Le bien, la brutalité, l’idiotie

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Les municipales sont passées. Leur résultat est encore l’objet d’analyses et d’invectives pour quelques jours.

Hier, l’extrême droite Knafo tapait avec un marteau sur la droite Coppé qui répondait au piolet.

L’extrême gauche Vannier, après un tour de chauffe au maillet à bois sur la gauche Jouvet, sortait le chalumeau contre le centre gauche Guedj qui lui remit aussi sec un retour de flammes. Justement, le centre gauche Guedj avait perdu un bras de fer avec l’écologiste Tondelier au plateau d’avant et l’attaqua d’un revers en revanche, elle qui avait bien l’intention de mettre un pic en bois dans le cœur du roi du cimetière d’extrême gauche Mélenchon, sans doute pour éviter son retour en vampire, tout en y attachant Guedj, ancien collaborateur parlementaire du croque mitaines.


La droite Coppé avait de toute façon une grosse dispute avec le centre droit Haddad et toujours l’extrême droite Knafo, alors que tous les trois avaient soutenu avec l’extrême droite Bardella et l’affairiste président Macron, la même liste à Paris, liste perdante.


Pendant les interludes, des candidats aux présidentielles d’extrême droite et du Centre droit étaient invités à dérouler leurs slogans publicitaires sans questions ni contradictions.

Le niveau du débat politique sur la chaîne publique fut d’une médiocrité et d’une indignité abyssale, que le couple de présentateurs – deux ectoplasmes mal informés ni préparés, ayant choisi un format favorisant le spectacle sur l’analyse – s’efforçait d’avilir dès qu’un invité, par accident, laissait échapper une information factuelle ou l’ombre d’une argumentation raisonnée.

Pendant ce temps, les taux d’intérêts de la dette publique montent dans toute l’Europe.

Les marchés ont correctement analysé une vérité que ni la presse, ni la classe politique française ne veut articuler.

La guerre des États Unis et d’Israël – conduits par des coalitions droite/extrême droite – contre l’Iran – un régime théocratique islamiste criminel – est en train de créer une récession économique mondiale inévitable et inéluctable, dont l’Union Européenne sera la principale victime.

Les investisseurs anticipent la socialisation des pertes et une explosion des besoins en financement des dettes publiques, en se frottant les mains devant ces belles affaires.

Trump d’ailleurs dit aux Américains de « se réjouir » que les conséquences de la guerre frappent plus durement les européens, qui en plus rechignent à faire la guerre en Iran. Il en profite pour faire du chantage sur le gaz naturel et les tarifs douaniers, chantage que la traîtresse corrompue von der Leyen s’empresse d’exaucer, décidée à faire payer par les peuples européens le maintien de son pouvoir pour quelques « Instants de plus, s’il vous plaît monsieur le bourreau ».

S’il y a un point de programme pour protéger les françaises et les français, les européens, c’est stopper cette guerre le plus vite possible, et centrer tous nos efforts, notre épargne, nos ressources intellectuelles et morales, à la production européenne, au marché intérieur protégé, à la résistance au nom de l’humanisme européen à la brutalité du monde.

l’Union Européenne devrait radicalement changer de paradigme. La guerre énergétique des États-Unis contre l’Europe est implacable, et nécessite une économie dirigiste de guerre en réponse.

Mais la droite, alliée à l’extrême droite, de Bellamy à L’AfD, de von der Leyen à Retailleau, de Macron à Merz, de Bardella à Meloni, ont choisi l’esclavage, le pillage, et le déclin de l’Europe, par lâcheté, corruption, ou stupidité, et souvent les trois à la fois.

La gauche devrait avoir quelques choses à dire à ce sujet.

Elle préfère se disputer le nombril, en Allemagne où le SPD veut accélérer dans l’agenda qui lui a coûté depuis 2003 les deux tiers de son électorat, au Royaume-Uni où les procureurs de l’antisémitisme de l’aile gauche se révèlent complices du pire réseau de milliardaires pédophiles de l’histoire contemporaine, en France, lisez plus haut.

Et c’est bien ça qui fait que pour la première fois depuis très longtemps où j’annonce la pente fatale de l’histoire avec une précision et une justesse trop implacable, je commence à perdre ma patience et l’espoir d’un sursaut salvateur.

Peut-être faut-il que notre génération meure en prison, sous des bombardements, en fuite, pour que la génération suivante, dans la lutte, efface les fantômes et les ombres qui nous entourent.
Peut-être l’humanisme est-il arrivé en bout d’une course et la décadence doit emporter la civilisation dans de nouveaux siècles obscurs, où la crise démographique sera accélérée par la crise climatique.

Peut-être le sens de l’histoire, c’est, comme le disait un survivant du système concentrationnaire dans un article publié en 1946 dans la « Revue Internationale », frappé par la solidarité de la résistance dans les camps par delà les nationalités, confessions, classes et genres, que l’humanisme universel renaisse dans la pire des expériences possibles pour conquérir le monde d’après.

Comme si la beauté vivante devait telle un phoenix être vaincue par la bête immonde pour renaître en lumière.

Mais cette espérance lyrique se voit opposée le triomphe de la raison stupide évoqué en tête de ce texte.

Le bon, la brute, l’idiot. C’est ça, notre tragédie.

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Entrepreneur du numérique depuis 25 ans en Allemagne, je mène de front activités économiques et engagement politique. J’ai eu la chance de mener des organisations de 50 à 200 salariés avec des clients allant des PME-ETI aux grandes entreprises. Avec une formation d’historien, ex conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF) je suis membre de l’Institut français des administrateurs (IFA).  Gascon, mes racines sont les mariniers de la Garonne et les Calvinistes néracais, mon nom de plume Weindenberg est la traduction de Pouydesseau.
linkedin: https://www.linkedin.com/in/mpouydesseau/


Mathieu Pouydesseau

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