Emmanuel Macron avait commencé son premier mandat par une attaque en règle des cortèges syndicaux du 1er Mai 2018.
Il n’y avait aucune logique ni proportionnalité lorsque les forces de l’ordre avaient organisé des nasses et des tirs de lacrymogènes sur les cortèges ordonnés et pacifiques des syndicalistes.
La violence s’était répandue dans tous les coins de Paris, et certaines villes de province.
Un salarié du parti présidentiel, accompagné d’un salarié de l’Elysée, avaient usurpé faire partie des forces de l’ordre, portant sans autorisation des badges policiers. L’un d’entre eux était armé. Ils s’étaient mélangés aux forces de l’ordre pour attaquer des manifestants et des passants sans discernement.
Alexandre Benalla et Vincent Crase ont depuis été condamnés définitivement à des peines jusqu’à trois ans de prison pour violences. Ils n’ont cependant pas passé un jour en détention.
La violence des forces de l’ordre ce jour là préfigurait la répression à venir contre le mouvement social et populaire des gilets jaunes. Elle aggravait une tendance engagée déjà sous François Hollande et Manuel Valls, avec Bernard Cazeneuve à l’intérieur.
Mais surtout, Emmanuel Macron voulait peu à peu attaquer le 1er Mai – et les quelques jours fériés subsistant, échappant à sa première loi de 2014. C’était un axe essentiel de sa politique de guerre contre les classes salariées.
Celles-ci devaient peu à peu être privées des capacités de s’occuper de leurs familles, de s’occuper de leurs enfants.
Pour empêcher les cultures revendicatives sur les lieux de travail, il fallait atomiser les salariés en les poussant au micro entrepreneuriat.
Pour empêcher la constitution de classes salariées éclairées et autonomes financièrement, il fallait transférer les bons emplois, bien rémunérés, de l’industrie et des activités productives vers des emplois mal payés, précaires, en horaires décalés, des métiers du service et la logistique. C’était tout l’enjeu – et le principal résultat – des CICE et autres « pactes de compétitivité ».
L’exonération des cotisations et les annulations d’impôts ont été concentrées sur les bas salaires.
Cela a créé une formidable opportunité financière pour des entreprises sans concurrence internationale, contribuant à la progression formidable de la rémunération des actionnaires.
En proclamant la politique de l’offre, Macron a également peu à peu rendu l’investissement productif moins rentable que la spéculation immobilière, renchérissant les coûts du logement pour tous les salariés de France, et en dégradant tous les services publics autour de ces logements.
Les dividendes et les rachats d’actions ont contribué à cette accumulation des revenus issus des salaires vers les plus grandes fortunes de France. Le taux de rémunération du capital en France explique en partie la faiblesse de l’investissement privé, notamment le choix des dividendes contre le réinvestissement en France, la délocalisation contre les emplois productifs en France.
En présentant son projet en février 2017, Macron expliquait que tout son programme serait financé par deux ressources : d’abord, la baisse des dépenses sociales, en « réduisant les allocations chômages » et les retraites. Ensuite, la libération des énergies étaient censée libérer de la croissance, permettant une progression des recettes fiscales et l’équilibre des comptes publics, et par conséquent, le désendettement.
C’est un fiasco : dette publique en hausse, déficit à 5 points de PIB, pauvreté en hausse malgré la baisse du chômage, grevant les budgets sociaux.
Jusqu’au bout, Macron aura tout tenté pour réformer retraites et allocations chômages au détriment des classes salariées.
Il a également choisi de mener des politiques face aux crises mondiales protégeant d’abord les revenus du capital et faisant payer le coût de l’inflation aux salariés.
L’un des résultats recherchés était la baisse de la démographie française.
Comparé à l’Allemagne, la France a dû, entre 1975 et 2015, investir 2500 milliards de plus pour former des françaises et des français.
l’Allemagne a choisi d’externaliser ce coût social – crèches, écoles, collèges et lycées, universités, pédiatres, coûts d’infrastructures sportives, associatives, culturelles – en important massivement de la main d’oeuvre déjà adulte.
La France avait jusqu’en 2015 la démographie la plus dynamique d’Europe – un formidable atout!
Mais les politiques anti familles, les mesures contre les mères seules en particulier, se sont multipliées dès la première loi Macron – votée par quasiment tous les actuels membres de la direction du PS.
En mettant les mères au travail le dimanche, en empêchant la solidarité générationnelle s’exprimant avec les grands parents, retraités en bonne santé, s’occupant des enfants pendant que travaillent leurs propres enfants, salariés adultes, en allongeant la durée de cotisation, en créant de nouvelles contraintes en horaires décalés, sans que les maigres salaires permettent une assistante maternelle, la politique macroniste a réussi à réduire les coûts sociaux liés à ce désir vital, faire des enfants.
Le désir d’enfants des femmes en France est à 2,2. La réalité, c’est 1,55. La principale raison de ce décalage récent – on était à 1,9 en 2015 – c’est les conditions matérielles.
Le fiasco de l’affaire Bennala a empêché le gouvernement de mener sa guerre au 1er Mai. Elle a aussi retardé les réformes institutionnelles, d’inspiration bonapartistes, que Macron voulait mettre en place. La révolte populaire de décembre 2018 va également ralentir le rythme de démolition de la République de ce président illiberal.
Mais, dans les dernières lueurs d’un crépuscule inévitable, la bête agonisante reste dangereuse.
Attal est l’acteur des dernières grandes réformes anti sociales et anti salariés du gouvernement Macron. Celle sur l’assurance chômage a pu être empêchée grâce à l’union des gauches au moment de la dissolution.
Attal trouve dans les dernières réformes un allié logique : le Rassemblement National.
Grâce au RN, Attal peut espérer mettre fin au jour férié du 1er Mai.
Grâce au RN, le gouvernement Lecornu passe des lois bien plus structurantes que le misérable budget.
Grâce au RN, Macron parachève son œuvre.
(photo: l’héritière d’une branche aristocrate bourbon séduit le supposé futur monarque. Un modèle qui n’a jamais bien tourné pour la France).



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