La jeunesse française

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Voici le receuil de mes chroniques concernant le mouvement de la jeunesse française depuis le 28 septembre 2026. J’ai à de trés nombreuses reprises critiqué à quel point le macronisme se sera détourné de la jeunesse française, et consciemment sacrifié l’avenir de la Nation à l’accumulation du capital. Il n’a pas seulement désorganisé l’Education et affaibli les enseignants, il a aussi poussé la démographie à s’effondrer. Qu’à la fin, la jeunesse sacrifiée se rebelle est légitime, prévisible, et souhaitable.

28 septembre:

Accord avec Emmanuel Maurel: « La jeunesse n’a pas toujours raison, mais le gouvernement qui la frappe a toujours tort. » François Mitterrand. Les images de lycéens malmenés lors des mobilisations sont profondément choquantes. On répond à la jeunesse par le dialogue, certainement pas par les coups.“

14 octobre

La presse allemande avait repris sans analyse critique le récit du gouvernement français sur les Gilets jaunes.

Après le mouvement contre la réforme des retraites, la finale de la ligue des Champions, ou les images désastreuses de Sainte Soline, la presse internationale dont celle en Allemagne a commencé à s’interroger sur les méthodes de maintien de l’ordre et la violence systématique.

La violence disproportionnée contre des lycéens – des enfants de 14 à 18 ans – choque l’opinion des pays encore démocratiques. 

l’Allemagne, ici le Spiegel, reconnaît enfin ceci : si la France a un problème de violence, la police est partie du problème.

« Désescalade et proportionnalité sont des concepts étrangers à la doctrine de la police », souligne le Spiegel, qui critique vertement le ministre Nunez.

« La France utilise comme outil standard de contrôle des foules les gaz lacrymogènes – une méthode impensable en Allemagne.

Que ce soit pour disperser un blocus devant un lycée, disperser des gens à la terrasse d’un café penDes journalistes ont tenté de vérifier les déclarations du ministère de l’intérieur parlant de plus de 700 blessés dans les forces de police.

Il n’y a pourtant quasiment pas d’interruption du temps de travail délivré. Il n’y a pas d’hospitalisation. Il n’y a pas de rapports d’opérations chirurgicales nécessaires. 

Il n’y a pas de rapports médicaux sur des blessures traitées par des médecins ou des infirmiers.

D’après la définition officielle des « blessures », cela inclurait tous les policiers incommodés par …leurs propres gaz lacrymogènes, ou victimes de bleus en portant leur équipement.

Mais ça sert à faire croire que la mobilisation d’une classe d’âge – qui défie une société construite pour la jouissance de leurs grands-parents – est en réalité un charivari de méchants anarchistes manipulés par les insoumis, une foule de petroleuses et de vandales voulant détruire la propriété publique, un masse de manants possédés du diable que l’on conduira au bûcher.

C’est toujours la même propagande. Elle était déjà utilisée en …1524 contre la révolte des paysans du Sud de l’Allemagne (200 000 civils massacrés). 

dant Corona ou canaliser une foule de supporters de football, la police diffuse des gaz lacrymogènes, y compris sur des enfants et leurs parents. »

Le journaliste a rappelé en introduction les amputations, les yeux arrachés ; il a rappelé les avertissements de l’ONU.

Il constate « dans une culture politique autoritaire et étatique, le citoyen est une menace. Potentiellement un ennemi de l’Etat ».

« Dans un tel système, les représentants de l’État ont toujours raison, même lorsqu’ils se trompent. »

Le journaliste poursuit : « un État incapable de supporter la critique est également incapable de s’améliorer. C’est aussi ce qui explique l’état déplorable des services publics, des écoles, des hôpitaux, dans la justice. »

Sa conclusion est imparable :  » un État qui réagit à toute revendication par la violence fait diversion des revendications pour thématiser la violence en elle-même. »

Et déplore qu’il faut des blessés graves, des mains arrachées, pour que les revendications légitimes des lycéens voient un début de réponse avec 3000 enseignants auxiliaires mobilisés. Voir moins

SPIEGEL.DE

Le SPiegel met en cause la violence de la répression

11 octobre

Des journalistes ont tenté de vérifier les déclarations du ministère de l’intérieur parlant de plus de 700 blessés dans les forces de police.

Il n’y a pourtant quasiment pas d’interruption du temps de travail délivré. Il n’y a pas d’hospitalisation. Il n’y a pas de rapports d’opérations chirurgicales nécessaires. 

