L’humanisme européen contre la corruption trumpiste

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Hier, dimanche 21 septembre, on célébrait l’anniversaire d’une personne qui m’est chère, mais aussi le jour dit « saint » de mon prénom, et la proclamation de la République, la première, la glorieuse, en 1792.

Cette amie avait invité des anciens collègues assistantes sociales sur le sujet des sans logis employées par l’association humaniste d’Allemagne.

Nous avons parlé d’humanisme, d’éthique, de responsabilité, de la situation sociale à Berlin et en Europe.
Nous avons parlé de l’humanisme à l’époque de Trump.

Trump me rappelle Henri VIII.

J’avais, il y a très longtemps, créé une page sur le triomphe de la raison « stupide » où je citais « l’éloge de la folie », le chef d’oeuvre satirique d’Erasme.

Car la lumière dans la nuit vient de l’humanisme européen, et non du supremacisme libertarien.

Le meilleur ami d’Erasme, Thomas More, fut conduit sur l’échafaud sur ordre de Henri VIII en 1535.
Il le fut sur une querelle religieuse liée à une manœuvre dynastique du Roi, mais en réalité, il est tué pour ne pas avoir montré une loyauté absolue au monarque.

Thomas More est notamment resté célèbre pour son « Utopie » où il critique le mouvement de privatisation des terres communes du peuple anglais par les aristocrates sociaux de s’enrichir avec l’élevage de moutons.

Les campagnes anglaises connaîtrons à plusieurs reprises la brutalité des colonisations intérieures, avec des famines faisant des centaines de milliers de morts, préfigurant d’ailleurs la colonisation des terres des natifs des Amériques sur le territoire actuel des États-Unis.
L’un des premiers épisodes, c’est pendant les Tudors.
Un autre épisode sera porté 130 ans plus tard, au même moment où les français ne veulent pas de l’absolutisme et se rebellent pour conserver leurs parlements, lorsque Olivier Cromwell engage la conquête génocidaire de l’Irlande pour gagner des terres aux grandes familles propriétaires et éleveurs.

Toutes ces années, il n’y a pas de « privilège blanc », et les gouvernants de sexe féminin sont aussi implacables que ceux de sexe masculin dès lors qu’il s’agit d’exploiter le travail des peuples européens, de les asservir, d’en réduire le nombre, d’en confisquer les terres.
La première des colonisations est intérieure à l’Europe.
La première décolonisation c’est celle opposant les peuples européens à ceux qui ont le contrôle du « récit national ».

Richard VIII est l’exemple parfait de la corruption inéluctable de l’exécutif absolu.

Il a été prêt à détruire le système judiciaire, les structures religieuses, les compromis politiques et sociaux pour imposer la bigoterie et la loyauté à sa personne.
Son règne est celui d’un arbitraire corrompu, amoral, avec la capitulation morale de toutes les élites de son époque, ou leur élimination physique.

L’humanisme européen naît dans une époque de bigoterie, de crimes au nom de l’intégrisme religieux, de crimes contre des peuples au nom de l’exploitation économique : Amériques, Irlande, campagnes anglaises et écossaises, terres slaves de Silésie, révolte paysanne du Sud de l’Allemagne écrasée dans le sang de 200 000 victimes, Pologne et Ruthénie.
C’est la réaction aux contre réactions.

La corruption d’Henri inspire également les mouvements puritains.
Des bigots opposés à toute tolérance, toute liberté, s’exilent d’ailleurs : les familles à bord du Mayflower quittent une Angleterre qu’ils jugent trop libérale en 1620 pour s’installer en Amérique où ils comptent bien pouvoir persécuter et tuer les dissidents.
Leurs premiers actes consistent à exécuter des Quakers, « hérétiques », à brûler des femmes « sorcières », et à massacrer les peuples natifs qui les avaient sauvés, Thanksgiving étant ainsi la fête la plus hypocrite de l’histoire de l’humanité.

L’humanisme européen, avec Rabelais et Montaigne en France, va pourtant inspirer une autre création positive de la civilisation européenne : les Lumières.

L’universalisme humaniste européen va également créer l’espace théorique et pratique de dépassement par les peuples européens des structures d’oppression politique et juridique, fiscales et militaires, religieuses, des sociétés aristocrates.

Ce sont ces cadres intellectuels qui resterons ceux permettant aux peuples soumis par les bourgeoisies européennes, à l’invitation des monarchies et des empires, qui ont cru se sauver en colonisant et en exploitant des mains d’oeuvres esclaves, de mener leurs propres luttes d’indépendance.

La tension n’a jamais été entre des civilisations.

Il n’y a pas de choc des civilisations.

Il y a le choc des intérêts économiques et des appropriations symboliques dans les écosystèmes que produit l’activité humaine.

Leur résolution ont deux grandes catégories : la violence corruptrice d’une minorité, toujours génocidaire en fin de compte, ou la souveraineté du plus grand nombre, organisé par les constitutions parlementaires, ferment de paix sociales et de débats civilisés.

Trump est ouvertement pour la domination féodale, par la violence brutale, la corruption, la loyauté absolue, et l’élimination des dissidences. Il n’a aucune morale.

Je suis dans l’autre camp, dont on décapite souvent les dirigeants, surtout au début des régimes illégitimes, mais dont les idées sont toujours vainqueurs à la fin.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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