L’argentine de Milei est le nouveau modèle.
Et bien regardons le modèle : c’est un modèle d’accumulation des richesses par une petite minorité heureuse.
Ah, le massacre à la tronçonneuse à bien réussi des victoires comptables : le budget est en équilibre, l’inflation record la première année, s’est effondrée.
Mais plus de la moitié des argentins vivent sous le seuil de pauvreté. Le salaire minimum est réduit, en dollars, de 40%.
L’argentine est aujourd’hui considéré comme le pays le plus cher d’Amérique latine.
Il n’y a qu’une minorité, un petit cinquième des argentins, qui gagnent bien leur vie et profitent d’une monnaie surévaluée pour faire du tourisme international.
Et les ressources fiscales et économiques du pays sont concentrés par les élites millionnaires et milliardaires.
Milei a été élu par des classes populaires exténuées par les logiques d’austérité mercantiles des décennies passées. La social démocratie argentines n’a pas été capable de réinventer un modèle car cela supposait des ruptures avec le système global de l’économie mondiale, et des „compromis“ datant de 30 ou 40 ans.
Trump applique en ce moment les mêmes politiques que Milei. C’est le triomphe du libertarisme ultracapitaliste.
Contrairement aux vieilles rhétoriques des partis de gauche en Europe, nous ne faisons plus face à un „néolibéralisme“.
Le camp libertarien change de dimension, et porte des convictions radicalement différentes du néolibéralisme.
Mais la gauche, radicale comme social démocrate, ne formule pas de vision capable de réconcilier les classes populaire avec la démocratie et de donner l’espoir d’une amélioration des conditions matérielles, sociales, et culturelles d’existence.
Les élites de ces gauches restent enfermés dans une analyse du monde sédimentée dans les années 1990.
Ainsi, alors que les droites européennes, dont certaines rêvent de mener les programmes de Trump et Milei, sont en train de changer de paradigme, les textes internationaux et économiques de la gauche européenne comme du Parti socialiste européen restent singulièrement bloqués dans le passé, trop soucieux encore des „postures“ nécessaires aux conflits de pouvoir internes ou aux différenciations électorales.
Bien évidemment, les médias concentrés par des milliardaires réactionnaires n’ont pas intérêt à donner de la visibilité aux forces nouvelles, aux réflexions anticipatrices, aux nouvelles analyses du monde contemporain venue de la gauche.
Cela n’aide pas non plus.
Cependant, l’alliance idéologique des pouvoirs autoritaires de Trump à Poutine, de Erdogan à Milei, suppose de désigner des ennemis.
L’Europe est l’ennemi idéologique, mais aussi économique.
La cheffe du gouvernement italien comme le chef du gouvernement hongrois croient peut être être „malins“ en donnant des gages idéologiques aux quatres puissances citées. Mais c’est l’Europe dans son ensemble qui doit être brisée.
Non pas seulement l’Union européenne, mais toute la tradition intellectuelle fondée dès le 16eme siècle dans l’humanisme européen, permettant le siècle de la raison et de la science, et le renversement des empires théocratiques aristocratiques.
L’Europe doit payer pour les crimes des élites monarchistes, autrices de la première colonisation, mettant en place le système esclavagiste, utilisant les ressources coloniales pour réprimer les révoltes de leurs propres peuples et les maintenir en servage, et ceux des élites bourgeoises marchandes capitalistes, autrices de la seconde colonisation, là encore pour réduire les salaires des classes populaires européennes, deporter les dissidents et les révolutionnaires le plus loin possible, et optimiser leurs gains.
Mais ce sont les classes populaires européennes les cibles ultimes.
La haute bourgeoisie européenne et la classe des milliardaires européens trouveront toujours leur place dans la mise en esclavage des peuples européens.
C’est pourquoi il faut bien regarder le monde sous un angle nouveau.
Il est bien dommage, qu’en France, les rideaux de fumée et les diversions sont multipliés. Le pays ressemble à un drogué psychotique, se battant dans la rue contre des ennemis imaginaires, effrayant les passants.
Pourtant, rarement aura t-on eu autant la nécessité du „Génie Français“ dans cette affaire !
Réveillons nous et secouons les parasites qui nous embrument de fièvre.



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