La crise, telle un rapace au dessus d’un champ de musaraignes, vole ses cercles au dessus de nous
Il y a de nombreux signes d’une crise financière globale.
Le problème de l’accumulation du capital par un petit nombre, c’est que le système financier global en est déséquilibré.
Les signes sont évidents aux Etats Unis : la valeur spéculative immobilière ne tient que par le volume de crédits des consommateurs. Si les crédits à la consommation se restreignent, ou l’emploi se dégrade, les défauts de paiement peuvent entraîner une crise immobilière et bancaire sur le modèle de la crise de 1987 voire celle de 2007.
Or, les marchés en action sont particulièrement volatiles avec une bulle technologique autour des valeurs de l’intelligence artificielle. Le taux d’intérêts de la dette d’Oracle s’est grandement dégradé, montrant une nervosité sur les investissements considérables en capacité de calcul et d’énergie et leur rendement potentiel. Le fondateur du groupe est par ailleurs engagé dans la bataille financière autour du groupe de médias et audiovisuel Warner, Larry Ellison menant la bataille idéologique des milliardaires réactionnaires contre les entreprises progressistes. On dit que c’est lui qui a convaincu Marc Benioff, longtemps parangon du capitaliste moral et progressiste à responsabilité sociale, de se convertir au trumpisme.
Il n’en reste pas moins que les projections prévoient des besoins en énergie pour les data center supérieurs à ceux de …l’état de Californie avec tous ses habitants.
Or les autres valeurs de l’IA sont également en période de volatilité.
Les sources de revenus des crypto monnaies et des bitcoin semblent également se ralentir. La compétition en accumulation de capital physique et financier avec l’IA est évidente. Les rendements peuvent s’abaisser.
C’est ce qui rend l’enjeu du contrôle de la banque centrale américaine encore plus critique qu’en 2024.
Le président Trump a besoin d’une politique de faible taux et de planche à billets pour maintenir un tant soit peu le système, quitte à faire porter aux Américains le coût de l’affaire avec l’inflation.
Le problème, c’est que sa géopolitique coûte en confiance et érode le « soft power » américain. Le privilège de l’économie américaine s’estompe, voit remettre en question sa place de dernier investisseur et consommateur de l’économie mondiale et par conséquent son garant monétaire.
Or, la Chine fait face à une déflation intérieure qui certes augmente les excédents commerciaux en réduisant fortement les importations, mais reflète une crise du crédit à la consommation, une crise larvée immobilière sur fond de baisse de la formation de capital fixe des entreprises. La Chine s’est en même temps massivement retirée de la dette publique américaine. Les liquidités s’accumulent, mais sans une politique d’investissement intérieur, c’est à dire de reprise des importations, la Chine va connaître la même misère que l’Allemagne depuis 2022.
Ce qu’il se joue c’est le choix de la direction politique chinoise de se préparer à une économie de guerre sans importations face à l’option de devenir l’économie de dernier ressort pour la zone Eurasienne, supplantant les États Unis qui annoncent se recentrer sur les continents américains.
l’Europe aurait ici une carte à jouer si elle sortait de sa myopie budgétaire court termiste.
L’épargne abondante peut être mobilisée pour une gigantesque reprise par l’investissement productif.
l’Allemagne, avec trois ans de retard, commence à dépenser en ce sens.
Un plan austéritaire français dans ce contexte serait contre-productif. Si le budget de la sécurité sociale a pu être corrigé, le budget de l’Etat dans sa forme actuelle est stupide.
Certes la « relance par accident » des macronistes a permis à la croissance en France de résister. Mais, pas planifiée, conséquence de l’incompétence fiscale, cette relance est trop chère et ne se refinance pas.
Le budget cependant n’a tiré AUCUNE leçon des bouleversements mondiaux, des risques futurs, des erreurs des années 2021-24.
On fait des erreurs évitables.
Je défends ici l’idée que nous pouvons prendre notre destin entre nos mains en investissant, en reprenant le contrôle de notre production. C’est aussi un moment volatile : des opportunités sont présentes. L’Europe, et la France, pourraient donner l’exemple d’une autre manière d’être moderne, performant, innovatif, mais aussi solidaire, créatif, imaginatif. Notre histoire et nos cultures nous donnent toutes les clés pour agir et non subir.
Cela demande juste du courage, et l’audace de tenter.



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