Ni Yadan, ni Hassan

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Si j’ai bien compris, la loi Yadan vise à enfin condamner les partisans de la destruction de l’état iranien.
C’est du moins l’intitulé de la loi.
Cette loi pourrait également servir à condamner les actes d’une armée annexant le territoire d’un état souverain en s’en prenant à une minorité religieuse – comme c’est le cas au Liban Sud.

Cette loi pourtant mets en avant vouloir combattre les « formes renouvelées d’antisémitisme ».

Beaucoup d’actes antisémites des trois dernières années ont été pour la plupart été commandés par la Russie et exécutés par des agents venus d’Europe de l’est ou de Serbie. Pourtant, la loi ne parle pas des ingérences de puissances hostiles.

Rappelons que dans un récent rapport des services secrets européens, deux pays tentent principalement d’influencer les élections en Europe : la Russie, et Israël.
Les États Unis ont ici perdu leur « savoir faire ».

Est-ce que la loi permettra de condamner les propos racistes s’en prenant aux populations de Cisjordanie – au nom de leur ethnie et de leur religion, islam et chrétienneté – ou applaudissant les actions des forces de l’ordre sur place ?

Si la loi vise à l’universel, alors il faudra condamner les relais de l’idéologie Kahaniste en France, et, comme on doit expulser les imams islamistes, expulser les rabbins kahanistes.
Il faudra demander aux membres de partis locaux là bas de révéler leurs appartenances.

Le problème de l’antisémitisme actuel est d’abord celui de l’importation du conflit au Levant ici en France.
Il y a plusieurs forces contradictoires qui veulent faire prendre partie au nom de catégorisation raciales, religieuses, et idéologiques. Nous sommes sommés de défendre les Palestiniens, ou de soutenir inconditionnellement le gouvernement d’Israël.

Mais la position particulière de la France dans le monde c’est d’avoir porté la première un message universaliste humaniste.
La première fois n’a pas duré longtemps : les pouvoirs économiques dépendant du colonialisme et de l’esclavage sont allé chercher un général pour mettre fin à vet épisode en plusieurs coups d’État et lois scélérates, rétablissant l’esclavage, refaisant des français juifs des « juifs de France » de seconde catégorie juridique.

La France a tous les instruments juridiques et légaux pour combattre le racisme des Israéliens kahanistes et du Likoud vis à vis des arabes et non juifs, comme pour combattre l’antisémitisme importé des camps Palestiniens et la résurgence du vieil antisémitisme nationaliste à l’extrême droite.

L’humanisme universaliste reconnaît l’humanité dans tous les enfants du monde, indépendamment de la nationalité, langue ou religion de leurs parents. Elle la reconnaît partout, tout le temps.
Il n’y a pas d’exception possible.

Qui condamne l’horreur des idéologies terroristes, racistes et religieuses du Hamas, du Hezbollah, de la république iranienne, doit condamner l’horreur de la destruction de Gaza, de la construction d’un nouveau ghetto sur ces ruines réduit à moins de la moitié de la surface, des attaques pogromesques des civils israéliens contre les civils de Cisjordanie, cette loi abominable rétablissant une peine de mort par pendaison contre les Palestiniens sans même un recours possible…

L’ensemble de l’embrasement actuel devrait soulever le cœur des humanistes universalistes.
C’est la bataille des bigoteries religieuses entraînant le monde entier dans une crise économique catastrophique.
Déjà, de nombreux pays d’Asie doivent rationner l’essence. L’absence de fertilisants fait déjà prévoir une saison mondiale de récoltes difficiles – les prix alimentaires vont augmenter. La pénurie d’hélium met en risque la production des hautes technologies. Etc, etc. Etc.

La guerre assure la plus grande décroissance possible.
Elle est au coeur des idéologies suprémacistes et des ambitions des technolibertaires.

L’antisémitisme en France existe toujours. Il n’est pas résiduel.

Les services secrets intérieurs français ont fait une synthèse : la majorité des délits antisémites et la majorité des personnes identifiées antisémites le sont au nom de l’idéologie européenne de l’antisémitisme, au sein des partis d’extrême droite.
Il peut y avoir une alliance de circonstance contre un ennemi fantasmé commun – le musulman – entre extrême droite Israëlienne et extrême droite française. Mais le fond de l’extrême droite française conserve le souvenir de siècles de préjugés antisémites, construits principalement en Alsace et en Île de France, les capétiens expulsant les juifs de France plus de dix fois.

La loi Yadan ne vise pas cela. La loi Yadan vise à criminaliser la critique de la politique du gouvernement israélien.

C’est, comme dans l’autre camp avec Rima Hassan, une instrumentalisation de la scène politique française à des fins proches orientales.
Notons que l’affaire Hassan semble se retourner contre ses instigateurs. Quelle balle dans le pied! Alors que la principale critique à faire, c’est l’importation du conflit au Levant ici.

On est frappé d’ailleurs, alors que la France et le Liban restent unis par des liens historiques, culturels, et des personnalités puissantes, de l’abandon de ce pays.
L’armée israélienne a émis un message, publié par le New York Times, enjoignant les communautés druzes et maronites du Sud Liban de ne pas donner refuge aux civils shiites musulmans. Toute une communauté religieuse est assimilée au mouvement terroriste Hezbollah et prise pour cible. L’armée israélienne détruit des infrastructures civiles, des ponts, des villages entiers. C’est un nettoyage ethnique tombant sous le coup des lois françaises, avec ou sans amendement Yadan.

Rappelons enfin ceci : dix jours après les attaques terroristes abominables des islamistes du Hamas un 7 octobre, un sondage demandait aux Français pour qui ils prenaient partie.

A 69%, les français répondaient, en substance, « on s’en fout. »

Déjà, l’inflation était en tête des préoccupations.
Aujourd’hui aussi, c’est la principale angoisse.

Fin du sujet. On verra ce qu’il adviendra de la loi Yadan.
Mais je n’en parle plus.

Ce débat agite des franges minoritaires de l’opinion et rend invisible les questions concrètes, angoissantes, des françaises et des français.

Nous méritons mieux.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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