L’urgence en Europe, c’est reprendre le contrôle de notre économie.
Le problème européen, ce n’est pas le recours à une immigration du travail, qui n’est qu’un symptôme d’une erreur plus large.

Le problème européen, c’est d’avoir tout subordonné à l’idéologie de la compétitivité.
Car celle ci a un autre nom : la dévaluation.
Nous avons dévalué depuis plus de 20 ans nos salaires, nos services publics, nos investissements.
La valeur du capital, tel que la valeur du logement, a lui augmenté considérablement.
Le but était d’être compétitif pour vendre plus au reste du monde que ce que nous voulions acheter.
Cela s’est fait en réduisant nos capacités d’acheter, le prix du travail devant baisser.



Or, le monde a appris à produire ce que nous produisons, et à détester les philosophies morales et politiques inventées en Europe.
Nous ne sommes ni un partenaire commercial à la même hauteur, ni une puissance militaire respectée, ni un modèle intellectuel et culturel, nous devenons la nouvelle proie.

Au cœur de la sécurité européenne future se trouve d’abord un énorme effort d’investissement public.
Mais les classes politiques dominant les grands pays d’Europe n’en veulent pas. Myopes, soumises aux théories qui nous conduisent à un échec depuis 20 ans, incapables de se remettre en cause même face aux faits les plus brutaux, elles veulent continuer à servir une accumulation de capital stérile, vaine, morbide.

C’est cela la réalité en Europe.
Tous les peuples européens ont les mêmes intérêts. Chaque Nation en Europe est solidaire par sa situation géographique, son histoire, son héritage issu des Lumières.
Les europeens ont mené leur émancipation de religions obscurantistes, meurtrières en millions de victimes, de systèmes de féodalité les asservissant, de régimes autoritaires et héréditaires méprisant le droit et l’utilisant pour imposer les inégalités de naissance et de condition.
Mais le capitalisme a dévoyé ces lumières pour les transformer en bûcher où l’on brûla les âmes des esclaves, des peuples colonisés, et même, ultime crime, des juifs d’Europe.
L’Europe a créé un système pour ne plus asservir, la démocratie sociale, avec un État providence, acceptant la décolonisation, renforçant le système des organisations internationales.
Depuis les années 1970, des forces employant à tort le mot de „libéralisme“ ont cherché à détruire tout ce qui a été construit en 1945 pour empêcher le retour des fascismes, au nom des „énergies libres du capitalisme“, de la compétitivité, de la productivité, de l’efficacité.
C’est ce mouvement qui est à sa fin décadente.
Il est temps de revenir à une période de solidarité, de réconciliation entre européens, de reconstruction sur la base des philosophies de la raison.
Les États Unis sont perdus. Ils vont devenir le siège d’une pieuvre fasciste cherchant à détruire l’idée même de solidarité.
Mais les droites européennes sont tentées d’abandonner toute morale, tout sentiment chrétien, toute compassion, pour quelques billets verts et quelques jouissances du pouvoir.
L’agenda économique de la Commission européenne est catastrophique. Il est bâti sur les théories qui échouent de manière si éclatante, à la vue de tous, depuis que la guerre est revenu sur le sol du continent.

L’Europe n’a pas besoin de dérégulation et d’abandon supplémentaire à des lois du marché conçues pour un être humain amoral, égoïste, et immortel, c’est à dire, diabolique.
L’Europe a besoin d’un projet d’investissement commun, de l’abandon des bureaucraties myopes des ordoliberaux qui croient que l’état doit contrôler l’efficacité du marché à coup de normes, d’une mobilisation de l’épargne par emprunt, et la mobilisation des gains injustifiés des profiteurs de la guerre en Ukraine et de l’inflation par l’impôt confiscatoire sur les milliardaires.
Cette campagne de mobilisation doit reconstruire notre demande intérieure. Pour que les machines allemandes alimentent les industries françaises, et non chinoises.
Pour que les allemands puissent consommer de la haute qualité en vêtements et en nourriture française, et non du low cost Bengalais ou chilien.
En France, le budget adopté est le plus stupide de notre histoire depuis 1788.
l’effondrement des recettes en 2023 s’est accéléré en 2024 et ne s’arrêtera pas en 2025.
Car les recettes dépendent directement de la croissance.
Or, depuis 2023, d’après la plus récente note de l‘Insee, tant l’épargne ne s’investit pas, ni ne se consomme, que le pouvoir d’achat s’effondre.
Seule les dépenses de l‘Etat alimentent encore un peu la croissance.
Et, le pays cessant de produire pour lui-même, les importations continuent d’augmenter, obligeant le pays à s’endetter.
Et que va faire ce budget ? Casser le seul moteur de la faible croissance, peu faire pour les recettes, stopper les investissements, et ne rien faire pour la sécurité géopolitique du pays.
D’ailleurs, tant Barnier que Bayrou n’ont jamais parlé d’Europe.
Voilà le vrai enjeu.
Voilà où j’attends la gauche, et non dans les disputes de sexe des anges au sein de la coalition électorale actuelle. Le niveau intellectuel de nos actions et de nos débats, déjà si médiocres qu’à peine un tiers des français, depuis 2017, votent à gauche, baisse encore.
Je constate que celles et ceux qui partagent mes constats et mes solutions sont systématiquement silencés, tant dans les médias que par ces gauches médiocres.
Le triomphe de la folie n’est cependant pas inéluctable. Nous avons, dans notre histoire européenne, vaincu plusieurs fois la folie.
J’ai espoir.



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