Cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de « bobinette », c’est a dire, de la tentation de réduire la politique à son incarnation.
Le presidentialisme est ainsi une maladie démocratique sérieuse, empêchant le débat public de se concentrer sur l’établissement de l’état réel de la France et des français, des propositions politiques, sociales et culturelles pour y remédier.
La crise de la cinquième République est arrivé à une phase cependant où même les campagnes de personnalités les plus rodées n’arrivent plus à détourner l’attention des problèmes matériels, économiques et sociaux.
La campagne Bardella, chargé de remplacer Le Pen depuis le printemps au vue de la très prévisible inéligibilité de l’héritière, fait pschittt.
Les tentatives de Mélenchon de redevenir central n’accrochent plus, alors que les débats de centralité de la question sociale et économique marginalisent la stratégie de milieux segmentés de LFI à gauche.
Le camp gouvernemental est lui-même moins un camp romain ordonné qu’un amas de gens se détestant entre eux, d’accord sur rien, unis seulement par la peur de payer leur juste part d’impôt si la gauche gouverne.
Ça se trahit, ça complote, c’est le palais de Byzance à la fin de l’empire ou Siegmarigen.
D’ailleurs, dans cette déliquescence de la droite et du centre, la seule action politique menée, c’est la « von Papenisation », l’alliance avec l’extrême droite.
On comprend que les baromètres des personnalités soient d’impopularité.
Mais les questions essentielles sont celles des politiques à mener pour résoudre les différentes crises enserrant le pays. Ce sont des choix non seulement philosophiques mais aussi très concrets, très matériel.
Est-ce que la classe bourgeoise aisée des grandes villes, et surtout de l’ouest de l’île de France, va continuer à profiter au maximum des richesses produites par le pays, ou bien les classes nombreuses, les masses disait-on autrefois, vont-elles enfin s’unir pour remettre leurs intérêts au coeur des politiques menées ?
On aura besoin dans l’affaire d’un volume de bourgeois repentant. C’est la difficulté : le bourgeois refuse même confronté aux faits, tout ce qui lui enlèverait de la fortune, du pouvoir, du prestige.
Alors qu’il impose aux autres classes d’accepter des baisses de pouvoir d’achat, de prestige, de sécurité, de natalité, par la force du lance grenade s’il le faut.
En Allemagne, la gangue des bobinettes enserre encore les partis.
Le parti le plus jeune, BSW, « Alliance Sahra Wagenknecht », est construit sur la notoriété de sa tête de gondole.
D’un agenda très matérialiste, le parti a dérivé depuis septembre sur une monomanie de la lutte contre la guerre en Ukraine, plus précisément contre la résistance ukrainienne.
Le projet a reconquis pourtant des votes de classes populaires sur les positions matérielles, économiques.
Remplacer le bouc émissaire de l’extrême droite, le migrant, par un nouveau bouc émissaire, me paraît plus que douteux.
Mais faiblesse de « l’infaillibilité de la cheffe », le parti n’a pas tenu de grand débat sur l’opportunité de cette stratégie.
L’extrême droite joue elle plusieurs gammes sur son piano dissonant.
Alice Weidel est la grande bourgeoise, mariée à sa femme depuis 20 ans en Suisse.
Höcke, c’est le néo-fascisme antiparlementaire qui trouve les classes populaires abandonnées par Schröder puis par Merkel.
L’extrême droite est cependant d’abord un écran de projection pour la revanche contre cette élite bourgeoise arrogante qui a profité de la globalisation et des excédents commerciaux, mais n’en a rien fait pour le pays.
La droite merkellienne s’est transformée pendant la cure d’opposition en parti libéral conservateur comme le fit l’ancien parti gaulliste en liquidant le gaullisme sous Sarkozy.
Merz, le perdant face à Merkel des années 2004-2006, est l’espoir d’une financiarisation de l’économie, d’une vente générale des atouts industriels pour transformer la richesse des familles propriétaires en capitaux internationaux, hors d’Allemagne.
Les classes moyennes aveugles au pillage a venir soutiennent un discours leur promettant des miettes du pillage.
Les écologistes, qui culminaient à 20% il y a 5 ans, ont été incapables de dépassé le cercle sociologique de leur électorat bigot de coeur pour ouvrir une perspective sociale.
Le grand favori de 2020, Habeck, écarté pour des raisons de genre plutôt que d’efficacité électorale en 2021, est le candidat tête de gondole, mais paraît déjà bien usé.
L’inflation énergétique a fait exploser toute compréhension pour les objectifs climatiques. Habeck n’a pas su formuler de solution protégeant les classes populaires.
Au SPD on ne se pose pas non plus de question politique.
Scholz le chancelier est impopulaire ? Remplaçons le par Pistorius, le populaire ministre de la défense.
Il n’a rien fait pour être populaire : c’est une surface de projection qui s’effacera dès qu’il confirmera la même ligne que celle de Scholz.
C’est l’illusion « Harris » qui pourtant a explosé dramatiquement en vol le 5 novembre.
Tant que le SPD ne rompra pas avec la règle d’or – idée imposée a l’origine par Schröder! – il ne pourra pas adresser la crise sociale, morale et culturelle des 40% d’allemand n’ayant rien vu des excédents commerciaux.
A quoi ça sert d’être excédentaire pendant 15 ans si c’est pour n’en rien faire, et pire, au Moment où la crise réclame de mobiliser des réserves, ne pas en avoir du tout !
La question n’est pas posée dans le débat allemand, les bobinettes occupent le terrain.
Bobinettes Franco Allemandes
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Bienvenue!
Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA). Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/

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