Chaque année, en mars, je prépare ma première grande sortie à vélo, qui, immanquablement, me mène au camp de concentration de Sachsenhausen, à 30 klm de Berlin. J’irais mardi.
Cette année, cette visite a un goût particulier.
Sachsenhausen est inséparable de l’histoire du mouvement olympique. Le camp est créé pendant les préparations des JO de 1936 à Berlin.
Il succède à un camp préexistant, ouvert dès mars 1933 à Oranienburg.
Le pouvoir allemand, c’est à dire le gouvernement de coalition Centre droit libéral, ministres technocrates, et parti nazi, au pouvoir depuis 3 ans, souhaite passer d’un système artisanal de répression des résistances socialistes, communistes, syndicales, et des premières mesures visant à l’extermination des juifs, des homosexuels, des tsiganes, des handicapés, à un système rationnel, industriel, technocratique. Pour cela, il va falloir penser à la formation des cadres du futur système concentrationnaire. Sachsenhausen et Dachau, à 15 klm de Munich, sont les installations modèles et écoles du futur système.
Les opposants qui pourraient gêner les JO 36 vont eux-mêmes construire Sachsenhausen. Le premier meurtre, un écrivain anarchiste-marxiste juif, a lieu pendant les JO.
Le commandant du village olympique, l’ancêtre de Tony Estanguet, était un militaire dévoué au nazisme jusqu’au fanatisme. La construction du village d’ailleurs rappelle la construction de Sachsenhausen. Je mets les photos des entrées ici. Il eut cependant un problème : une recherche généalogique lui trouva un arrière grand père juif converti au christianisme. Malgré toute son existence de bon nationaliste antisémite, Wolfgang Fürstner se retrouva ostracisé par ses camarades, menacé d’expulsion de l’armée, démis, juste avant les jeux, de ses fonctions. Il se suicidera juste après la fin des jeux dans le village olympique qu’il avait fait construire.
Son successeur était l’un de ces généraux tout à fait conforme au régime, von Gilsa, qui mena ses troupes sur tous les fronts criminels de la guerre, qui était juré adjoint au tribunal populaire qui envoyait tout le monde à la guillotine ou à la potence. Il se suicida dés le 9 mai 1945.
Alors l’affiche des JO de Paris, carrez vous là où les JO n’en devraient jamais sortir.
Devinez sur laquelle se trouve la phrase, souvent répétée dans un autre contexte par les libéraux français au pouvoir, „le travail émancipe“.




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