Il n’y a pas de rapports médicaux sur des blessures traitées par des médecins ou des infirmiers.

D’après la définition officielle des « blessures », cela inclurait tous les policiers incommodés par …leurs propres gaz lacrymogènes, ou victimes de bleus en portant leur équipement.

Mais ça sert à faire croire que la mobilisation d’une classe d’âge – qui défie une société construite pour la jouissance de leurs grands-parents – est en réalité un charivari de méchants anarchistes manipulés par les insoumis, une foule de petroleuses et de vandales voulant détruire la propriété publique, un masse de manants possédés du diable que l’on conduira au bûcher.

C’est toujours la même propagande. Elle était déjà utilisée en …1524 contre la révolte des paysans du Sud de l’Allemagne (200 000 civils massacrés). 

7 octobre

Je me souviens, j’avais quinze ans, j’étais furieux des ministres de droite, complaisamment repris par les journalistes et éditorialistes de plateaux télévision, qui parlaient des « violences lycéennes » et des « saccages inacceptables ».

Le mouvement que je vivais n’était pas structuré par la violence, ou des saccages. Et je ne comprenais pas pourquoi des dégâts marginaux quant à la masse de notre mobilisation prenaient tant d’ampleur.

Et puis, les ancêtres des BAC ont été lâchés par le ministre Pasqua, et un étudiant qui ne participait pas au mouvement, un jeune pacifique, tué à coups de matraques.

Alors les manipulations actuelles, les « lycées incendiés », les accusations sur un mouvement politique comme « le manipulateur de la jeunesse », j’ai été, très heureusement, vacciné contre cette propagande il y a 40 ans.

6 octobre

La presse internationale est choquée par la répression du mouvement social des « cancrelats » en Inde, 200 arrestations sans raison.

La presse internationale est sidérée par la violence de la répression et le nombre d’arrestations dans la jeunesse française, plus de 7000 arrestations la plupart sans raisons.

Je me demande : est-il possible que l’appareil repressif se préparait à un mouvement, mais en mai 2027?

Est-il possible que la violence actuelle, largement illégitime et déclenchant déjà des enquêtes – par exemple lorsque deux professeurs tentant de faire rentrer des élèves pour reprendre les cours se font tabasser par les CRS, par exemple lorsque des véhicules de police chargent les jeunesses renversant un enfant de 14 ans, par exemple lorsqu’un jeune se tenant à l’écart des manifestation voit son visage fracassé par un tir à 2,5 mètres, par exemple lorsque des grenades explosives sont utilisée contre des enfants, mutilant un enfant de 15 ans – soit celle qui s’était prévue en cas de manifestations spontanées un mois de mai futur? 

Macron et ses gouvernements ont détruit la police judiciaire. On ne fait plus d’enquête, on n’élucide plus de crimes, en France. Le commissaire Maigret, c’est fini. Les enquêteurs ont vu les cadres du maintien de l’ordre concentrer les primes, les promotions, les avancements de carrière, les investissements dans les moyens techniques. Pendant ce temps, Macron et ses ministres de l’intérieur ont détruit le recrutement, la formation, les carrières de ceux qui arrêtent les malfrats et leurs chefs mafieux.

La police d’aujourd’hui est bâtie pour le « maintien de l’ordre » militarisé. Elle ne sait plus combattre des réseaux de trafiquants de drogue, elle sait charger, frapper et arrêter des lycéens inquiets pour leur avenir.

Et les éditorialistes s’en félicitent, croyant tenir là la preuve de « l’ordre » lorsque les crimes restent en réalité impunis.

Combien de ces bourgeois se droguent, consomment des trafics d’êtres humains, évitent illégalement l’impôt, ont profite des réseaux pedophiles, pour préférer la matraque à l’enquête? 

6 octobre

71 % des parents de lycéens sont d’accord avec les revendications des lycéens.

55% des français, dont 58% des électeurs du RN, aussi.

Les seuls qui ne sont pas d’accord, et qui dominent tous les plateaux, sont en réalité proches du macronisme, de la droite, de l’extrême droite « compatible ».

BFMTV : « Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 55% des Français approuvent la mobilisation des lycéens et 72% estiment leurs revendications légitimes. »

5 octobre

Je ne sais plus qui disait que le fascisme commence par la mort de l’empathie.

