Je me souviens d’un débat intérieur, intime, j’avais vingt ans et j’entrais à l’IEP Bordeaux tout en préparant en parallèle une licence d’histoire à l’université.
Journalisme, ou l’agrégation d’histoire ?
Anne-Sophie Lapix, de ma promotion, choisit le journalisme. Un de mes amis proches de l’époque, Daniel Gilard, qui n’est pas à l’IEP, l’enseignement.
J’ai alors entendu le ministre de l’éducation nationale de l’époque annoncer un grand plan de recrutement et de revalorisation du métier. La démographie française restait robuste, la croissance de la population garantissait la croissance des besoins en éducation sur 20 ans au moins.
J’étais exalté. Je m’imaginais volontaire pour des zones difficiles, prioritaires. Je me prenais pour un hussard de la République.
Et puis, lorsque je commençais mes préparations des concours du CAPES et de l’agrégation, un autre ministre de l’éducation avait décidé de réduire le nombre d’enseignants.
La réduction des dépenses publiques, même n’importe comment, était plus importante que la croissance démographique constante et prévisible, puisqu’inscrite dans les naissances du jour.
J’étais médiocre étudiant, je l’avoue. Je n’ai jamais atteint l’oral des concours, et passé beaucoup de temps avec Pouria AMIRSHAHI et les camarades de l’UNEF-ID à combattre Alain Juppé.
Plus tard, j’ai décidé de suivre ma compagne, rencontrée dans un centre d’appels parisien à l’époque où j’étais précaire, intérimaire, dans les métiers du service téléphonique, elle avait trouvé son premier CDI à Berlin.
Pendant mes années précaires, poursuivies pendant deux années en Allemagne, je m’étais éloigné de la politique.
Il y avait des urgences très immédiates, comme lorsqu’au début d’une campagne présidentielle, une start-up met fin à mon contrat de Free lance par SMS avec deux semaines de préavis.
Pendant six ans, je ne suis pas encarté.
Et puis, un jour, rentrant d’une semaine d’entretiens infructueux à Paris, ayant voté le dimanche, puis joué aux échecs au jardin du Luxembourg – j’y avais aperçu Laurent Fabius s’y promenant – un SMS d’un ami parisien, militant communiste, me surprend à la descente de l’avion: Le Pen est qualifié pour le second tour!
Je me souviens manifester, à Berlin, y rencontrer Philippe Loiseau qui me fit re-rentrer au parti socialiste. J’y restais 14 ans d’engagement militant.
Je quittais le PS le matin du vote sur la déchéance de nationalité, il a dix ans.
J’étais déjà, depuis la ratification du traité budgétaire européen, en quasi dissidence, dans la première fronde avec Emmanuel Maurel Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj.
C’est donc une émotion quand même, au-delà du jugement sur une politique alternant des éléments positifs et des décisions catastrophiques, lorsque disparait un politique qui a été à quelques reprises à une conjonction de réflexion intime dans la vie personnelle.
Et puis, il avait cette image de rigueur protestante à laquelle la partie maternelle de la famille, calviniste et gaulliste, était quand même sensible.
Rip Lionel Jospin.
Lionel Jospin
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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA). Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/

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