Le bal des ratés

Published on

in

Tous passent à confession : Bruno Le Maire, ancien ministre de l’économie et des finances, qui gouvernait pendant la période de record absolu de dette publique et de déficit des comptes, dit « on a pas fait ce qu’il fallait faire! »
Il promet, si on l’écoute, de faire ce qu’il fallait faire. Il promet du sang et des larmes aux français vivant de leur salaire.

François Villeroy de Galhau, directeur sortant de la banque de France, et par ceci, administrateur de la Banque centrale européenne, le regrette, après un mandat correspondant aux années Macron: « on a pas fait ce qu’il fallait faire aux dépenses publiques. »

Gabriel Attal, ministre du budget lorsque le budget 2024 fut préparé, premier ministre l’essentiel de son exécution, et responsable de la procrastination gouvernementale au moment des dérapages des comptes, lui aussi le dit « on a pas fait ce qu’il fallait faire ».

Pendant ce temps, dans le Figaro, FOG, qui a toujours défendu en matière économique et budgétaire le type de mesures prises par les gouvernements néolibéraux de destruction du droit du travail et de réduction des salaires, tout en voyant d’un bon oeil les exonérations de cotisations sociales patronales, se plaint, après 15 ans d’un tel gouvernement économique, que le résultat soit … »ultra socialiste ».

Le néolibéralisme ne marche pas.
Une étude scientifique publiée la semaine dernière a démontré que l’essentiel des doctrines et principes néolibéraux n’ont aucun fondement empirique.
Ce n’est pas la seule étude. En réalité, l’observation du réel économique et social depuis 25 ans aboutit à l’échec des politiques du marché, de libre échange, de compétitivité.

Mais nos doctrinaires, rappelant la droite libérale française d’il y a deux siècles, n’en démord pas : « il faut aller encore plus fort et encore plus loin que ce que nous avons fait ».

Et des choeurs d’éditorialistes applaudissent à ces mea culpa, proposant des lanières de cuir pour mettre en scène les flagellations, pendant que de riches milliardaires pris de compassion sont prêts à payer les indulgences.

Voilà l’état des réflexions du centre et de la droite en France.

Beaucoup se plaignent que la gauche « ne travaillerait pas », ne serait pas « au niveau », que le programme n’existerait pas (les insoumis prétendent eux avoir reçu les tables de la loi divine et portent leur programme en amulette magique, persuadés qu’elle protège de l’extrême droite).
C’est injuste : il y a plus d’idées novatrices, de solutions non essayées, de tentatives de penser le cadre nouveau d’action dans lequel nous vivons, dans les forums de débats des gauches que dans l’encéphalogramme plat des deux mouvements coalisés, macronisme et retailleauisme.

Le centre et la droite n’ont comme programme que de recommencer en plus fort ce qui a déjà échoué !

Obstination courageuse ou constance stupide en dépit du réel ?

Jean Jacques Rousseau écrivait dans la nouvelle Héloïse qu’il y avait sans doute plus de stupidité que de courage dans la constance.

Alors, la stupidité est aussi, d’après le philosophe italien Cipolla, une condition touchant des gens extrêmement intelligents. Il arrivait même à ce théorème selon lequel dans toutes les couches sociales, tous les groupes humains, et tous les niveaux de culture et d’intelligence, la proportion de gens stupides restait stable.

La stupidité se caractérise par le refus des résultats de l’expérience, et par le rejet du réel.

Jean Luc Melenchon, déjà trois fois éliminé au premier tour de la présidentielle, donné battu en second tour face à l’extrême droite avec 40 points de retard, est donc candidat pour une quatrième fois. On le savait déjà depuis fin 2022.
Mais il a officialisé.
Il y a dans cette volonté de la constance.

Ceci n’est pas écrit avec l’IA

Il y a de plus en plus de textes standardisés. La structure est comparable. Le récit et le développement suivent une logique stylistique et didactique normalisée.
On voit comment l’IA appliquée à l’écriture assèche les diversités d’expression. La formulation homogénéisée permet également les meilleurs résultats de mise en avant algorithmique.
On peut certainement demander à l’IA de singer les styles de Balzac, Hugo, George Sand, Sartre ou Houellebec. Un prompteur un peu cultivé pourrait certainement créer du nouveau.
Mais ce n’est pas ce que j’observe. Les contenus rédigés et corrigés avec l’IA ne créent pas de nouveaux styles, ne cherchent pas la surprise, la gène, la remise en question, ni ne proposent de diversions magnifiques ou de disgressions fantastiques.
Dans l’usage de tous les jours, les textes se ressemblent tous de plus en plus.

Nous somme le 4 mai

Je continue à jouer, tous les matins, avec le premier café, à un jeu vidéo tiré de l’univers Star Wars.
Manifestement, l’univers de cette franchise s’est considérablement développé. On me propose des personnages, des contextes, des histoires dont je n’ai aucune idée, étant resté aux trois trilogies du cinéma, et aux bande dessinées d’avant le rachat par Disney. Cade Skywalker n’existe pas dans ce jeu vidéo, mais l’ancien patron de l’église de games of thrones a survécu à l’explosion de la crypte pour devenir plusieurs millénaires plus tard un officier de l’empire.

Bref – May the fourth be with you.

Laisser un commentaire


Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

Abonnez vous

Recevez nos newsletter


En savoir plus sur Chronique Libre de l’Humanité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture