L’orgueil, assassin de nos démocraties

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Il y a six ans, je prévoyais que l’accord de grande coalition en Allemagne allait déboucher sur une poussée de l’extrême droite.
C’était sans prévoir la pandémie, ni l’inflation, ni la guerre en Ukraine.

Le SPD était alors à 18%, l’AfD à 14%. Depuis, c’est inversé.
Aujourd’hui, le SPD stagne à 15-16% au moins depuis août.
L’AfD montée à 23% après août est redescendue à 19% depuis la création d’un nouveau parti à gauche, BSW, mettant les questions matérielles au cœur de sa doctrine.

J’étais présent comme observateur au congrès fondateur de BSW le 27 janvier à Berlin

Le social libéralisme comme le « raisonnable » réformisme social europhile a complètement manqué les enjeux démocratiques de la cohésion sociale, en croyant se rallier à la « raison économique », en réalité les intérêts des bourgeois européens.
La facture, c’est l’abandon, conscient de la part du PS terranoviste dont Macron et en Marche fut l’héritier, mais aussi de la part de la droite gaulliste sociale, des classes populaires et des territoires à l’extrême droite.
On a vu cette évolution également en Allemagne, le SPD, la CDU, les Linke se concentrant sur les classes urbaines et les classes populaires des banlieues, abandonnant les classes ouvrières et les territoires à l’AfD et aux Freie Wähler – en Bavière, leur président est un antisémite négationniste, il est Vice Président de la région, en charge de l’économie.

Un sondage français mets le RN largement en tête des présidentielles et Le Pen vainqueur y compris face au centre droit. Hollande ne s’était pas représenté parce que des sondages le donnait en 2016 perdant au second tour face à Le Pen.

Et pourtant, alors que les partis commencent à peine à se mobiliser pour les Européennes, aucune trace d’autocritique, d’apprentissage des erreurs passées, de volonté de réforme sociale, de prise en compte des facteurs matériels.
On se dispute une semaine sur les excès sexuels d’une star, cinq jours sur une formulation malheureuse d’un chanteur ou d’un sportif. On évite les débats réels sur l’état de l’économie européenne.

Depuis que l’Europe se libéralise, et conclut des accords de libre échange, la croissance européenne décroche complètement de l’américaine.

Depuis que la France libéralise, mène des réformes de « compétitivité », le déficit du commerce extérieur saggrave et s’amplifie.

Et leur recette ? « Encore plus fort dans la même direction », prêts à jeter la démocratie à l’extrême droite, la croissance a la poubelle, le commerce extérieur aux abysses, pour ne pas avoir à reconnaître avoir eu tort pendant 25 ans.

C’est l’orgueil des classes dominantes europhiles qui tue la démocratie européenne.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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