l’Allemagne découvre l’inondation des petits paquets Chinois.
40 000 emplois ont déjà été détruits dans le secteur du commerce de détail, dit une étude citée par Le Spiegel.
Les pertes pour l’économie allemande seraient de plus de 3 milliards par an.
Pourtant, la moitié des consommateurs disent être prêts à acheter des produits comparables ailleurs que sur les plateformes chinoises. Un sur cinq serait prêt à payer plus.
L’inondation du marché européen est la conséquence d’un des totems les plus puissants du système de pensée allemand, un système en crise depuis 2019, mais dont les élites comme l’opinion n’arrivent pas à remettre en question.
La capacité du pays à accepter un changement radical de paradigme est faible – alors même que les faits s’accumulent, accablants, et l’opinion, de plus en plus, perd patience.
Le système en crise, que je vous décris en détail dans Revue « L’Audace » numéro 3, sortie le 1er juin en kiosques, a toujours subordonné les intérêts de la population allemande à la défense d’un niveau considérable d’excédents commerciaux.
l’Allemagne accumule des excédents pour eux-mêmes. Elle n’en fait rien. En tant que Nation, c’est pire : elle mène des politiques contre son peuple.
Le peuple allemand serait bien inspiré de réclamer une alliance européenne avec la France.
Mais les élites allemandes ne veulent surtout pas en entendre parler.
Les seuls gagnants sont quelques familles déjà très riches.
Le premier totem, c’est que la « compétitivité » est plus importante que tout.
Cela signifie en pratique que les allemands doivent se serrer la ceinture – depuis 23 ans.
A aucun moment, les « fruits de la prospérité » n’ont été redistribués.
Pour éviter des crises sociales, il était essentiel de maintenir un niveau de prix faible pour la consommation des classes populaires : baisser les standards de l’agroalimentaire, détruire la production agricole française, ouvrir les importations des producteurs de grande consommation à faible prix – discounters, Primark, etc.
Les prix devaient être maintenus bas et la qualité tout aussi basse.
L’inflation immobilière a été pourtant considérable sur la période.
Les classes accumulant par les revenus du capital ont complété le transfert de revenu national du travail vers le capital en faisant payer de plus en plus cher les logements des salariés. Il n’y a pas eu de mesure de défense des salariés face à la spéculation immobilière.
Le politique à refusé d’orienter la fiscalité pour réduire la spéculation immobilière et favoriser l’investissement productif en Allemagne et en Europe.
Bien au contraire : de nombreuses incitations poussaient à investir les excédents commerciaux hors d’Allemagne et d’Europe.
Les industriels allemands ont ainsi sacrifié les producteurs de biens de consommation, de textile, d’électronique grand public européens pour en échange accéder au marché Chinois.
Je me souviens du débat au salon du MIF Expo – Le Salon du Made in France avec Natacha Polony sur les plateformes chinoises en question – qui ont engagées des anciens ministres de Macron pour faciliter leur entreprise.
A voir ici: « Shein, peut-on lutter? »
Le débat en France a abouti à une loi « petits paquets » qui reste très en deçà des problèmes structurels. C’est un pansement mal posé sur un symptôme.
l’Allemagne réfléchit également à ce problème, mais le gouvernement et les élites économiques n’ont toujours pas compris les changements de paradigme nécessaires et rivalisent de « courage » en promettant « des coupes et des économies ».
Car voyez-vous – il faut encore baisser les coûts intérieurs pour exporter.
Alors, comme en France, on détruit le thermomètre : l’agence chargée de la protection des consommateurs est attaquée.
Alors que les classes populaires allemandes sont à l’os, cela bien sûr n’inspire qu’une chose : la démocratie est une escroquerie.
Or, une Allemagne tournant le dos à la démocratie pour choisir une « révolution nationale » n’est jamais une bonne nouvelle.
Il y aurait une alternative : un agenda de relance productive, captant les gains illégitimes des profiteurs de guerre, de pandémie, d’excédents commerciaux n’ayant jamais récompensé les peuples serrant les ceintures, pour financer la relance industrielle. Cela nécessite un contrôle des capitaux, des contrôles aux importations y compris dans les ports européens jouant aux étiquettes.
Cela nécessite une volonté très différente de celles tant des extrêmes droites que des « libéraux » européens.
Le gouvernement allemand se dispute pendant ce temps sur l’aide sociale, les arrêts maladie, et démonte un des secteurs qui fonctionnait encore : celui des énergies renouvelables et durables.
Et l’industrie automobile allemande annonce sortir enfin des véhicules électriques abordables – entre 7 et 10 000 euros – mais réservés au marché …chinois, et produits… En Chine.
l’Allemagne, entre 2003 et 2026, aura bien travaillé à s’auto dissoudre, et dans le processus, entraîner l’Europe avec elle.
(Image: L’auteur avec Natacha Polony au salon du made in France, tiré de la vidéo publié sur https://revue-laudace.fr )



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