Les commentaires sur ce que des enfants subissent en ce moment en France par refus d’ouvrir un chemin de dialogue, par refus même de permettre l’expérience heureuse de s’organiser en citoyens, sur nombre de réseaux et de médias de presse, sont, en ce sens, fascistes.

Il en est de même de ces politiques hurlant, comme Valérie Pécresse ou la plupart des macronistes, pour enlever la qualité d’êtres humains – dignes – à ces enfants.

C’est ainsi qu’on comprend pourquoi la bourgeoisie se félicitait qu’en mai 1871 on fusille des enfants et des femmes enceintes.

Je serai toujours dans ces affaires du côté de Victor Hugo.

 » Les fusillés

Victor Hugo

Guerre qui veut Tacite et qui repousse Homère !

La victoire s’achève en massacre sommaire.

Ceux qui sont satisfaits sont furieux ; j’entends

Dire : — Il faut en finir avec les mécontents. —

Alceste est aujourd’hui fusillé par Philinte.

Faites.

Partout la mort. Eh bien, pas une plainte.

Ô blé que le destin fauche avant qu’il soit mûr !

Ô peuple !

On les amène au pied de l’affreux mur.

C’est bien. Ils ont été battus du vent contraire.

L’homme dit au soldat qui l’ajuste : Adieu, frère.

La femme dit : — Mon homme est tué. C’est assez.

Je ne sais s’il eut tort ou raison, mais je sais

Que nous avons traîné le malheur côte à côte ;

Il fut mon compagnon de chaîne ; si l’on m’ôte

Cet homme, je n’ai plus besoin de vivre. Ainsi

Puisqu’il est mort, il faut que je meure. Merci. —

Et dans les carrefours les cadavres s’entassent.

Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;

Elles chantent ; leur grâce et leur calme innocent

Inquiètent la foule effarée ; un passant

Tremble. — Où donc allez-vous ? dit-il à la plus belle.

Parlez. — Je crois qu’on va nous fusiller, dit-elle.

Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;

C’est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.

Là des tas d’hommes sont mitraillés ; nul ne pleure ;

Il semble que leur mort à peine les effleure,

Qu’ils ont hâte de fuir un monde âpre, incomplet,

Triste, et que cette mise en liberté leur plaît.

Nul ne bronche. On adosse à la même muraille

Le petit-fils avec l’aïeul, et l’aïeul raille,

Et l’enfant blond et frais s’écrie en riant : Feu !

Ce rire, ce dédain tragique, est un aveu.

Gouffre de glace ! énigme où se perd le prophète !

Donc ils ne tiennent pas à la vie ; elle est faite

De façon qu’il leur est égal de s’en aller.

C’est en plein mois de mai ; tout veut vivre et mêler

Son instinct ou son âme à la douceur des choses ;

Ces filles-là devraient aller cueillir des roses ;

L’enfant devrait jouer dans un rayon vermeil ;

L’hiver de ce vieillard devrait fondre au soleil ;

Ces âmes devraient être ainsi que des corbeilles

S’emplissant de parfums, de murmures d’abeilles,

De chants d’oiseaux, de fleurs, d’extase, de printemps !

Tous devraient être d’aube et d’amour palpitants.

Eh bien, dans ce beau mois de lumière et d’ivresse,

Ô terreur ! c’est la mort qui brusquement se dresse,

La grande aveugle, l’ombre implacable et sans yeux ;

Oh ! comme ils vont trembler et crier sous les cieux,

Sangloter, appeler à leur aide la ville,

La nation qui hait l’Euménide civile,

Toute la France, nous, nous tous qui détestons

Le meurtre pêle-mêle et la guerre à tâtons !

Comme ils vont, l’œil en pleurs, bras tordus, mains crispées

Supplier les canons, les fusils, les épées,

Se cramponner aux murs, s’attacher aux passants,

Et fuir, et refuser la tombe, frémissants ;

Et hurler : On nous tue ! au secours ! grâce ! grâce !

Non. Ils sont étrangers à tout ce qui se passe ;

Ils regardent la mort qui vient les emmener.

Soit. Ils ne lui font pas l’honneur de s’étonner.

Ils avaient dès longtemps ce spectre en leur pensée.

Leur fosse dans leur cœur était toute creusée.

Viens, mort !

Être avec nous, cela les étouffait.

Ils partent. Qu’est-ce donc que nous leur avions fait ?

Ô révélation ! Qu’est-ce donc que nous sommes

Pour qu’ils laissent ainsi derrière eux tous les hommes,

Sans un cri, sans daigner pleurer, sans un regret ?

