Attirer les investisseurs avec du vinaigre

Published on

in

,
Les investissements allemands cessent de progresser en 2012 en Europe

On me conseille de cesser d’utiliser le mot, considéré de violent et agressif, de « stupide », lorsque je vois des gens répéter obstinément les mêmes erreurs, et refuser constamment les leçons des réalités et des faits.

Macron a reconnu que l’épargne européenne n’est pas investie en Europe, ce que je décris depuis déjà le début des années 2010, c’est à dire depuis l’instauration de la « régle d’or » européenne:
« Lorsque vous regardez le panorama, c’est totalement fou. L’Union européenne est le premier lieu en termes d’épargne. Mais nous n’utilisons pas cette épargne pour investir dans notre innovation rapidement. Un tiers de cette épargne part vers les États-Unis parce que les marchés sont beaucoup plus efficaces et parfois pour financer les obligations américaines. Je suis super content pour les États-Unis, mais je pense que ce n’est pas le meilleur usage de notre propre épargne »
Source: discours en anglais au 20e anniversaire de la « Global Markets Conference » qui rassemble des investisseurs internationaux à l’invitation de Jamie Dimon, directeur général de la banque américaine JPMorgan Chase, un des acteurs clés de la crise financière de 2008.

Notons qu’il emploie le mot « fou ».
Erasme et Thomas More, à l’invention de l’humanisme européen, utilisaient le mot de folie pour désigner la stupidité.

Ersame, Eloge de la folie, 1511


C’est un signe peut-être de réalisation inconsciente.

Le constat qu’il rapporte est la conséquence directe de la règle d’or !
Les deux zones qui ont attiré les investissements européens entre 2012 et 2025 sont celles, Etats Unis et Chine, qui ont augmenté leur dette publique pour investir.
La Chine crée par la dette des instruments pour réinvestir son épargne, tout en investissant en dette publique américaine pour se constituer une réserve de devise.

Les deux regions attirant les investisseurs sont en hausse de la dette publique, celle en perte d'Äinvestissement, en baisse de la dette

Le Financial Times le reconnaissait il y a deux jours: l’excès d’épargne mondial, reflet des excédents commerciaux, ne sont pas investis dans les zones excédentaires du fait de leur faible demande et faible niveau d’investissement public, mais aux USA, le grand déficitaire.

The challenge of using excess global savings – Financial Times

Or, la France, qui aurait pu bénéficier de l’épargne en zone euro, a choisie une politique stupide non de la demande, mais de l’offre.
Macron s’est félicité que la France reste « en tête en Europe ».
Mais c’est la conséquence directe de nos déficits!
Sauf que les gouvernements Macron, incompétents, sont incapables de faire le maximum de cette situation, pris dans des contradictions idéologiques insolubles, et une coalition incohérente Renaissance-LR sur les questions économiques.
En voulant réduire la demande pour réduire les déficits, ils attaquent directement la capacité de la France á attirer l’épargne excédentaire.
Les budgets conçus par Borne, Attal, Barnier et Bayrou sont en complète contradiction avec les objectifs affichés d’attirer l’épargne européenne.

L’Europe a la prétention arrogante d’être « bien gérée ».
C’est faux.

Depuis les règles d’or, et les droites européennes ont joué ici le rôle le plus néfaste aux peuples européens depuis la chute du rideau de fer, nous ne créons pas d’outils permettant de mobiliser nos gigantesques excédents d’épargne, en refusant l’investissement public.

Voilà ce que dit le cabinet EY:
« Les nouveaux projets d’investissements ont progressé de 20 % sur un an en zone Amérique du Nord, écrit EY en se basant sur des données de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), en raison principalement de la percée américaine, là où ils ont baissé de 5 % en Europe. »

Ah, le mirage des « comptes publics en équilibre pour rassurer les investisseurs » est tenace.

Il est stupide.

Les lois fondamentales de la stupidité humaine, par le philosophe Cipolla

Laisser un commentaire


Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

Abonnez vous

Recevez nos newsletter


En savoir plus sur Chronique Libre de l’Humanité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture