Le retour du moyen age

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Le saviez vous ?
Suite à une pandémie d’ampleur mondiale – le monde interconnecté de la Chine à l’Irlande, de Stockholm aux cités forestières du Benin des années 1340-1350 – la population de l’Eurasie et de l’Afrique du Nord est réduit d’un tiers, les cités de l’Afrique forestières abandonnées pour 400 ans.
L’impact de la peste noire sur les économies, les cultures, les représentations symboliques et religieuses, sont considérables. Dans plusieurs régions du monde, le développement d’un stage pré capitaliste est anéanti avec les êtres humains qui meurent de l’épidémie.
Le monde fait face à une pénurie de main d’œuvre, et en même temps, la chute de la production entraîne des crise d’inflation, de famines, et des guerres de subsistance. Des empires y trouvent la mort, d’autres en naissent.
Cette pandémie qui ravage aussi la France entraîne des accès d’antisemitisme, de xénophobie, et de chasse aux marginaux, aux déviants, aux nomades.
Elle inspire également des principes de lois économiques fondant une idée toujours aussi populaire aujourd’hui dans l’économie politique française, mais totalement fausse : le sans emploi, qu’il soit réduit à la mendicité ou non, a choisi de l’être, et il faut le sanctionner pour le mettre au travail.

Les édits contre les mendiants des années 1350-54 parlent très clairement du risque de voir les salaires augmenter après la mort de tant de main d’œuvre. Après l’épidémie, les ouvriers, les artisans, les journaliers saisissent bien que leur situation s’est améliorée dans la négociation avec leurs donneurs d’ordre. De nombreux édits de parlements et de villes libres témoignent des exigences des chefs de corporation, et l’augmentation des salaires ne paraît pas si coûteuse alors que nombre de donneurs d’ordre sont devenus plus riches suite aux héritages anticipés des propriétés de leurs parentèles emportées par la peste.
Mais cette situation de crise sociale inspire des mesures brutales pour :
1. Briser les corporations et empêcher les hausses de salaire
2. Mobiliser toutes les sources de main d’œuvre possible pour empêcher que les ouvriers et artisans imposent leur prix par la pénurie même de celle-ci.
Alors on va commencer à criminaliser les mendiants et les pauvres vagabondant d’une ville à l’autre.

Tous les textes, qui souvent doivent être édictés de nouveau car peu appliqués, démontrant également autre chose : les français, et ce ne fut pas le cas dans tous les pays d’Europe, sont attachés viscéralement à l’idée de solidarité, et ont une vision positive de l’aumône et de la charité pour soutenir celles et ceux qui vont moins bien. Dans une logique même de communion collective, l’existence de marginaux qui peuvent être également des criminels n’est pas vécue par le peuple comme une menace, mais comme une catharsis de la condition populaire. Après tout, le volé est souvent aussi le riche local, c’est-à-dire, un fonctionnaire corrompu, un noble vivant des corvées sur le grand nombre, un abbé ou une nonne ne payant pas le juste prix des travaux des champs. Et les nomades de l’époque apportent des nouvelles du monde, assurent un temps une distraction, tout en parlant les langages locaux.

Les édits anti mendicité voudraient que les français cessent de soutenir leurs compatriotes dans la misère.
Et bien les français ont toujours continué de soutenir leurs compatriotes dans la misère.

Les projets de réforme de l’assurance chômage s’appuient sur un discours sur les fraudes aux prestations, sur les chômeurs oisifs utilisant mal leurs allocations, car la consommation des pauvres est soumis au jugement des riches quand la consommation des riches est jugée l’acte d’un individu libre n’ayant aucun compte à rendre, sur l’abondance théorique de postes de travail contredite par les faits pratiques, et la théorie néolibérale, soutenue en France par Cahuc et Tirole, du choix conscient des chômeurs de ne pas travailler.
L’idée est également de contraindre le chômeur par les sanctions, les punitions, voire l’emprisonnement, à accepter des tâches, voire même à le condamner à du travail forcé, tout en empêchant une inflation salariale.

Strictement parlant, la réforme de l’assurance chômage de monsieur Attal est d’inspiration moyenâgeuse. C’est d’une bêtise crasse de reproduire une politique qui a démontré depuis plus de 650 ans maintenant son inefficacité, et son inadaptation complète aux problèmes de chômage, de pauvreté, et de dépendance aux aides sociales.

Alors comme en 1350, on va chercher des boucs émissaires.

Le drame de l’époque, c’est que le parti qui a le plus de députés de gauche à l’assemblée nationale a décidé que l’histoire de France n’était d’aucun enseignement, il y a même une députée pour affirmer que cette histoire n’existe pas, et qui reproduis le même discours que les pires réactionnaires en construisant une image de bouc émissaire sur le dos d’un conflit à 2000 kilomètre de la France, et que les français dans leur ensemble, s’ils ne sont pas membre d’un sous groupe racisé ou minoritaire, portent la culpabilité de leur propre histoire d’opprimés, les renversant en coupables. Ce faisant, ce parti jette aux poubelles les armes populaires qui ont permis ce fait historique unique en Eurasie : la libération d’un peuple par lui-même avec l’idée extraordinaire que cette émancipation a valeur universelle pour tous les peuples, toutes les races, toutes les religions de l’univers.
La première lutte contre une oppression, c’est celle qui culmine dans la Révolution française, et elle est fondée par l’universalisme.

Il n’en reste pas moins que ni le racisme néolibéral de Bardella ni le classisme opportuniste du corrompu Attal n’incarnent l’histoire et la conscience de la nation française.

Et c’est pourquoi les premiers ne réussiront pas, quand la flamme des seconds s’étiole déjà.

En 1353, une figure de rébellion contre l’ordre monarchiste absolu et dont la légitimité est d’abord populaire, Étienne Marcel, s’impose à Paris. Jean le Bon a en effet édicté non seulement des mesures, comme je l’ai mentionné plus haut, contre la prévoyance sociale pour les pauvres, mais aussi contre les corporations, en fixant arbitrairement un salaire inférieur à ce que les négociations pouvaient donner.
Un peu comme Macron ne supportant pas que la négociation sociale entraîne des accords plus favorables que la loi – ses gouvernements ont laissés des dizaine de branches maintenir des salaires minimums inférieurs aux minimums légaux, dans l’illégalité donc, sans sévir pendant des années, mais dès lors qu’un accord est plus favorable que la loi, le PDG voit son mandat non renouvelé – Jean le Bon veut casser les négociations de branche (les corporations) et importer de la main d’œuvre pour casser les salaires.
Or, en même temps, ce roi perd la guerre contre les anglais, est capturé, l’état doit s’endetter pour payer rançon.
C’est aussi un modèle répété tout au long de l’ancien régime, et du bonapartisme : des souverains perdent des guerres extrêmement coûteuses, et provoquent des endettements considérables, forçant des dévaluations, des impôts ne touchant que le peuple et la consommation, voire des faillites. La République n’a jamais fait faillite, quand tous les absolutismes ont ruiné la France.
Et Macron adepte de l’exécutif absolu que lui permet la cinquième république est aussi en train de nous ruiner.

La réponse du peuple français c’est la révolte : la jacquerie de Jacques Bonhomme et la révolte parisienne avec Étienne Marcel.
La noblesse saura corrompre des bourgeois pour liquider les troupes populaires révoltées et massacrer Étienne Marcel, mettant fin pour plusieurs décennies aux espoirs de contrebalancer le pouvoir royal par des assemblées où les non nobles et non ecclésiastiques seraient représentés.
Nul doute que le RN dans cette affaire est du côté des massacreurs des classes populaires – tout son discours est celui du légitimisme, son révisionnisme historique celui pardonnant aux Valois, aux Bourbons, laissant les Orléans aux macronistes.

Et bien ce n’est pas cela le peuple français.



Il y a une histoire du peuple français le réhabilitant, mais aussi le rendant plus conscient des illusionnistes le trompant, à écrire.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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