Le conseil constitutionnel entérine un régime anti parlementaire et factieux

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Le conseil constitutionnel a censuré près de 40% de loi « Immigration ».

Le gouvernement s’en félicite, et Le Monde cite Gérald Darmanin. « Le gouvernement a obtenu satisfaction, il ne représentera pas de projet de loi », a-t-il annoncé.

La droite et l’extrême droite, furieuses, dénoncent à raison une crise constitutionnelle, mais pour de mauvaises raisons.

La gauche infantile et une partie des gauches bourgeoises libérales se félicitent également de ce jugement, avant, dans un double mouvement de stupidité insondable, de réclamer « l’abandon total » de la loi

Certains députés insoumis remercient même le Conseil Constitutionnel de défendre « le respect des principes républicains ». C’est comme si une dinde, se faisant embrocher par le cuisinier, le félicitait pour avoir huilé la broche.

Le jugement du Conseil Constitutionnel est une insulte aux principes de la République, parlementaire par nature, et entérine le régime actuel, factieux, illegal.

Le Conseil Constitutionnel n’a pas jugé du fond. Il n’a pas censuré la loi car elle serait contraire aux principes républicains. Elle n’a censuré que le travail des parlementaires de droite et d’extrême droite.

Certes, ceux-ci, de l’imbécile Ciotti à la majorité sénatoriale sans doute trop imbibée des crus de son restaurant, sont tombés dans le piège institutionnel posé par le gouvernement. Leurs amendements ont été qualifiés de « cavaliers législatifs » et sont tombés, rétablissant le texte initial de l’exécutif.

Or, dans un grand moment de bêtise insondable, la gauche avait voté à l’assemblée nationale une motion préalable de rejet du débat parlementaire, ouvrant un boulevard pour l’exécutif pour imposer un texte sans contrôle parlementaire.

En fin de compte, c’est, sans même utiliser le 49.3, un texte de plus, comme la réforme des retraites, passant sans réel amendement parlementaire.

De fait, l’exécutif concentre l’intégralité du pouvoir législatif, sans aucun contrôle parlementaire.

Le Conseil Constitutionnel a entériné une énième fois cette pratique. En s’abritant derrière des respects formels du droit, il imite les juristes allemands créant le troisième Reich en restant jusqu’en mai 1945 dans le cadre constitutionnel et juridique de la République de Weimar. C’est la même manipulation du droit que celle des juristes de l’Etat français conservant les apparences de la continuité juridique avec la troisième République.

Emmanuel Macron en est tout à fait conscient. Dans un fameux discours sur l’histoire de la République en France, il l’avait fait démarrer en 1870, oubliant les deux premières, nées de révolution populaire pour la justice sociale et l’égalité des droits. Il avait aussi considéré l’état français de Pétain comme faisant partie prenante de l’histoire continue de la République, acceptant la lecture collaborationniste de la légitimité institutionnelle du régime.

Le régime confonds entièrement pouvoir exécutif et pouvoir législatif. Le contrôle judiciaire est de plus aboli par un ensemble de nominations politiques au Conseil Constitutionnel le rendant obéissant et docile. Que Laurent Fabius continue à donner la caution de son nom à cette manipulation est le signe d’une profonde déchéance morale et politique. Cet homme n’a, pas plus que Pierre Moscovici, aucun honneur ni aucun courage.

Si l’exécutif est le législateur et n’a pas de contre pouvoir pour le contrôler, c’est de fait un régime factieux, illégal.

La seule issue dont la gauche aurait pu se féliciter du jugement du conseil constitutionnel, c’est si celui-ci avait censuré l’intégralité de la loi en refusant la manipulation institutionnelle de l’exécutif et en renvoyant le tout de nouveau devant le seul législateur souverain : le parlement.

Le seul appel digne suite à cette lamentable affaire, c’est celui appelant à la résistance civile contre un gouvernement factieux illegal, pour forcer sans violence sa chute.

Nous avons le devoir de nous mobiliser comme autrefois les allemands de l’est entre mars et novembre 1989.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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