. Il voulait une réforme du droit de vote, certes, mais pour enlever les éléments censitaires empêchant les hommes ouvriers d’être représentés, et non pour y inclure les femmes. Ami de Jean Jaurès et membre actif entre 1912 et 1913 des conférences pour la paix et l’amitié franco-allemande, c’est lui qui convaincs fin juillet 1914 le SPD de … se rallier à la guerre.
Il pensait que le SPD dans le camp de l’empire victorieux, l’empereur accorderait les droits civiques aux ouvriers du Nord… Nous savons que les plans de Frédéric Guillaume en cas de victoire étaient très différents.
Frank poussa sa logique jusqu’à s’engager dès août 1914, et lui, l’ami de Jaurés, le social-libéral « raisonnable », fut tué par des balles françaises à la bataille de Baccarat en septembre, après avoir, d’après les notices mortuaires, tué en sniper 4 soldats français. Le social-libéralisme est souvent le camouflage d’une profonde hypocrisie au service d’une ambition personnelle.
Les féministes allemandes n’attendaient rien de ce courant là du SPD.
Clara Zetkin mourut à 75 ans en exil à Moscou, en juin 33, députée communiste et juive obligée de fuir l‘Allemagne après les pleins pouvoirs de gouverner par ordonnances, votés par le centre libéral et la droite à Hitler en mars de la même année. En réalité, sa situation de santé, et les menaces contre sa personne, l’avait amenée à choisir avant 1933 un traitement dans un sanatorium près de Moscou.
Le 30 aout 1932, c’est elle, doyenne du Reichstag, qui ouvrit la séance inaugurale après les élections anticipées. Son discours condamna le contournement de la constitution par le président de la République, qui gouvernait avec des ordonnances sans plus passer par le parlement. Elle condamna le chef du gouvernement, un centriste libéral à la tête d’un cabinet technocrate, von Papen, incapable de résoudre les problèmes économiques et sociaux. Von Papen, 6 mois plus tard, conclut avec Hidenburg la manoeuvre associant à ce gouvernement centriste et technocrate le parti de Hitler. Elle attaqua aussi les fondements mêmes du nazisme.
Ce même parlement, l’été 1932, choisit, grâce aux voix de la droite et du centre, un nazi, Goering, comme président du parlement. La marche funeste était engagée.
Clara et Rosa nous ont laissé une correspondance abondante témoignant de leur profonde amitié, et profonde humanité. Rosa aimait la vie, en cherchait, dans sa cellule de forteresse, les moindres signes, comme une mésange bleue passant dans la cour.
Leur choix de se battre pour les droits des femmes en tant que part essentielle du combat pour les droits universels, était le choix de la VIE contre la mort des bilans financiers, des guerres, et des dividendes.
Le 8 mars
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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA). Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
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