La réunification a 35 ans

Le peuple Est-allemand a été héroïque.
Il a vaincu, seul, une dictature communiste.

C’est, dans l’histoire allemande, le seul exemple d’une révolution réussie par le peuple.

Toutes les tentatives précédentes de renverser un pouvoir dictatorial ont échouées – la plus proche de réussir, en 1848, est écrasée dans le sang, poussant des millions d’allemands en exil, notamment vers les Amériques.

Mais en 1989, les Est-allemands obtiennent la chute du régime – d’abord, la chute du mur de Berlin en novembre, puis, fin décembre, celle du gouvernement, et des élections libres. En mars 1990, le premier gouvernement issu d’une élection démocratique libre est formé. Il négocie, conformément au mandat donné, la réunification.

Celle-ci est proclamée le 3 Octobre 1990 dans une fête que s’approprie le dirigeant d’alors de l’Allemagne de l’Ouest.

J’ai voyagé une première fois en Allemagne et en Europe de l’Est peu après – juillet 1991. Je me suis installé à Berlin 10 ans après la réunification, le 23 octobre 2000 je célébrerai par un apéro entre amis mes 25 ans dans la ville.

Mes amis est-allemands rencontrés dix ans après la réunification m’ont raconté tous la même histoire : celle d’une colonisation par l’Ouest.
Lorsque je suis entré au SPD, Wolfgang Thierse, ancien président du Bundestag, m’y a accueilli. Il m’a offert le livre rassemblant ses articles et discours des années 1990-1992.
Le titre : « Parler avec sa propre voix ».
C’est toujours un déchirement de le relire. Que de souffrances, de mépris, de dépossession, d’appauvrissement, de domination subie.

La violence de ce qui ressemble à une annexion fut considérable. L’héroïsme des Est allemands fut rapidement effacé de l’histoire. « Helmut Kohl, père de la réunification » et les allemands de l’Ouest s’emparant des ressources matérielles, financières, symboliques et politiques ont dépossédé les Est-allemands de leur histoire.

Aujourd’hui, c’est une caricature.

La fête des 35 ans de la réunification a lieu dans la région la plus occidentale d’Allemagne. Parmi les invités de l’Allemagne officielle, pas un seul Est-allemand.
L’invité d’honneur, Emmanuel Macron, avait douze ans lorsque les Est-allemands défiaient la police et les arrestations arbitraires.
Même Angela Merkel, née à Hambourg, et qui fut longtemps une militante des jeunesses communistes et une chercheuse appréciée du parti unique, trouve cela un peu exagéré.

Le salaire médian des Est allemands reste le plus bas d’Allemagne.

Et, dépossédés de leur histoire, de leur héroïsme, de leur autodétermination économique, ils se détournent également de la République fédérale allemande.
Le vote AfD flirte avec les 40%.

La Réunification fut un échec national.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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