La violence, et la grenouille dans sa casserole

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La BBC live choquée par la violence de la police française sur un acte que nos médias considèrent anodin : un policier donne un coup de pied dans le dos  d’un manifestant pourtant s’éloignant de lui.

C’est là tout le problème de la grenouille dans sa casserole.

Il y a aujourd’hui des dirigeants, des journalistes, des éditorialistes, trouvant banal, légitime, qu’un lycéen soit défiguré à bout portant par un tir de lbd alors qu’au début de la séquence il était assis et ne représentait ni gêne ni danger, qu’une étudiante qui ne manifestait pas perde un oeil en tentant de rentrer chez elle par un éclat de grenade, qu’un étudiant en costume de One Piece soit frappé par un flot de policiers allant à droite, puis par un autre flot allant à gauche, juste parce qu’il était là.

C’est cette habitude de la violence considérée légitime, transformée dans les instructions hiérarchiques en « gestes appropriés », qui marque la bascule vers une culture autoritaire, dictatoriale en pratique.

Hier, les manifestants ont été très nombreux, il y a eu peu d’incidents vu la masse de manifestants.
Les services d’ordre syndicalistes ont été impeccables. Il y a des séquences vidéos où ceux-ci, drapeaux et brassards visibles, bras dessus, bras dessous, se laissent matraquer par les policiers en « bond offensif » sans répliquer.
Image terrible d’une colère inspirant les actes des policiers face à une masse restant calme sous les coups.

Il y a aussi ces images de policiers de la préfecture de Paris chargeant des cortèges où se trouvent des gendarmes mobiles, et ceux-ci obligés de s’interposer physiquement entre leurs collègues et les manifestants.

On voit des personnes pacifiques, parfois des personnes voulant faire médiation, des Médics tentant de soigner un policier blessé, violemment frappés, mis au sols, embarqués et… Laisser libres, sans accusation ni poursuite ni même avertissement après leur interpellation.
Car ces interpellations arbitraires touchent des milliers de personnes n’ayant rien à se reprocher.

Les politiques qui amalgament, « toute participation à une manifestation est une complicité de terrorisme! » disait Castaner en 2018 et dit aujourd’hui Philippe, Zemmour ou  les porte paroles d’un parti dont le président est antisémite, ont dépassé le stade du rejet de la démocratie.

Mais tout cela n’adresse rien des problèmes profonds laissés par l’échec total du programme économique de Macron, du MEDEF, programme que Le Pen veut continuer avec 150 milliards de coupes budgétaires et sociales.

Et les insoumis se trompent en croyant que le sujet principal de la séquence c’est « la France nouvelle ».

Les manifestants se réapproprient avec raison la Marseillaise et le drapeau tricolore. Cnews est en apoplexie en voyant cela. Ils ont oublié que le drapeau tricolore est révolutionnaire, que la Marseillaise est un chant révolutionnaire, que cette révolution commence en 1789 par l’émeute contre l’inflation et les taxes indirectes, contre l’exonération fiscale des très riches propriétaires, clergé et noblesse, contre les salaires bas que les premiers industriels français veulent encore baisser au nom de la compétitivité avec la Grande Bretagne.
Elle se poursuit en 1792 en renversant un exécutif incapable répondre à la crise sociale.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 contient ces articles :

« Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l’autorité de la loi, doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.
Article 11. — Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.
Article 12. — Ceux qui solliciteraient, expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, seraient coupables, et doivent être punis.
Article 13. — Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Article 14. — Nul ne doit être jugé et puni qu’après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait les délits commis avant qu’elle existât serait une tyrannie ; l’effet rétroactif donné à la loi serait un crime. »

Aujourd’hui, de tels articles seraient considérés « factieux » voire « d’ultra gauche « .

C’est que l’extrême droite, le centre macroniste, les médias possédés par des milliardaires, veulent la guerre culturelle pour faire déviation des enjeux matériels.

La force profonde de ce mouvement social, c’est la dimension matérielle et universelle de ses revendications.

La violence banalisée a cependant aussi des conséquences meurtrières. Le terroriste raciste de Trappes tue après avoir interprété le discours de Zemmour, de Cnews, de Philippe. « Il faut se venger » de la colère sociale en tuant « des français issus de l’immigration  » c’est à dire des noirs et des arabes.

Pourtant, la crise sociale, la vie chère, l’inflation, la paupérisation des classes qui travaillent n’ont pas pour origine la guerre culturelle, mais la lutte des classes millionaires et milliardaires contre l’Etat providence et la solidarité nationale, pour leur propre exonération de l’impôt, pour la privatisation à leur profit de toutes les activités humaines.

Alors, à un moment, la contradiction devient trop forte entre le populisme raciste et les évolutions matérielles réelles. Il ne reste plus que la violence.

C’est ce cycle là qui s’interrompt sous nos yeux aux États-Unis.

Il est temps d’arrêter aussi en Europe.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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