La procrastination sous Macron

Published on

in

La procrastination est la constance des gouvernements sous Emmanuel Macron.

A chaque crise, à chaque événement inattendu, la première réaction, c’est d’ignorer ce qu’il se passe.

Parfois, le réel s’impose quand même – et pour compenser les premières hésitations, c’est le coup de marteau. Un bon exemple fut la gestion du confinement pendant le COVID.

Parfois, lorsque le réel est plus diffus, ça dure longtemps. Macron a refusé de prendre en compte les alertes budgétaires de l’automne 2023 et laisser le budget filer jusqu’en avril 2024, avant de déclencher une inutile dissolution.
Une étude économique avait estimée que les actions du Président avaient coûté 15 milliards au déficit budgetaire en 2024.

Macron a également procrastiné tout l’été 2024 en refusant de tirer les conséquences politiques des législatives. Il a dû voir deux de ses gouvernements censurés avant de redonner la main au parlement début 2025.
Depuis, Lecornu gouverne avec le RN sur l’essentiel des questions économiques, culturelles et sociales, et avec le PS sur le budget.

Macron et Lecornu procrastinent depuis la première vague caniculaire de ce printemps.
La seconde vague de fin juin a vu une surmortalité record dans les catégories d’âge des actifs – dépassant même celle des personnes âgées.
La troisième vague est en cours et s’annonce encore plus longue que la seconde.
Et il ne se passe rien.

Le gouvernement considère cette catastrophe comme un « fait de dieu » où aucune intervention ne serait possible. Pas de fermeture des activités en plein cagnard, pas de mesures d’urgence pour l’agriculture et le vivant, pas de mobilisation nationale décrétée pour protéger les personnes vulnérables.

Les conséquences stratégiques sont également ignorées.

Le gouvernement tient à son récit idéologique où le bilan de son action doit être séparé de son action, et prétendre que ce bilan est la conséquence « du socialisme, des bureaucrates écolos, du wokisme ».

Le désastre est cependant en cours. Les « atténuateurs » prétendant que le réchauffement « ne serait pas catastrophique » devront expliquer cela en octobre, lorsque les rendements agricoles seront tombés à un plus bas historique, où des pans entiers de territoire seront partis en fumée, où nos paysages seront ravagés, privant la France de son berceau géographique.
Car un climatiseur individuel ne sauvera pas les cultures maraîchères au sol, ni la surmortalité des élevages, ni celle des ouvriers en plein-air, ni les forêts en feu, ni la mort de la faune sauvage.

« L’adaptation » nécessite par ailleurs des investissements structurels en centaine de milliards d’euros.

Car il y a d’autres problèmes : beaucoup des bâtiments construits en béton dans les années 60 n’ont pas été prévus pour des températures prolongées de plus de 42 degrés. Les propriétés physiques du matériau sont ici en jeu. La dilatation pose des problèmes nouveaux.
Etc. Etc. Etc.

Le gouvernement ne veut pas parler du réel qui étouffe les français.

Alors on procrastine, on nie, on ignore.

Laisser un commentaire


Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

Abonnez vous

Recevez nos newsletter


En savoir plus sur Chronique Libre de l’Humanité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture