La République Sociale, la solution

octobre 2, 2022 2 Par Mathias Weidenberg

Depuis une date que vous vous choisirez, car selon votre année de naissance vous prendrez 1983, 2000, 2005 ou 2012, l’arme démocratique de l’alternance politique par le bulletin de vote s’est révélée être impuissante.

En France, 1979 est la dernière élection qui voit une majorité parlementaire être reconduite d’une élection sur l’autre, et encore, ce fut de justesse.
Suite à la présidentielle de 1981, le parlement change de majorité avec une alternance à gauche.

Législatives 1981, RPR en vert


En 1983 d’un point de vue économique, 1984 sur la laïcité et dans sa composition propre – Fabius gouvernant sans ministres communistes en succédant à Mauroy, tombé sur la capitulation lâche de la gauche face aux ultra religieux chrétiens – cette majorité alternative cependant cesse d’être une force de rupture avec l’ordre établi.
Elle est donc battue en 1986, et une partie de l’électorat populaire cherche une nouvelle rupture en envoyant 35 députés d’extrême droite au parlement, une première depuis la quatrième république.
La politique ouvertement pro-riche de Chirac entraîne son échec cinglant en 1988, et une nouvelle majorité est élue, relative comme en 2022.

Législatives 1988

Théoriquement, la gauche seule aurait une majorité, si les socialistes et les centre gauche cherchaient un nouveau consensus avec les communistes, mais à l’époque, le président de la république préfère manœuvrer entre communistes et centre droit, créant une culture progressive de l’achat de voix parlementaires, qui culminera dans une culture de corruption avec Bernard Tapie, un affairiste populiste symbole de la corruption, s’emparant du Parti radical de gauche.
1992 voit même une transformation de la carte électorale, avec un quadripartisme dans l’opinion, entre l’Europe comme promesse sociale devant supplanter progressivement la République sociale à gauche, et l’Europe comme lieu de libéralisation c’est à dire de festin des bourgeois contre la Nation comme espace de construction de l’identité dominante à droite.
Les naïfs de l’Europe sociale fournirons aux libéraux leur préfixe, le social libéralisme se dessine là dans ce vote de Maastricht qui commence le processus dassassinat dès originalites de la République sociale française.

Législatives 1993

Les élections de 1993 sanctionnent cette absence d’alternance dans les politiques menées. La droite remporte un triomphe parlementaire sans précédent. Elle se divisera en 1995 entre une droite républicaine prétendant vouloir combattre les « fractures sociales » et une droite libérale soucieuse d’utiliser les débats migratoires societaux tout en liquidant les outils d’équilibre social et économique. La promesse de lutter contre les fractures sociales de Chirac sera bien sûr une promesse dans le vent, comme en 2002 de lutter contre les ruptures…
85 députés seulement subsistent à gauche.


Le quinquennat 1988 – 1993 aurait dû alerter les gauches en 2012. Cela ne les empêchera pas de reproduire les mêmes erreurs, avec le même résultat.
Revenu au pouvoir, La droite reprends ses réformes de saccage social et de redistribution du revenu national vers le haut, et utilise les privatisations comme un outil formidable à la fois de corruption, mais aussi d’intégration dans la haute bourgeoisie des élites issues de la gauche.
Peu à peu, un pacte d’intérêt se crée entre des élites opposées autrefois sur des sujets et des valeurs, le rapport à la République, à la révolution, à la Nation, aux religions, au travail.
Cette révolution bourgeoise échoue cependant à liquider le principal acquis social de la République : la sécurité sociale et le système de retraites.
C’est sur les retraites que tombe ce parlement, et la dissolution entraîne une défaite cinglante de la droite.

Législatives 1997

1997 est donc la victoire d’une « gauche plurielle » c’est à dire d’une union programmatique autant que de cartel électoral entre toutes les composantes électorales de la gauche sociale. C’est le dernier gouvernement qui impose des réformes sociales de nature à changer le rapport de force entre riches et nombreux, qui dessine une société pas seulement de compétitivité et de concurrence, c’est à dire de guerre.
Des 2000 cependant, les socioliberaux, même en ayant perdu leur champion sur une affaire de corruption (il est incompréhensible que DSK et Cambadelis aient survécu politiquement à la MNEF) imposent les philosophies de soumission en Europe. Le refus d’assumer des rapports de force « pour ne pas donner des arguments aux europhobes » les transformera en principaux alliés des forces économiques, majoritaires à droite, voyant dans la soumission à l’Allemagne une promesse d’enrichissement familial sur le dos de la liquidation du patrimoine industriel français.
Les contradictions tant sur l’Europe que sur la question sociale – déterminante pour les communistes, secondaire pour les écologistes et les europhiles socialistes – reflètent des contradictions croissantes dans le rapport à la République à gauche – devenue trop étroite pour les tenants de l’Europe sociale, trop étatiste pour les libertaires écologistes et trop faible pour les sociorepublicains dont se rapprochent les communistes.