Nous pleurons, nous. Leur cœur au supplice était prêt.

Que leur font nos pitiés tardives ? Oh ! quelle ombre !

Que fûmes-nous pour eux avant cette heure sombre ?

Avons-nous protégé ces femmes ? Avons-nous

Pris ces enfants tremblants et nus sur nos genoux ?

L’un sait-il travailler et l’autre sait-il lire ?

L’ignorance finit par être le délire ;

Les avons-nous instruits, aimés, guidés enfin,

Et n’ont-ils pas eu froid ? et n’ont-ils pas eu faim ?

C’est pour cela qu’ils ont brûlé vos Tuileries.

Je le déclare au nom de ces âmes meurtries,

Moi, l’homme exempt des deuils de parade et d’emprunt,

Qu’un enfant mort émeut plus qu’un palais défunt

C’est pour cela qu’ils sont les mourants formidables,

Qu’ils ne se plaignent pas, qu’ils restent insondables,

Souriants, menaçants, indifférents, altiers,

Et qu’ils se laissent presque égorger volontiers.

Méditons. Ces damnés, qu’aujourd’hui l’on foudroie,

N’ont pas de désespoir n’ayant pas eu de joie.

Le sort de tous se lie à leur sort. Il le faut.

Frères, bonheur en bas, sinon malheur en haut !

Hélas ! faisons aimer la vie aux misérables.

Sinon, pas d’équilibre. Ordre vrai, lois durables,

Fortes mœurs, paix charmante et virile pourtant,

Tout, vous trouverez tout dans le pauvre content.

La nuit est une énigme ayant pour mot l’étoile.

Cherchons. Le fond du cœur des souffrants se dévoile.

Le sphinx, resté masqué, montre sa nudité.

Ténébreux d’un côté, clair de l’autre côté,

Le noir problème entr’ouvre à demi la fenêtre

Par où le flamboiement de l’abîme pénètre.

Songeons, puisque sur eux le suaire est jeté,

Et comprenons. Je dis que la société

N’est point à l’aise ayant sur elle ces fantômes ;

Que leur rire est terrible entre tous les symptômes,

Et qu’il faut trembler, tant qu’on n’aura pu guérir

Cette facilité sinistre de mourir. »

Victor Hugo

L’année terrible, Michel Lévy frères, 1872

Poetica, copyright © 2008-2026. Tous droits réservés. ISSN 2649-2180. Voir moins

5 octobre 

Non, mais franchement… 

Un policier soupçonné d’agression sexuelle sur une adolescente arrêtée à Metz en marge des manifestations

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie après la diffusion d’une vidéo montrant un policier en civil semblant toucher les cheveux et la poitrine d’une jeune fille qui avait été interpellée à Metz, a-t-on appris mardi auprès du parquet. Ces soupçons de pédocriminalité s’ajoutent à dix autres enquêtes déjà ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement lycéen.

5v octobre

La presse allemande, ici le quotidien de gauche TAZ, n’achète pas le récit gouvernemental français et dénonce la violence de la répression comme les tentatives de discréditer la jeunesse.

3 octobre

Les jeunes demandent des profs dans les classes, de l’orientation, des rénovations.

Le gouvernement envoie les forces de maintien de l’ordre avec des consignes plus dures encore que pendant les gilets jaunes et le mouvement contre la réforme des retraites.

Un conflit social l’année où le centre programme la survie de ses intérêts économiques avec la victoire de l’extrême droite ne peut pas connaître de mouvement social apaisé ou victorieux. Ils cognent durs.

C’est ce que je vous dis depuis des mois, des années : le macronisme a commis un crime contre la Nation en refusant d’investir et faire confiance dans la jeunesse française.

Et le RN, prétendument nationaliste, est d’accord pour taper sur la jeunesse française.

Car la seule jeunesse qu’ils tolèrent, c’est celle des faux martyrs qu’ils mettent en scène.

Les violences, les témoignages se multiplient, démarrent de policiers, de policiers en civils mêlés aux étudiants, de gens qui ne sont pas lycéens, et se poursuivent avec la police chargeant et frappant les jeunes.

Leur revendication n’a rien de subversif ou révolutionnaire: il s’agit de bien étudier pour pouvoir être un bon salarié, productif.

Mais la subversion consiste à refuser l’ordre financier. Quoi? Moins de dividendes pour financer l’école ? Plutôt vous arracher les mains.

