A propos d’économie de guerre et de son financement : en temps de paix, cela ne fonctionne qu’avec un programme de redistribution, soit par des hausses de salaires soit par la consolidation des systèmes sociaux.
C’est exactement le type d’économie que Keynes a pu mettre en place, et ce, dans sa version originelle.
Contrairement à Hayek ou Friedman, Keynes a été en position de prendre des décisions structurelles face a des crises mondiales – et ça a marché.


Voir sa biographie sur Hérodote pour comprendre ses actions
L’une des composantes, c’est l’augmentation de la fiscalité du capital et des hauts revenus, car la puissance financière doit être mobilisé dans l’espace géopolitique de référence.
L’impôt,l’emprunt, et des formes de contrôle de la circulation des capitaux sont les trois outils inévitables.
Aujourd’hui, l’Europe est en excédent commercial. C’est a dire que l’Europe consomme moins que ce qu’elle produit. La différence, c’est de l’épargne accumulée.
Celle-ci finance … des investissements aux Etats Unis.
Si les Etats Unis sont une économie prospère avec des déficits commerciaux et budgétaires abyssaux, c’est qu’ils attirent les investissements des régions excédentaires dans leur commerce avec eux.
Si l’Union Européenne veut construire des fonds d’investissement dans la défense et les infrastructures de 800 milliards, si l’Allemagne veut briser la règle d’or et construire des fonds d’investissement de 500 milliards pour les infrastructures et 1 point de PIB pour la défense, la recette économique est à l’inverse de ce que le président français, hier, a dit à la télévision.
L’énorme épargne accumulée en Europe doit être mobilisée et donc rester en Europe.
Il y aura sans doute des rapatriements de capitaux à faire des investissements – perdants – dans des zones se déclarant adversaires des valeurs universalistes et démocratiques nées en Europe.
Ce changement de paradigme est en train de percer – difficilement – en Allemagne, en Autriche.
Contre le risque fiscal et idéologique, les editocrates de la droite française sont vent debout contre notre état providence.
Ils croient qu’il est possible de mener un changement à 180 degrés de nos politiques sans soutien populaire.
C’est là la preuve qu’une partie des élites derrière LR et Attal vont préférer Trump à l’union européenne dès lors qu’on va mobiliser leur épargne – par l’impôt, l’emprunt obligatoire et le contrôle des capitaux.
Nous devons dans ce contexte affirmer la force d’un socialisme keynésien de reconstruction.
C’est celui qui a permis de vaincre le nazisme et de reconstruire un espace démocratique en Europe de l’ouest.
On a la preuve que ça marche.
Les recettes de Macron, c’est du Flandin, ministre des finances et président du conseil des années 1930, représentant du centrisme libéral qui rejoindra Pétain en 1940, du Laval de 1935, ça a échoué.
C’est pourquoi le discours des Attal, des Bernard Arnault, des Bouzou, sur le « nécessaire » sacrifice de l’état providence « à l’effort national » est la recette de la débâcle de 1940.
On ne peut pas mener une transformation complète sans soutien populaire.
Tous ceux qui prétendent que « l’état de nos finances publiques ne permettent pas de financer notre transformation sans sacrifier la sécurité sociale » et « mais il ne faut surtout pas toucher aux impôts des riches et des entreprises » sont des traîtres et méritent d’être traités comme tels.


Laisser un commentaire