2002 voit donc une double disgrâce du gouvernement sortant. Comme en 1981, en 1986, en 1988, en 1993, en 1997, on assiste à une nouvelle alternance.

Législatives 2002

La droite qui reviens en 2002 est une droite en transformation, en mutation, épousant les transformations sociologiques et économiques des classes la supportant. L’ancienne droite industrielle attachée à l’héritage gaulliste d’une réconciliation des classes sociales dans un pacte républicain rejettera en 2005 le traité européen, pendant que la droite libérale de plus en plus ouverte aux voyages internationaux, de plus en plus fatiguée du syndicalisme français, des structures sociales solidaires qui ralentissent leur enrichissement, verrons dans les promesses du marché unique, de l’élargissement européen, de la liberté de circulation des capitaux, dans l’euro, les outils d’un pillage en règle de la France.
L’insécurité, l’immigration, la paradoxale glorification d’une identité nationale complètement eviscerée de ce qui faisais son originalité – la place du peuple dans la construction de la Nation – pour la ravaler à un folklore pour touriste chinois ou à un révisionnisme colonialiste servent à dissimuler dans la droite euroliberale la cupidité, l’égoïsme, la corruption.

2005 voit ici 1992 se reproduire dans une nouvelle escalade symbolique.
Les euroliberaux cupides de la droite s’allient aux naïfs socioliberaux de la gauche et aux écologistes libertaires, qui pensent que l’Europe permettra de dissoudre l’état républicain jugé comme oppresseur lorsque c’est la République qui donna la liberté au monde, dans un discours profondément méprisant vis à vis de classes populaires qui « ignoreraient ce qui est bonne pour elles ». La philosophie profondément censitaire de la bourgeoisie « raisonnable » surgissait de nouveau, créant un lien historique invisible entre ce qui allait suivre et la monarchie de Juillet.
Pourtant, en 2005, le peuple souverain, suite à un vote démocratique, choisissait une autre voie, refusant d’abandonner sa souveraineté sans garanties supplémentaires.
Les sociorepublicains, rejoints par des opportunistes se clamant « gauche populaire », avaient emporté le vote populaire à gauche.
56% des électeurs d’alors du PS ont voté non, les hommes comme les femmes ont voté majoritairement non, 80% de l’électorat du principal parti de droite UMP ont voté oui. Ce sont les professions libérales, les cadres supérieurs, et les retraités qui ont voté oui, c’est à dire, la base sociale et économique de la droite française, puis, celle du macronisme.

Vote du Non 2005

Pourtant, la « gauche raisonnable » décida de devenir la gauche « martyre » c’est à dire celle qui par choix « raisonnable » gouvernerai contre son propre électorat. Elle s’engagea dès 2005 dans une entreprise de construction théorique de nouvelles assises sociales à une nouvelle majorité socio-économique plus en phase avec les intérêts symboliques, économiques et culturels de ses élites dirigeantes. Ce fut la progressive invention d’une gauche « d’insécurité culturelle » et d’une gauche « d’émancipation individuelle », une singeant la tactique électorale de la droite libérale en investissant le sécuritaire tout en oubliant le social pour faire avaler l’Europe, la déchéance de la « gauche populaire » un temps fabiusienne, et une voulant l’électorat de centre droit urbain et des écologistes, le Terra novisme.

2005 vit aussi une gigantesque révolte des jeunes de classes populaires mais personne ne voulut en comprendre les raisons ou les dynamiques, ni s’y associer, à part des petits groupes marginaux de l’ultra gauche. Pourtant, c’est aussi dans le chaudron des émeutes de 2005 que naissent des groupes de l’ultra gauche antirépublicaine associant État et République, République et ordre colonial, Universalisme et « privilège blanc », et s’emparant de classes sociales défavorisées qui n’ont comme alternative que les envoyés missionnaires des islamistes.
Cette impasse – ni le PC ni le PS ni le MRC n’envoient leurs jeunes en mission électorale et politique dans les quartiers émeutiers, promis au « karcher » de la répression par le héros de la bourgeoisie libérale de liquidation du patrimoine national, le prince de la corruption, le roi de la manipulation cupide, et le précurseur de Macron.