Le macronisme, soutenu dans l’affaire par le RN, est criminel. 

2 octobre

J’avais rappelé ce texte de Jean Jaurès, écrit en 1889, il y a deux mois.

Quelle actualité de ce texte, dans le contexte du mouvement de la jeunesse française !

Chronique Libre de l’Humanité

août 6, 2026

L’analyse que fait le jeune Jean Jaurés, il a 30 ans, en 1889 du capitalisme des « barons » est étonnamment actuelle et pertinente pour parler du capitalisme des « techno-barons ».

Lisez, c’est très actuel.

« Il y a tous les commerçants, petits ou moyens, qui sont ou dévorés ou menacés par les grands magasins ou leurs succursales ; ils sont destinés, un jour ou l’autre, au moins pour une grande part, à être de simples employés dans d’immenses organisations commerciales alimentées par d’énormes capitaux.

Ils y seront ou caissiers, ou comptables, ou voyageurs, ou inspecteurs, ou chefs de rayon, ou commis. Dès lors, il est naturel que eux, qui seront peut-être les employés de demain, se préoccupent du sort qui est fait par le grand commerce aux employés d’aujourd’hui. (…)

« J’entends souvent des esprits superficiels dire :

«Tout le mal vient de l’éducation qui est donnée par l’Université à la bourgeoisie française.

On veut faire de tous ces jeunes gens des lettrés, des savants, des artistes, des bureaucrates ; on ne leur donne ni le goût du commerce et de l’industrie, ni les connaissances pratiques ; par là, on fait des inutiles et des déclassés.»

Hé ! Messieurs ! prenez-y garde ; ce qui fait des déclassés, dans la bourgeoisie française, ce n’est pas la puissance de l’instruction, c’est la puissance abusive du capital.

Vous leur dites : Marchez, allez sur tous les chemins du travail, — et, sur tous ces chemins, se dresse, comme un obstacle infranchissable, la puissance brute du capital anonyme.

Il n’y a guère plus de place, dans la jeunesse instruite et pauvre, pour les hautes ambitions honnêtes, qui, certes, dans aucun ordre social, ne se réaliseront toutes, mais qui, même quand elles restent à l’état de rêve irréalisé, sont le ressort de la vie.

Tous ceux qui ont de grandes audaces se jettent dans les opérations et les combinaisons de finance, car c’est là que se ramasse, aujourd’hui, aux dépens de la bourgeoisie comme aux dépens du peuple, la force vive de la nation. (…)

Je disais naguère que le mouvement social, dans notre siècle, pourrait se résumer ainsi : abaissement continu du prolétariat, écrasement continu de la classe moyenne par la classe capitaliste. Les industriels petits et moyens fléchissent sous le poids des grands capitaux. Ceux-ci seuls peuvent procéder aux grandes installations mécaniques ; seuls, ils ont le crédit à très bon marché.

C’est ainsi que, de plus en plus, les petits magasins sont absorbés par les gros, et que les petits patrons sont dévorés par les sociétés anonymes. La spéculation des financiers a travaillé, en outre, contre la classe moyenne ; les hauts barons de la banque, qui sont une puissance dans l’Etat, ont haussé peu à peu le cours des actions (…) qu’ils détiennent, et ils ont obtenu des Gouvernements successifs, pour ces valeurs de spéculation, la consolidation des dividendes.

De plus, à mesure que les entreprises industrielles et commerciales, mises en action, sont devenues des entreprises financières, le jeu de la spéculation s’est étendu non seulement à ces actions mêmes, mais aux produits, aux marchandises ; on joue aujourd’hui sur tout, sur les laines, la soie, le coton, le sucre, le café, les métaux. Le marché industriel et commercial est livré ainsi aux mêmes secousses, aux mêmes entreprises, aux mêmes paniques et aux mêmes combinaisons que le marché financier. Le petit industriel, le petit commerçant sont, malgré eux, sans s’en douter, traînés en Bourse. (…)

La classe moyenne des producteurs ruraux a été atteinte, elle aussi, par le capitalisme ; les fermiers ont été, en somme, ruinés par lui. En effet, dans le mouvement général de la spéculation, la terre elle-même est entrée en danse. Le développement des grandes villes et de la consommation, le développement des moyens de transport, l’abondance des capitaux ont fait, vers le milieu de l’Empire, hausser subitement le prix des terres et, en même temps, le prix des fermages. Le propriétaire a demandé deux fois plus, trois fois plus au fermier. (…)

