Les Linke l’ont emporté sur un message : maîtriser le coût des loyers.

Berlin est la ville où le coût du logement a le plus augmenté en Allemagne entre 2010 et 2025.


On assiste à une hausse spéculative des coûts du M2 à l’achat.
C’est un phénomène que j’ai décrit tant de fois, alertant déjà dans les années 2016-17: les excédents commerciaux ne trouvant pas de débouchés intérieurs ont alimenté plusieurs bulles spéculatives en Allemagne, dont celle de l’immobilier.
Les États refusant d’investir et les banques centrales continuant de combattre les suites de la crise financière de 2008-2009 avec une politique monétaire expansive, les taux d’intérêts sont historiquement bas.
L’investissement immobilier n’est rentable que par la plus value réalisée, ou pour les banques, en se refinancant avantageusement aux banques centrales.



Cependant, dès 2015, la crise logistique d’une globalisation pas si heureuse, se fait sentir. La plupart des projets immobiliers prennent du retard, avec en 2016, 2017, 2018 des pénuries de verre, d’acier industriel, de matériaux d’isolation, et de personnels qualifiés. De nombreux projets de nouvelles constructions ne sont pas rentables malgré les hausses des prix immobiliers, frappés par les retards de livraison.
Les mises en construction nouvelles à Berlin s’effondrent avec la pénurie de matières premières, que l’économie allemande ne peut pas compenser.
Alors que les mesures de limitation des prix des loyers ne concernent que le bâti ancien, la chute des mises en chantier suit l’effondrement de l’investissement public. Aucune mesure n’est prise entre 2016 et 2021 pour orienter l’épargne considérable allemande vers la construction en Allemagne.
Berlin est d’autant plus touché que l’immobilier spéculatif s’empare des objets professionnels et commerciaux. Le nombre de grandes surfaces sur le lieu d’anciens HLM, de grandes constructions de bureaux, remplacent la construction de logements.
La chute cependant des mises en chantier depuis 2021 est générale en Europe.
Le manque d’investissement est également arrivé à un tel point que des ponts sur la rocade berlinoise s’effondrent – et ce, dans la partie Ouest de la ville.
L’une des plus grandes universités doit fermer son campus suite à des fissures et des chutes de pierre, menace concrète complétée par un soupçon de présence d’amiante.
Un chantier de rénovation d’un supermarché a fait s’affaisser un tunnel de métro : après la fermeture provisoire de la ligne, les travaux de consolidation se poursuivent depuis maintenant 2 ans.
Rappelons que le chantier de l’aéroport de Berlin a coûté plus de cinq fois le budget initial, et, au lieu d’ouvrir comme prévu en 2010, a été inauguré l’année du COVID, dix ans plus tard.
La situation que les deux grands partis, SPD et CDU, ont ainsi créée est catastrophique dans la capitale.
La victoire des Linke sanctionne cette dégradation des conditions de vie concrète des berlinois.
Les partis de gouvernement, effrayés, ont convoqué les caricatures – comme à l’élection du maire de New York sur un programme comparable.
« Antisémites, islamistes, complaisance aux criminels ! »
C’est qu’on va toucher aux possédants.
Elif Eralp s’est clairement positionnée et les ailes gauchistes antisémites sont marginalisés, un élu mis en cause avec une famille maffieuse suspendu.
Depuis hier, les trois directions des trois partis de gauche ont approuvé le principe d’ouverture de négociations de coalition.
Linke, écologistes et SPD commencent le long chemin vers un exécutif régional.
Les trois partis avaient déjà gouverné ensemble avec Michael Müller (2016-21) puis Barbara Giffey (décembre 21-avril 23). C’est en refusant les propositions des deux autres partis sur le logement que Giffey avait fait tomber la coalition et choisie d’être la partenaire junior de…la CDU.
Le SPD est ainsi passé de 21% en 2016 et 2021 à…12%.
Le SPD meurt des grandes coalitions à répétition.
l’AFD s’en nourrit.
Notons que les dernières recherches montrent que l’AFD, tout en se déclarant favorable au gouvernement Nethanayou, est le parti comptant le plus d’antisémites d’Allemagne.


l’Allemagne a un taux d’investissement public depuis 2000 à… Zéro.



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