2007 est en apparence une reconduction de la majorité parlementaire. Pourtant, dans tous les partis, 2007 liquide les vainqueurs de 2005. La droite s’enracine dans l’euro libéralisme sécuritaire. La gauche divisée voit un Parti socialiste dominé par les socioliberaux refuser tout accord d’union électorale et décider à faire la peau aux communistes, aux verts, aux dissidents du Non. Les fabiusiens, ralliés avec la « gauche populaire » en échange de la mission d’aller au contact contre les communistes, achèverons d’enterrer tout espoir d’une reconnection durable et profonde de la gauche électorale et des classes nombreuses. Le MRC s’était aussi rallié, selon un accord de cartel électoral sans contenu programmatique préfigurant la nupes, échangeant un ralliement à la présidentielle derrière l’europhile Royal contre quelques circonscriptions – un plat de lentilles.
En 2007, pour 24% d’ouvriers encore dans la population active, on ne compte qu’un seul député ouvrier…

Législatives 2007

Sarkozy voudra de suite formaliser l’alliance des socioliberaux et des euroliberaux. Ce que le FN dénonçait comme « l’UMPS » est plus complexe : le modem, le Nouveau Centre, sont sociologiquement, idéologiquement, également en accord avec des pans entiers des élites technocratiques du PS et de la droite libérale europhile, celle qui voit dans l’Europe la solution pour liquider les deux grands instruments de redistribution des revenus en a France, la sécurité sociale et la retraite, et aussi, par la liberté de circulation, l’émancipation de ses obligations fiscales.


Plus besoin d’aller avec sa voiture pleine de cachette abriter en Suisse ses lingots comme en 1981, l’Europe garantit la liberté de jouer avec ses capitaux sans contrôle réel.
Le gouvernement de François Fillon, un autre grand cupide corrupteur, verra donc des socialistes le rejoindre, et pas des moindres : le secrétaire national à l’économie, Besson, et le meilleur ami de Hollande, Jouyet, qui, montrant la continuité idéologique, le nommera secrétaire général de l’Élysée entre 2014 et 2017! C’est Jouyet « l’inventeur » de Macron.
Kouchner démontrera que l’élite corrompue, mais pour d’autres raisons, des gauches libertaires, était tout à fait soluble dans la combinaison europhile et merkelophile du securitarisme sarkoziste.
Mais le sarkozisme est un échec social absolu.
Dès 2012, dans le fracas d’une guerre en Lybie par convenance personnelle, qui crée une vulnérabilité géopolitique considerable pour toute l’Europe, et des premiers attentats de la vague islamiste, contre des militaires français musulmans et des enfants juifs, Sarkozy est rejeté au profit d’un Hollande promettant de protéger le peuple de l’appétit vorace de la « finance ».

Les élections de 2012 se font de nouveau avec un refus du PS d’un accord programmatique avec les autres gauches, privilégiant des accords électoraux de chantage politique et excluant le nouveau venu, le Front de gauche, réunissant PCF et dissidents du PS. Celui-ci, bien que progressant en voix perdra des sièges.
C’est ainsi que le PS aura puissamment crée entre 2002 et 2012 la culture de cartel électoral sur base de chantage et de rapport de force que l’on retrouvera dominer les négociations de 2022 au sein de la Nupes, LFI endossant sans regard critique la position hégémonique et les attitudes détestables du PS hollandiste.

Législatives 2012

On relira mes statuts ici même entre 2012 et 2017 pour trouver le bilan de ce quinquennat stupide et criminel, alliant pusillanimité et incompétence, trahison de son propre électorat et arrogance, procrastination et corruption.
Macron est l’enfant légitime du hollandisme et du sarkozisme, réunissant enfin les trois familles europhiles dans une alliance contre les classes populaires et les anciennes élites françaises.
Valls fera le sas pour convaincre les terranovistes que l’europhilie béate pouvait s’allier à la rhétorique sécuritaire la plus antirépublicaine, militarisant la police, réprimant les manifestations et l’exercice du droit de grève, se prenant pour Clemenceau et Churchill, en étant seulement Thiers et Thatcher.

