La conquête du parti Républicain par le mouvement MAGA est indissociable de l’afflux massif d’un financement des milliardaires américains de ce même mouvement.
C’est en 2012 qu’un juge de la Cour Suprême a décidé que les personnes morales, au regard de la législation sur le financement politique, devaient être assimilées à des personnes physiques.

La cristallisation politique, la montée de l’extrême droite, et le succès de Trump sont indissociables de ce financement massif.
En 2024, les milliardaires américain ont représenté 17% des sommes investies dans la politique.
En 2008, c’était moins de 1%.
Bien évidemment, la propagande n’explique pas tout.
Un tel bouleversement politique conduisant à l’affaiblissement de la démocratie américaine au point que l’hypothèse d’une tyrannie n’est plus exclue est aussi la conséquence de politiques économiques et sociales pour les classes supérieures, sapant le soutien populaire à la démocratie.
L’échec des politiques « progressistes » clintoniennes s’est d’ailleurs répandu dans toute la social-démocratie européenne. La crise sociale commence lorsque les partis de centre gauche se rallient après la chute du mur de Berlin et la disparition de l’Union Soviétique au consensus néolibéral.
Elle est renforcée par un autre consensus : démocrates clintoniens et conservateurs « néoconservateurs » ont privilégié les politiques mercantiles, de bilateralisme et de puissance militaire, sur le système des organisations internationales et du droit international.
En Europe, la dimension puissance a été volontairement ignorée pour ne conserver que la dimension mercantile, où le libre échange est la seule boussole géopolitique.
La conséquence c’est le monde d’aujourd’hui.
La décision de 2012 a accéléré la mise en œuvre de moyens considérables par les classes milliardaires pour contrôler les médias et le débat public aux États-Unis.
Ces classes ont choisi Trump en 2016, ont eu peur en 2020 vu son rejet de la science, et l’ont de nouveau choisi en 2024 pour accélérer le pillage des classes moyennes et de l’Etat.
Leur cupidité n’a aucune limite – et est prête à voir des milliards d’êtres humains mourir dans des guerres si leur domination économique est perpétuée.
Et j’avais prévenu il y a plus de huit ans du scénario apocalyptique au cœur de l’idéologie ultra libérale des Technomilliardaires les plus réactionnaires.
Comme d’habitude, les pusillanimes du centre gauche européen ne m’avaient pas pris au sérieux.
On voit en Europe les mêmes évolutions sous d’autres formes que le financement politique direct. La concentration des médias est partout en Europe un problème critique, s’accompagnant d’une censure de plus en plus implacable des contenus progressistes.
Le numéro 2 de Revue L’Audace est aussi consacré à cette question : la censure.
Lisez le. C’est très riche.
Quant à la démocratie, en Amérique comme en Europe, on entre en période de résistance.




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