Victor Hugo et Michel Barnier

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Victor Hugo a fait publier de son vivant « Choses vues », son journal.

C’est à bien des égards très semblable à un mur Facebook.

J’ai été fasciné par les pages qu’il écrit entre 1847 et 1852.

En 1847, Victor Hugo est un pair de France, c’est-à-dire, à 45 ans, un écrivain reconnu, riche, et intégré à l’élite aristocratique de la monarchie de Juillet.

Il est considéré d’ailleurs comme un monarchiste libéral social. Oui, il a lu le rapport du colonel Vuillerme sur la misère ouvrière, à l’origine de la première loi de limitation du travail des enfants, loi violemment combattue par les économistes libéraux français adeptes de la loi de Say.

En février 1848, le peuple français chasse le roi, établit un gouvernement provisoire auquel participent un ouvrier et un intellectuel socialiste, Albert et Louis Blanc.

En mai 1848, une première crise sociale provoque des émeutes. Louis Blanc s’exile. Victor Hugo est élu député du centre droit.

En Juin 1848, le peuple ouvrier se rebelle contre la fin d’une politique d’investissement public, fin qui l’envoie au chômage.

La répression est terrible, faisant des milliers de morts et de déportés dans des bagnes dans les colonies. Victor Hugo sera l’un des députés organisant la répression au nom de l’état de droit.

Et puis, au cours de l’année 1849, après avoir aidé un jeune homme prometteur à être élu président de la république au suffrage universel, un homme ayant écrit un livre sur la lutte contre la pauvreté et porteur du nom des Bonaparte, Victor Hugo bascule.

En 1850 il donne un discours puissant pour le suffrage universel, que l’assemblée bourgeoise veut réduire aux gens qui payent des impôts. Il prévient « enlever le bulletin de vote, c’est remettre le fusil aux mains du peuple ».

Il découvre aussi de plus en plus la misère sociale, et l’aveuglement de la bourgeoisie à celle-ci.

Il passe ainsi du centre droit à l’extrême gauche.

Le président de la république, Louis Napoléon, a un autre problème : l’assemblée n’est pas bonapartiste. Au lieu de s’appuyer sur les républicains, il s’appuie sur les monarchistes conservateurs. Son premier ministre est impopulaire, sa politique contrariée. En plus son mandat est limité dans le temps : il ne peut pas être réélu.

Le 2 décembre, le premier président de la république française élu au suffrage universel direct (masculin) lance un coup d’état.

Un nombre minoritaire de députés tentent d’organiser la résistance et de sauver la République.

Alors que Hugo écrit une proclamation déclarant le président factieux usurpateur, plusieurs députés se rassemblent devant une barricade pour empêcher la troupe de tirer.

Le député Alphonse Baudin tente de convaincre les ouvriers, mais ceux-ci se souviennent de juin 1848.

Il monte sur la barricade en leur disant « vous allez voir comment on va mourir pour 25 francs » le montant de l’indemnité parlementaire.

Un échange de tir a lieu, Baudin est frappé au coeur, meurt sur place.

Hugo part en exil, il ne reviendra que 19 ans plus tard.

La situation parlementaire de 2024 rappelle à quelques égards la situation de 1848.

On assiste d’ailleurs au même enfermement doctrinaire du centre conservateur. Il est à craindre que le président rêve de coup d’état institutionnel alors que le peuple, à 63% d’après le sondage du jour, souhaite sa démission.

Il n’y a pas de Victor Hugo aujourd’hui. Hugo et Louis Blanc deviendrons de grands amis en exil.

Michel Barnier a été déjà témoin, il y a 62 ans, de la dernière motion de censure votée en France. Le premier ministre qui l’a perds, Pompidou, lui mettra les pieds à l’étrier politique.

A l’époque, le gaullisme avait une ambition sociale, rêvait de cogestion dans les entreprises, défendait la souveraineté industrielle et militaire française, y compris en nationalisant des entreprises privées, et achevait la décolonisation. Le général de Gaulle était certes anticommuniste, mais il avait gouverné en 1944 avec des ministres communistes.

Aujourd’hui, ces idées gaullistes sont qualifiées d’extrême gauche.

C’est sans doute là où l’on comprends le drame des répétitions – grotesques disait Engels – de l’histoire.

Macron est grotesque, comme Naboleon, comme l’appelait Hugo, était grotesque comparé à son oncle.

Mais nous vivons dans un temps grotesque, et non de grands hommes, de grandes femmes.

Leon Gambetta se fera un nom en 1852 en défendant le journal qui voulait financer la tombe du député Baudin, journal attaqué par la justice impériale pour sédition.

Les grands noms de l’avenir sont sans doute déjà ici, présents.

Le destin nous les révélera bientôt.

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Bienvenue!

Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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