Avec le machinisme et la grande industrie, les capitalistes ont besoin des ingénieurs et ceux-ci arrivent à de belles situations. Mais comme leur rôle social est éloigné de ce qu’il doit être ! Ils pouvaient être la science mise au service du travail et des travailleurs ; ils pouvaient être non seulement des valeurs techniques, mais des valeurs humaines ; ils pouvaient organiser non seulement les installations mécaniques, mais encore la solidarité, la prévoyance, l’équitable répartition des fruits du travail ; ils pouvaient, en introduisant tous les perfectionnements mécaniques, ménager les transitions, ouvrir doucement des débouchés nouveaux aux travailleurs éliminés par une machine, déterminer, par l’accord des producteurs, les limites que la production ne pouvait dépasser sans périls d’encombrement et de chômage ; ils pouvaient, en un mot, réaliser la belle formule que Bancel proposait en 1848, la formule du progrès convergent, c’est-à-dire l’harmonie continue du progrès mécanique et du progrès humain.

Et, certes, ils le voulaient : il n’y a qu’à voir le travail de l’Ecole Polytechnique de 1830 à 1848. Tous ces jeunes gens étaient pleins de vastes pensées et de hautes ambitions ; ils avaient le sentiment que les conditions nouvelles de la science et de l’industrie allaient faire la vie très dure aux travailleurs ; ils auraient voulu corriger la transformation industrielle par la transformation sociale : ils auraient voulu que la science fût vraiment en tous sens libératrice.

Depuis, peu à peu, par la force des choses, par de naufrage des idées de fraternité sociale, disparues au Deux-Décembre avec la liberté politique, ils ont été accaparés et annexés par le capital ; il les a peu à peu intéressés à ses exigences, et ils ne sont plus guère aujourd’hui que les serviteurs du dividende. »

Tiré de https://www.jaures.eu/category/ressources/de_jaures/

2 octobre

Si le gouvernement avait manifesté la même célérité cet été sur les feux de forêt qu’à l’automne face à une contestation lycéenne, peut être que les territoires de mon enfance n’auraient pas cramé.

1er octobre

J’ai manifesté à Bordeaux en 1986, j’avais 15 ans.

Je ne me souviens pas de telles charges de CRS.

J’ai participé étudiant à Paris aux mouvements de 1993 et 1995, j’ai été au milieu de charges de CRS. Ce n’était rien comparé à la violence d’aujourd’hui.

J’ai été au milieu d’un affrontement de black block et de CRS pendant 45 minutes, protégeant le stand d’information de mon parti en 2023. Cette violence était déjà sans commune mesure avec mes expériences de syndicaliste à la Fidl et à l’UNE-ID. 

Malgré les écharpes de nos élus, les grenades lacrymogènes tombaient sur nous.

Les forces de l’ordre sont aussi violentes avec des gamins, dès le début du mouvement, qu’avec les gilets jaunes ou les manifestations contre la réforme des retraites.

Et les abus se multiplient. Alors que de nombreux casseurs interpellés ne sont pas des lycéens ni des étudiants.

Dialogue ? Rien.

Désescalade ? 

Non.

Pasqua paraît tendre en comparaison. Et ses troupes ont tué un passant, Malik Oussekine.

J’ai très peur d’un drame irréparable.

Le macronisme ne laisse pas qu’un désastre budgétaire, économique, social. Il laisse une société en guerre civile. 

1er octobre

Depuis 5 ans où on ne parle que de la vieillesse en France, le dossier des retraites cristallise toute l’attention de la Nation médiatique.

La variante, c’est la dépression existentielle des nationalistes devant une immigration fantasmée.

Mais la vraie dynamique structurelle propre à la France, c’est l’afflux d’une jeunesse nombreuse née en France !

On a depuis dix ans tu cette dynamique. Tout le monde a décidé de tourner le dos à l’avenir.

Dans les beaux tableaux comptables, la mort biologique n’existe pas. 

La reproduction biologique est dès lors un problème pour les raisonnables, car elle coûte cher.

Entre 1975 et 2025 le différentiel en coût social pour les économies nationales française et allemande c’est 2500 milliards cumulés.

La France a dû investir 2500 milliards de plus que l’Allemagne par sa démographie plus dynamique.

l’Allemagne a compensé en important des adultes dont les coûts sociaux de production, de la grossesse à la formation professionnelle, ont été portés par d’autres économies nationales.

