La presse annonce 100 000 manifestants à Berlin contre l’extrême droite, devant le Reichstag et la chancellerie.
La place de la République est si pleine que les organisateurs étendent l’espace de la manifestation au terrain entre les bureaux des députés et la gare centrale.

La Gauche Républicaine et Socialiste est bien sûr présente.

Le souvenir de la résistante française Suzanne Vasseur, engagée dans un réseau Berlinois de jeune communistes et juifs allemands depuis 1937, organisatrice d’un attentat contre l’exposition antisémite de Goebbels au Lustgarten, arrêtée et guillotinée à Berlin en 1942, nous réchauffe malgré la pluie. Il y a une continuité du combat des démocrates, au delà des âges, des époques et des frontières.

La démocratie n’est pas un état, mais un combat permanent. Les bourgeoisies européennes, toutes ivres de jouir de la prospérité des années 2013-2020, en Allemagne entre 2010 et 2020, ont oublié cette leçon.
Pire : c’est des rangs des partis centristes libéraux et conservateurs que sont nés dans cette décennie là les mouvements politiques en Europe qui initient la victoire des populismes. Orban est le héros des europhiles libéraux en 1996, le PiS est issu du conservatisme polonais, l’AfD est fondée par des membres de la CDU, la droite britannique se rallie aux slogans de l’UKIP, le Berlusconisme s’allie à la neofasciste Meloni.
Les démocrates sociaux, qu’ils soient encore socialistes ou déjà socio-liberaux, ont abandonné, au nom de théories classistes privilégiant les libertés de mœurs et les égalités sociétales sur les questions de partage des richesses et des ressources, les classes populaires, le territoires éloignés, les quartiers modestes.
l’Europe, malheureusement, est dévoyée pour dévaloriser les questions sociales et économiques. Le choix du libre échange, de la circulation libre des capitaux, de l’abandon des protections sociales, juridiques des travailleurs, l’affaiblissement de l’Etat et des services publics, ont enrichi des classes minoritaires et europhiles par intérêt matériel . Cette Europe est le résultat d’un rapport de force gagné par des classes égoïstes, prospères et imbues d’elles-mêmes.
Toutes les classes populaires européennes sont à la peine. Non seulement le patrimoine public, c’est-à-dire nos infrastructures, l’éducation, la santé, les services publics, sont sous-financés, mais la libéralisation du marché de l’énergie, celui du logement, ont frappé directement au portefeuille.
Tant la crise logistique de la globalisation malheureuse, que la crise pandémique, ont facilité le retour d’une inflation frappant de dizaines de coups de poings implacables les visages et les cœurs des classes nombreuses européennes.
Les classes bourgeoises ont refusé toute mesure structurelle. Pour elles, les seules réformes structurelles ne servent qu’à une chose : baisser leurs impôts.
La facture est politique : si la cohésion sociale s’effondre, la démocratie meurt.
La leçon de 1933 n’a pas été retenue.


La lutte ne sera pas seulement celle des manifestations et des actes symboliques.
Il faut un changement radical de nos politiques.
No Pasaran !
Gauche Républicaine & Socialiste



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