Quel est le montant de la dette de la France ? Environ 3000 milliards de dollars. C’est un stock de dette, dont la durée est étalée dans le temps. Rapporté à un flux annuel, c’est un peu moins de 120% de la valeur des richesses produites annuellement, ce qu’on synthétise dans le calcul PIB.
Le pays dont le stock de dette est le plus élevé rapporté à sa production de richesse annuelle, c’est le Japon – 230%.
La dette publique mondiale, c’est environ 91 700 milliards de dollars. C’est 70% de la valeur de la richesse produite dans le monde sur un an selon l’OCDE, 90% selon le FMI.
C’est à dire qu’en moyenne, tous les Etats ont une dette équivalent à 70% (ou 90%) du PIB national. C’est, en moyenne mondiale donc, déjà 10 points au dessus de ce que prévoient des critères de Maastricht conçus il y a plus de 40 ans et complétement dépassés.
La dette totale mondiale cependant, c’est à dire avec celle des entreprises et des ménages, c’est … 100 000 milliards.
La dette totale du monde entier représente 8 fois la valeur de la dette publique, et prés de six fois la valeur des richesses produites annuellement.
En comparaison, la proportion de la dette mondiale – financée par l’épargne mondiale accumulée – que représente la dette publique française, c’est 3%. Autant dire que notre dette publique est un sujet marginal dans le monde financier.
Ce que l’on constate cependant depuis la crise de 2008, et cela s’Accélère depuis les crises de 2020-2022, c’est un décalage considérable entre épargne, endettement public ou privé, et investissement.
C’est comme si les masses financières disparaissaient.
Ou, autre hypothése, étaient accumulées par des agents ne les employant pas dans l’économie.
Cette disparition est théoriquement impossible dans les manuels d’économistes sérieux, comme monsieur Aghion.
Elle est pourtant théorisée depuis les années 1920 par un économiste britannique, John Maynard Keynes, qui était opposé au systéme financier mis en place après la seconde guerre mondiale.

L’OCDE d’ailleurs en donne la clé dans son rapport 2025: Le rapport
« Depuis 2008, les émissions d’obligations d’entreprise ont connu une croissance nettement supérieure à leur niveau tendanciel, contrairement à l’investissement des entreprises. Le total cumulé des obligations émises entre 2009 et 2023 par des sociétés non financières dépasse de 12 900 milliards USD le niveau tendanciel observé avant 2008, tandis que l’investissement des entreprises était inférieur de 8 400 milliards USD. Bon nombre des emprunts contractés au cours des dernières années ont été utilisés pour financer des opérations financières telles que des refinancements et des versements aux actionnaires, plutôt que des investissements productifs. Il est donc peu probable que la dette existante se rembourse d’elle-même via les rendements des investissements productifs. «
Oui, vous avez bien lu: l’OCDE dit bien que les entreprises empruntent massivement pour rémunérer les actionnaires en plus des rendements des activités productives. Je vous en avais parlé ici : https://librechronique.net/2025/04/22/la-politique-de-loffre-a-remplace-limpot-par-la-dette-remunerant-la-rente-des-riches/
Et oui, l’OCDE reconnait que ces emprunts ne pouvant créer la valeur nécessaire à leur remboursement, soit les entreprises privées feront défaut, c’est á dire faillite, soit elles devront augmenter la pression sur le travail et la nature pour rembourser cette dette stérile.
On parle de potentiellement 20 000 milliards de dette privée qui a servi à rémunérer le capital, et qui, d’aprés l’OCDE, est pourrie.
Alors pourquoi nos économistes sérieux ne parlent que de la dette publique, et du coup, des coûts des retraites ?
Rappelons que oui, nous avons un problème en France – depuis öle gouvernement Sarkozy (encore lui) la retraite des fonctionnaires n’est pas financée. La réforme des retraites de Macron n’a rien réglé de ce problème, et sa gestion en 2024 l’a même grandement aggravé.
Mais ce problème peut trouver des solutions dans la production et avec la reprise de notre démographie.
Pour produire, et pour créer le cadre nécessaire à la croissance démographique, nous avons besoin d’investissements productifs, et donc de rendre coûteux les dettes privés pour rémunérer le capital.
L’un des outils, c’est la fiscalité sur les revenus du capital. L’Autre outil, c’est la confiscation des moyens de production si mal employés. Un troisième, c’est la rémunération du travail augmentée et protégée par la loi et l’autorité publique.
On comprend, en llisant ce que je viens d’écrire, la passion pour les diversions des économistes sérieux.
Quant aux mouvements politiques réduisant les enjeux économiques à des questions culturelles ou communautaires, on comprend à quel point elles sont à côté de la plaque.
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Édit :
Luc Petravinem (pseudonyme d’un ami connu dans la vraie vie) m’a pointé sur une incohérence dans les chiffres que j’ai donc corrigé.
Selon un autre calcul, celui de l’ONU, le montant de dette accumulée en stock c’est :
353 000 milliards (la France c’est donc moins de 1%)
D’après cet autre calcul c’est 90% du pib mondial pas 70% comme le publie l’OCDE.
D’après le FMI ce stock se décompose entre :
Entreprises non financières 97 400 milliards
Entreprises financières 70 000 milliards
Ménages 59 100 milliards
États et public : entre 91 et 100 000 milliards.



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