La part de la population en emploi allemande venant d’un parcours migratoire c’est 23% 

Et en France 11%

Le différentiel c’est d’un côté une démographie déprimée de l’autre beaucoup de naissances.

Sans les 15 millions de migrants depuis 2000 en Allemagne, la France serait en 2025 plus peuplée que l’Allemagne.

l’Allemagne ignore aussi le caractère inéluctable de la disparition biologique : on repousse jusqu’à 70 ans l’âge de production. 

Tout est fait pour éviter deux choses :

1. Investir dans une société désirable où l’on souhaite avoir des enfants 

2. Augmenter les salaires face aux pénuries de main d’œuvre.

La mission de Macron, c’était ça : copier l’Allemagne, faire chuter la démographie, ne pas investir dans la jeunesse, ne jamais augmenter les salaires.

La jeunesse, nombreuse, refuse.

1er octobre

La France compte autant de moins de 20 ans que l’Allemagne, 15,6 millions, alors que l’Allemagne est plus de 20% plus peuplée.

C’est tout le drame de la crise actuelle : Macron n’a jamais misé sur notre jeunesse.

Le gouvernement s’abrite derrière une théorie conspirationniste, la droite s’imagine pouvoir interdire un parti de gauche.

Cela ne changera rien à cette donnée structurelle profonde.

Un gouvernement tournant le dos à une jeunesse si dynamique et nombreuse est forcément détestable.

1er octobre

Quand on montre la Lune, l’imbécile critique le doigt. 

La colère de la jeunesse, abandonnée pendant 10 ans de Macron, c’est la Lune.

Le doigt des réactions à la répression policière disproportionnée – montrant le mépris de ce pouvoir pour la jeunesse, incapable de proposer un dialogue – qui se détériorent en actes stériles de violence en réponse, n’a aucune importance structurelle.

Je l’ai déjà écrit des dizaines de fois: la responsabilité criminelle de ces deux quinquennats est de n’avoir pas misé sur la jeunesse française.

En abandonnant l’éducation nationale pour des raisons comptables, en mettant l’accent sur les retraites plutôt que sur l’investissement dans la jeunesse, en faisant tout pour casser notre démographie dynamique, Macron et ses alliés ont crée une sensation d’absence d’avenir pour les enfants de la Nation.

Les casseurs du gouvernement ont bien plus détruits que les incendies – stupides mais anecdotiques – actuels.

1er octobre

L’école s’enflamme, littéralement.

La crise du monde éducatif a plusieurs composantes. Mais toutes les dimensions sont en crise.

Les quinquennats Macron ont été catastrophiques dans tous les domaines de l’Education : 

des messages contradictoires, 

une instrumentalisation idéologique des contenus et des programmes, 

un mépris considérable pour le public et une complaisance financière, politique et judiciaire pour le privé, même les établissements où pullulent les violeurs d’enfants, 

La dégradation systématique des conditions de recrutement, de carrière, de rémunération, de travail et de formation des enseignants,

le remplacement systématique des fonctionnaires pas des contractuels sous formés et sous encadrés, tout en augmentant considérablement la charge administrative, bureaucratique, des personnels d’enseignement et d’encadrement,

la dégradation du bâti, des équipements, des conditions matérielles, avec un refus général de prendre en compte la pression démographique des générations nombreuses nées entre 2000 et 2016, 

la médiocrité des résultats PISA et réels combinée avec une culture de plus en plus répandu du « pas de vague » laissant les enseignants seuls – cas dramatique de Samuel Paty – dégradant le niveau d’exigence,

le décalage des perspectives d’insertion professionnelle, des niveaux théoriques de diplôme, des niveaux réels de compétences, dans un environnement général profondément dégradé avec les crises climatiques à répétition accélérée, les guerres, l’inflation, le retour du chômage, et l’absence totale de discours national destiné à la jeunesse.

Et bien, ce sont les questions que nous nous posons justement dans Revue « L’Audace »numéro 4, disponible dans tous les kiosques.

Carte des prévisions de la population européenne en 2100, indiquant une migration nette nulle, avec des chiffres de population par pays.

La force de notre démographie nous promet déjà d’être le pays le plus peuplé en 2100 – mais la bourgeoisie nn’y voit que des coûts : d’education, de pédiatrie, d’infrastructures, d’emplois, de culture, de sport etc…

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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