L’extrême droite elle comprends peu à peu qu’il y a une classe sociale populaire orpheline. Elle est dans des territoires anciennement radical-socialiste ou socialiste, et voit dans la démocratie un attrape couillons, a force de voter, en 2005, en 2012, pour des alternances qui n’ont pas lieu.
Le RN se débarrasse en apparence des héritages antirépublicains vichystes et pars à la conquête de ces territoires.
Si en 2017, cela ne fonctionne pas, un allié objectif inattendu, la dérive communautarisme et libertaire de LFI, va lui permettre d’apparaître comme l’option raisonnable dans de nombreux territoires n’ayant jamais profites de la colonisation et ayant leur propre histoire de domination par des classes voraces et parisiennes.
Les classes nombreuses, déjà dégoûtées de la politique électorale par le formidable échec du PS hollandiste, vont donc hésiter entre coté sanction contre la démocratie républicaine, et abstention.
Des 2017, ceci est visible.
La gauche est balayée. Le RN n’emporte pas encore beaucoup de ces territoires, mais progresse. La nouvelle alliance a visée hégémonique du centre-gauche et de la droite euroliberale elle emporte un jack pot électoral par défaut : la moitié des français sont restés chez eux.

Législatives 2017

On ne reviendra pas sur le saccage social, sanitaire, sécuritaire, autoritaire, du premier quinquennat Macron. Cet homme est une disgrâce, un Charles X en jean et veste Hugo boss. Son camp est celui des corruptions financières, morales, et climatiques.
Tout électeur de Macron est soit un traître à notre histoire républicaine, soit une âme égarée, dévoyée par un système de manipulation médiatique révisionniste et censuré.
LFI pars en vrille après 2018. Alors que ce mouvement dispose d’une indéniable dynamique, la mise en cause de sa direction, extrêmement sectaire et réduite à un petit nombre d’individus sans contrôle militant, entraîne une formidable transformation idéologique et un renforcement considérable du populisme de la « forteresse assiégée ».
Un temps efficace médiatiquement, cette stratégie cependant empêche un lien idéologique entre le mouvement des gilets jaunes et les vis foires, en interne, des communautaristes adeptes de l’individualisme libéral sous sa forme originale à gauche, c’est à dire la tradition libertaire de la gauche, de l’intersection rendant l’ouvrier s’il est pas lui-même dans sa biographie une intersection coupable de la domination bourgeoise.
Évidemment, un tel discours renvoie des territoires entiers au RN.
En dépit d’un accord de cartel électoral en 2022, les gauches perdent plus de 70 circonscriptions historiquement de gauche sur le long terme à l’extrême droite, le RN remporte en 2022 plus de sièges que LFI, alors qu’en 2017, le RN avait moitié moins d’élus que LFI.

Cependant, l’information majeure de 2022, c’est que le macronisme a perdu les élections, malgré une abstention à presque 50%.
Les marchistes purs ne sont plus que 166. Au sein même du camp parlementaire présidentiel, minoritaire, les divisions prefigurent déjà les luttes de succession. Car Macron réélu est un président perdant chaque jour de son pouvoir, chaque jour le rapproche de la fin de son dernier mandat. Chaque jour, son influence et pouvoir de nuisance diminue sur les ambitions de son camp. Le second quinquennat sera l’histoire d’une deriliction aux conséquences délétères pour les groupes parlementaires, et devant entraîner de fait une réaction autoritaire de l’hôte de l’Élysée, qui n’aura que cela.
Il est probable que Macron ne dissoudra pas pour mettre au pas ses oppositions, mais sa « majorité » relative.

Législatives 2022


Ensemble, c’est 250 députés. Il en manque certes 39 pour une majorité, mais surtout, même si Elisabeth Borne trouvait 40 ralliés au PS delgaiste ou à droite, cela renforce le pouvoir de monétisation interne des petits groupes de Ensemble – Horizons seule compte 30 élus, Bayrou 40.
Même en comptant le ralliement complet de la droite parlementaire, le groupe de Philippe comme celui de Bayrou peuvent négocier très chèrement leurs votes.

Cela signifie une chose : où est donc passé l’électorat social-républicain ? Il s’abstient.
Il sait que les chimères Cazeneuviste – un hollandiste issu de la « gauche populaire » fabiusienne dont j’ai décrit l’opportunisme idéologique et la corruption politique – ne sont pas social-républicaines mais démagogiques. C’est un habillage pour attirer un électeur qu’on ne prendra pas une troisième fois.
La foi dans la République sociale comme méthode d’émancipation collective et de médiation des conflits culturels et sociaux s’est estompée au fur et à mesure du désarmement républicain des élites europhiles. La vente à l’encan du patrimoine industriel national pour s’enrichir directement des euroliberaux affaiblit considérablement notre capacité souveraine autant que nos instruments concrets face à la crise climatique.
Pourtant, la France n’a pas construite sa République en une seule fois – ce processus a pris 160 ans et plusieurs révolutions, guerres civiles et internationale, pour que le compromis des classes sociales faisant notre Nation définisse, à partir de 1944, la forme de la République Sociale comme celle de notre constitution.
Tous les instruments pour nous protéger des quatre crises en cours sont présents dans cet héritage entre 1789 et 1944, et dans ce que la République sociale a construit après 1944.
L’Europe est l’espace géographique de notre destin, l’Europe, mais aussi le bassin méditerranéen et le croisant fertile nous reliant à l’ancienne Mésopotamie. L’Union européenne est de loin pas à la hauteur de l’histoire européenne. Union mercantile longtemps dominée par les élites économiques soutenant la femme la plus souverainiste qu’ait connue l’Allemagne de l’après guerre, Angela Merkel, elle a échouée entre 2009 et 2022.
Le monde n’est ni meilleur, ni plus pacifique, ni plus prospère, ni plus climatique en 2022 qu’en 2004. Toutes les promesses europhiles se sont révélées fallacieuses sur cette période de temps.
Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner l’instrument d’une solidarité européenne. Mais c’est bien cela qu’il manque : la solidarité.

La devise républicaine, Égalité, Liberté, Fraternité, ce n’est pas Marché, Compétition, répression. Pourtant, une Europe fraternelle, solidaire, pourrait être un espace d’émancipation, c’est à dire de liberté, dans l’égalité des droits et des talents.

Enfin, un mot sur la Russie : Schröder, Fillon, Steinmeier, Laschet, Merkel, Rutte, Kurz, Berlusconi, Johnson, Trump, Bolsonaro, Kubicki, Sarkozy, c’est le camp russe en Europe et dans les démocraties américaines.
C’est une alliance deurophiles et deurophobes, de socioliberaux et de néolibéraux, de national-populistes et de mercantiles internationalistes. C’est surtout l’alliance des classes ayant besoin d’une énergie pas chère et abondante pour faire fonctionner un système économique défavorable aux classes populaires un temps syndiquées des vieilles démocraties.
L’énergie pas chère est l’instrument de la lutte contre les structures de la lutte populaire sont son exploitation.
L’OTAN ou la Russie sont ici les deux faces de la même monnaie.
Mais la victoire de la Russie en Ukraine signera la fin des anciennes démocraties. Elle est inacceptable pour cette raison.
Maintenant, les socioliberaux comme les europhiles ont désarmés l’Europe. C’est leur responsabilité, notre vulnérabilité.
Or, la République est aussi l’instrument du pacte social de protection, de défense de nos choix.
Là aussi, le choix de la République sociale dans toutes ses composantes, y compris la menace de la Nation en armes, est la réponse collective protégeant nos sociétés.

Mais pour cela, il faut redonner confiance dans l’instrument même du vote. Depuis tant d’années, les volontés de politique différentes manifestées dans des votes ne reconduisant aucune majorité n’ont pas été prises en compte.

Construite une force politique social – républicaine devra donc mettre au cœur de sa légitimité les outils pour empêcher une trahison de la volonté populaire au pouvoir.

En attendant, citons Victor Hugo : « le suffrage universel, en donnant un bulletin à ceux qui souffrent, leur ôte le fusil. En leur donnant la puissance, il leur donne le calme. Le suffrage universel dit à tous, et je ne connais pas de plus admirable formule de la paix publique : Soyez tranquilles, vous êtes souverains. » (…) en affaiblissant le suffrage universel comme instrument de la volonté souveraine, « l’abolition du droit de suffrage pour les classes souffrantes » serais « le rétablissement abominable et impie du droit d’insurrection. »

C’est exactement pourquoi le mouvement des Gilets Jaunes a pu si longtemps bénéficier d’une opinion publique favorable.

Notre responsabilité, les républicains sociaux, est donc celle là.

Au travail.